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OM: ce qu’il s’est passé à l’intérieur de la Commanderie lors du coup de force des supporters

Pendant le coup de force mené par environ 400 supporters de l'OM devant la Commanderie, une cinquantaine d'individus mécontents ont pénétré dans le centre. Selon des témoins, des joueurs étaient "effrayés". Le match contre Rennes a été reporté.

Il y a tout d'abord eu, toute la matinée, des bâches et des banderoles accrochées dans de nombreux lieux stratégiques ou emblématiques de Marseille. Plusieurs d'entre elles visaient tout particulièrement le président Jacques-Henri Eyraud, très décrié. Ce n'était qu'un prologue du coup de force impressionnant des supporters de l'OM au centre d'entraînement, ce samedi après-midi avant la réception du Stade Rennais au Vélodrome. Le match a par ailleurs été reporté. 

Les supporters - environ 400 - avaient pris rendez-vous dans les différents locaux de supporters. Ils se sont rassemblés en contre-bas de la Commanderie, sur le parking d'une clinique et sur celui du stade des Caillols. Ils sont passés à l'action un peu avant 14h30.

Supporters encagoulés et vitres cassées

Les supporters ont alors jeté des pétards, lancé des fumigènes par centaines dans la Commanderie, par-dessus les grilles. Dans la confusion, une cinquantaine de supporters sont entrés sur le côté du centre, soit par un champ adjacent, soit par des habitations voisines.

À l'intérieur, des scènes de tension et de violence sont aussi survenues. Quelques vitres ont été cassées par des supporters avec des cagoules sur la tête. D'autres sont même parvenus à entrer dans les vestiaires. Des fans racontent que des cyprès ont brûlé aux grilles de la Commanderie et à l'intérieur du site.

"Les joueurs étaient effrayés"

André Villas-Boas et quelques rares joueurs sont sortis sur une passerelle du bâtiment sportif du centre. Alvaro Gonzalez, Steve Mandanda, Valentin Rongier étaient là avec le coach portugais. Le directeur sportif Pablo Longoria est lui aussi sorti. "Oui, ça a beaucoup crié. On n'a pas pu trop leur parler", confie un des supporters présents au sein de la Commanderie.

"Les joueurs étaient effrayés. Ils ont compris qu'on n'était pas là pour rigoler. Ceux qui sont sortis ont fait preuve de courage. Bravo à eux. Mais où était le principal visé? Où était JHE? Avait-il quitté le navire au pire moment de la tempête?", questionne, ironique, un taulier du mouvement ultra-marseillais.

Les joueurs étaient donc bel et bien présents au centre RLD. "Heureusement que Payet n'est pas sorti. Il se serait fait violenter. On ne supporte plus les caprices de starlette de certains joueurs, lâche un supporter ultra présent sur place. Je ne pense pas qu'ils ont déjà vu, à l'OM, une action aussi violente. Cette fois, tous les groupes étaient unis et ont voulu mettre la pression".

Alvaro aurait reçu un projectile

Des affaires ont été volées durant les incidents. Alvaro Gonzalez n'a pas été frappé mais aurait reçu un projectile: c'est la principale raison du report de la rencontre. Des supporters présents affirment qu’Alvaro n’a en aucun cas été visé, qu’il a été acclamé pendant un instant, et qu’au-delà des dégâts matériels, les principales cibles de leur colère étaient Eyraud… et Payet. Il y a eu de nombreux jets de projectiles sur vitres, voitures et membres de l’OM présents sur place.

Des supporters cachés dans des arbres

Certaines voix proches de l'OM s'accordent pour déplorer le fait que le dispositif policier était assez léger, alors que cet envahissement de supporters était largement redouté et pressenti. Les joueurs auraient d'ailleurs pu être mis à l'abri dans un hôtel, ou ailleurs, mais ça n'a pas été le cas. "C'était chaud. Une action très musclée. Mais ça faisait longtemps que ça couvait. Cette fois, tous les groupes étaient unis, raconte un témoin. Historiquement, ça reste l'un des gros coups de pression mis par les fans de l'OM".

Cette action s'est terminée dans la confusion. Les supporters ont essayé de quitter les lieux sans se faire arrêter par des policiers, venus en renfort après la "bataille". D'autres fans se sont cachés dans les arbres, dans les champs, les buissons, les ruelles. Certains habitants du quartier ont pris peur: "Vous brûlez nos buissons, nos potagers! Vous abîmez nos portails et nos voitures. On n’est pas l’OM, nous!". 25 interpellations ont eu lieu, sept policiers ont été légèrement blessés et trois véhicules de police ont été endommagés. 

L'OM déplore des dégâts matériels, mais ne communique pas trop pour le moment. Le club avait essayé, en coulisses, de calmer la grogne. Mais des invitations à des réunions ou des séances de vœux avaient été déclinées par les leaders de groupes de supporters.

Florent Germain