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Ronaldo, le sauveur que le Portugal attend

Cristiano Ronaldo, héros du barrage face à la Suède.

Cristiano Ronaldo, héros du barrage face à la Suède. - -

Cristiano Ronaldo a une mission au Brésil : offrir au Portugal sa première couronne planétaire. Le Ballon d’or 2014 a d’ores et déjà le statut de sauveur dans son pays. Et compte bien le justifier.

Eusebio et Luis Figo avant lui ont échoué. Mais jamais le Portugal n’a placé autant d’espoir sur l’un de ses siens en Coupe du Monde. Cristiano Ronaldo, l’idole de Madère, le crack du Real Madrid, doit enfin passer à l’action. Le Portugais a parfaitement lancé sa Coupe du monde. Une entrée en matière qui a commencé plus tôt pour lui, lors des barrages qualificatifs face à la Suède en novembre dernier. Dans son duel face à Zlatan Ibrahimovic, « CR7 » a tout simplement éclaboussé les deux rencontres de son talent, marquant l’unique but du match match aller (1-0), et s’offrant un triplé d’anthologie au retour (3-2). Le capitaine a laissé une première fois son empreinte au Mondial brésilien, avant même qu’il n’ait débuté.

Immédiatement après son coup de maître, « El Commandante » avait été clair sur ses envies : « Les candidats à la victoire dans cette Coupe du monde sont le Brésil, l'Espagne et l'Allemagne. Espérons ne pas être tirés d'entrée dans le groupe d'une de ces très fortes équipes.». Son vœu n’a pas été exaucé, puisque l’autre « Seleçao » a hérité de la Mannschaft, des Etats Unis et du Ghana, un groupe pas forcément évident.

Des souvenirs douloureux

L’homme aux 49 buts en 110 sélections a déjà disputé deux Coupes du monde (2006 et 2010), avec d’énormes regrets à chaque fois. Comme un certain Lionel Messi, son meilleur ennemi dans la catégorie « demi-dieu du ballon rond ». Brillant en poules lors de son premier Mondial, il est ensuite séché en huitième de finale par un tacle assassin du néerlandais Boulharouz lors d’un match plus qu’électrique (16 cartons, dont 4 rouges). De retour en quart de finale face à l’Angleterre, il est de tous les bons coups. Et même des plus mauvais, comme lorsqu’il fait expulser son coéquipier de l’époque à Manchester United, Wayne Rooney, en allant parler à l’arbitre. Mais c’est lui qui transforme le tir au but décisif envoyant le Portugal en demi-finales.

Là, « CR7 » ne peut que constater l’irrésistible montée en puissance de Zidane et Cie, et échoue aux portes de la finale. Souvenir douloureux pour la pépite, encore marquée au fer rouge par son échec lors de « son » Euro 2004 au Portugal en finale face à la Grèce.

2010 sera différent. Ronaldo arrive en Afrique du Sud très critiqué, en ayant marqué un seul but en sélection depuis l’Euro 2008. Un 0-0 contre la Côte d'Ivoire, puis Ronaldo retrouve le chemin des filets en participant à la large victoire des siens (7-0) contre la Corée du Nord. Le choc face au Brésil (0-0) ne trouve pas vainqueur mais laisse espérer le retour au premier plan du joyau. Faux espoir, le Portugal est sorti dès les huitièmes de finales face à l'Espagne (1-0), futur vainqueur de la compétition. La star est raillée.

En forme mais...

Depuis, le milieu offensif a retrouvé de sa superbe et même plus que cela. Stratosphérique avec le Real Madrid, il enchaine les records. Cette saison, ses statistiques sont une fois encore à couper le souffle (46 matches avec les Merengues pour 50 buts), justifiant le second Ballon d’or de sa carrière reçue en janvier dernier, pour l’ensemble de son œuvre en 2013 (69 buts). Le seul point noir demeure son état de forme. L’accumulation des matches saison après saison se fait sentir, et même si le boy est une montagne de muscles, cela n’empêche pas son corps de flancher. En témoignent ses nombreux pépins physiques ces derniers mois. Son état de forme sera d’ailleurs l’une des vraies interrogations de ce Mondial.

Dans son pays, Ronaldo a récemment été élevé au rang d’«athlète de renommée internationale devenu un symbole», devant plusieurs personnalités du football portugais. « Une source de motivation supplémentaire » selon l’intéressé, qui compte bien le prouver au Mondial. Déjà légende, l’enfant veut devenir mythe.

Nathan Gourdol