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Dégradations à la Commanderie: 14 supporters de l'OM jugés ce mercredi

14 supporters de l'Olympique de Marseille soupçonnés d'avoir participé aux dégradations dans le centre d'entrainement du club le 30 janvier dernier sont jugés. Leur premier procès avait été renvoyé.

D'un côté, le parquet évoque une "attaque en règle, hyper-violente". De l'autre, la défense dénonce "un procès pour l'exemplarité". 14 supporters de l'Olympique de Marseille sont jugés ce mercredi devant le tribunal correctionnel de la ville pour les dégradations commises le 30 janvier dernier à la Commanderie, le centre d'entraînement du club.

Les incidents ont éclaté alors qu'environ 300 personnes s'étaient rassemblées à l'extérieur pour dénoncer la politique des dirigeants du club, derrière des banderoles sur lesquelles était inscrit "Cassez Vous" ou "Dirigeants Dehors", et sous une pluie de fumigènes et de feux d'artifice.

Une poignée de supporters avaient alors brisé la grille du centre pour pénétrer à l'intérieur. Le PC de sécurité et le vestiaire ont été dégradés, un bus a été caillassé. Le coût des dégradations a été estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros, selon la direction du club.

14 personnes jugées en comparution immédiate

25 personnes avaient été interpellées sur place, conduisant 14 d'entre elles devant le tribunal correctionnel de Marseille pour être jugées en comparution immédiate le 1er février dernier. Le procès avait été renvoyé à la demande des prévenus qui vont à nouveau comparaître pour "participation à un groupement en vue de la préparation de dégradations", "destruction volontaire d'un bien" et détention de stupéfiants ou de fumigènes. Un mandat de dépôt avait été prononcé par la procureure à leur encontre, quatre d'entre eux sont toujours en détention provisoire.

Lors de la première audience, certains ont assuré s'être retrouvés de manière fortuite dans cette manifestation, quand d'autres ont reconnu être rentrés dans la Commanderie sans pour autant avoir participé aux dégradations et violences. "Comme dans toute manifestation, il y a un noyau dur de casseurs, mais beaucoup de personnes présentes ce jour-là n'ont pas cautionné les violences", assure Me Nicolas Besset, avocat de deux des prévenus.

"Le dossier ne montre pas que ceux qui se sont rassemblés l'ont fait en vue de préparer ou de commettre des dégradations", poursuit l'avocat. "Leurs messages sur leur téléphone ou sur les réseaux sociaux, rien ne permet de dire qu'ils sont venus pour dégrader, il n'y a aucun élément d'intentionalité. C'est un scandale judiciaire du parquet, qui n'a aucun élément de charge. Les dossiers sont creux."

La défense dénonce un "scandale judiciaire"

L'un de ses clients reconnaît avoir été présent, avoir pénétré dans le centre d'entrainement, mais nie toute participation aux dégradations. "Il n'était ni capuché et ni masqué, détaille Me Besset. Les policiers n'ont pas pu l'identifier comme auteur des violences."

Le second a été interpellé avec un fumigène sur lui, il conteste être rentré dans la Commanderie. "Lui dit qu'il n'est pas venu avec et l'enquête a prouvé que quelqu'un lors de la manifestation distribuait des fumigènes", insiste l'avocat marseillais. Les supporters encourent jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.

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    D'autres ont été interpellés après les incidents. Trois hommes, âgés de 25, 34 et 41 ans, ont été interpellés le 10 février dernier. Jugés également en comparution immédiate deux jours plus tard, leur procès a été renvoyé en mars. Dans l'attente, ils ont été laissés libres, sous contrôle judiciaire.

    https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV