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Après France-Espagne, nos trois pistes pour améliorer la vidéo

L'arbitre de France-Espagne demande la vidéo

L'arbitre de France-Espagne demande la vidéo - AFP

L’arbitrage vidéo a été testé pour la première fois en France, ce mardi lors de la rencontre face à l’Espagne (0-2). Si le bilan est positif, il reste tout de même quelques points à améliorer pour rendre son utilisation encore meilleure. Voici trois propositions.

Réduire encore le temps de décision

C’est le point noir dont tous les joueurs ont parlé après la rencontre. Auteur d’un but de la tête à la 48e minute, Antoine Griezmann a exulté seul, puis avec ses coéquipiers, avant de commencer à retourner dans sa moitié de terrain pour l’engagement des Espagnols. Sauf qu’entre-temps, l’arbitrage vidéo avait décelé le hors-jeu et donc logiquement annulé le but. Un ascenseur émotionnel qui a beaucoup déplu aux Bleus. « C’est chiant », a lâché Griezmann. « Ce n’est pas évident à gérer, confirme son coéquipier Kevin Gameiro. Quand tu célèbres un but et qu’il est refusé deux minutes après, ça donne un coup derrière la tête. »

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« Je pense que ça dénature un petit peu le jeu, confirme Corentin Tolisso. Attendre comme ça, sans rien faire, c’est compliqué. Je pense que c’est un bon système, mais qu’il devrait être plus développé pour que ça se fasse plus vite, qu’il y ait moins d’attente, que les gens soient moins dans l’incompréhension. » Si cet état d’esprit est compréhensible, rappelons quand même que la décision a été prise assez vite, en environ une minute, le temps pour les deux arbitres vidéos de s’assurer ou non du hors-jeu. Mais s’il est encore possible de gagner quelques secondes, il ne faudra pas s’en priver.

Afficher les ralentis sur l’écran géant

Devant sa télé, il a déjà fallu quelques secondes avant de réaliser que l’arbitre avait fait appel à la vidéo pour valider ou non les buts de Griezmann et Deulofeu. Alors dans le stade, au milieu des 80 000 spectateurs, c'était encore plus compliqué. A moins de connaître parfaitement le langage corporel des arbitres, impossible de réaliser au premier coup d’œil que la vidéo était demandée.

>> Les notes des Bleus 

Et lors de l’attente du verdict, un peu trop longue donc, les spectateurs n’ont pas eu accès aux images. C’est donc une action qu’ils ont plus ou moins bien vue à vitesse réelle que l’arbitre a jugée. Prendre l’exemple du tennis et du rugby, où l’action litigieuse est diffusée sur l’écran géant du stade, permettrait donc au public de mieux comprendre ce qui se passe sous ses yeux. Et d’éviter d’avoir à regarder les ralentis sur son téléphone portable.

Empêcher les doutes sur l’interprétation

Là, on s’attaque au fond du problème. A ce qui sépare, voire déchire, les pro et les anti-vidéo. Pour un hors-jeu, pas de débat, c’est oui ou non. Mais pour juger une faute dans la surface, c’est plus compliqué. C’est arrivé lors de ce France-Espagne, avec la faute de Koscielny sur Deulofeu, qui amène le penalty espagnol. Une action sur laquelle l’arbitre n’a pas demandé la vidéo. Ce que regrette Didier Deschamps, même si le verdict aurait apparemment été le même sur ce coup-là.

>> Revivez le match

"Ce qui me gêne, c'est plus sur le penalty, a déclaré le sélectionneur tricolore. Je l'ai revu et j'ai quelques doutes sur l'interprétation. J'ai débriefé avec les arbitres et l'arbitre vidéo confirme bien le contact." A la 23e minute, M. Zwayer a aussi sifflé une faute de Piqué sur une sortie aérienne de Lloris et donc annulé un but espagnol. Une action qui, vue et revue au ralenti, prête à débat. Là encore, la vidéo n’a pas été utilisée. Un flou qu’il faudra forcément clarifier pour éviter les polémiques.

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Alexandre Alain Rédacteur