RMC Sport

Deschamps : « Donner du temps de jeu à tout le monde »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

Arrivés ce dimanche en Uruguay, où ils affronteront la sélection nationale mercredi pour le premier match de leur tournée, les Bleus ont commencé à découvrir le pays de la première Coupe du monde. L’occasion pour Didier Deschamps de faire le point sur ce voyage en Amérique du Sud.

Une tournée mal placée dans le calendrier et une cascade de forfaits

« Cette tournée était fixée avant que je prenne la responsabilité de devenir sélectionneur. Cela reste l’occasion d’avoir deux grands rendez-vous de haut niveau dans un contexte différent. Je pars avec l’idée de concerner la plus grande majorité des 23 joueurs qui sont là, ce qui veut dire les faire débuter le premier ou le second match afin de voir tout le monde en situation. (…) Il y a toujours la possibilité d’avoir des défections. D’autant plus que j’ai donné la liste relativement tôt, pas par précipitation mais pour avertir les joueurs des championnats qui s’arrêtaient le 19 mai. Si certains ont déclaré forfait, c’est parce que nous n’avions pas de certitude à leur sujet sur la plan athlétique. Je ne suis pas là pour emmener 23 joueurs visiter l’Uruguay et le Brésil. Les vacanciers sont certainement heureux. Mais il y a aussi beaucoup de joueurs qui préféreraient être à leur place. (…) Ce n’est pas parce qu’on est dans un contexte différent que la vie de groupe ne va pas être la même. A ceux qui arrivent de faire en sorte de bien s’intégrer et aux plus anciens de faire en sorte aussi qu’ils y arrivent. »

23 joueurs en tournée, 23 joueurs concernés

« Je vais faire deux équipes totalement différentes, pour donner du temps de jeu à tout le monde et en tenant compte que les joueurs du championnat espagnol (Benzema, Rami et Mathieu, ndlr) ne joueront pas mercredi contre l’Uruguay. Je ne vais pas chercher à faire une équipe plus forte face à l’Uruguay ou face au Brésil. Je vais juste avoir le même objectif, celui d’être le plus compétitif possible sur ces deux rencontres. Chez les gardiens, par exemple, Steve Mandanda débutera un match et Hugo Lloris l’autre. Je vous dirai quels matches plus tard. »

Une occasion de faire gagner de l’expérience aux jeunes

« Devenir un leader ne se fait pas du jour au lendemain. Les joueurs doivent acquérir une légitimité à travers leur niveau de performances mais aussi leur expérience. Et qui dit expérience dit un certain nombre de sélections accumulées. Il était de mon devoir de penser au moyen terme en incluant des joueurs plus jeunes à dose homéopathique lors de certains rassemblements. Là, il y en a plus. Mais ces joueurs peuvent représenter le futur et c’est donc bien pour eux de passer par cette étape, que je puisse les voir et qu’ils puissent toucher le haut niveau international. »

Difficile de gérer les jeunes d’aujourd’hui ?

« Rien n’est facile. Avec le staff, nous sommes intransigeants sur la notion de vie de groupe et le cadre défini. A côté de ça, ils ont aussi de la liberté, je ne suis pas là pour regarder ou entendre tout ce qu’il se passe. Je ne suis pas sur le qui-vive mais je reste attentif. Ça peut arriver à tout moment et il suffit d’un seul pour mettre en difficulté l’ensemble. Les joueurs ont des caractères et des personnalités différentes. Mais le mot d’ordre est le même pour tout le monde : si un d’eux met en difficulté le collectif, il n’y a aucune chance qu’il revienne. »

L’Uruguay, premier adversaire de la tournée et nation historique du foot

« Il ne faut pas oublier ce que représentait l’Uruguay dans le passé. C’est une terre de football et c’est un honneur et une fierté de venir jouer des matches de haut niveau ici. C’est une équipe qui a gagné une grande compétition la Copa America en 2011 et qu’on a affronté cet été en amical au Havre (0-0, ndlr). A ce moment-là, ils avaient un classement FIFA très bon mais cela a été plus compliqué pour eux depuis. En un an, cela peut aller vite dans un sens comme dans l’autre. Mais Ils ont un potentiel offensif très important, avec trois joueurs qui font partie des très grands attaquants sur le plan international (Cavani, Suarez et Forlan, ndlr). Le sélectionneur, Oscar Tabarez, fait du bon travail depuis très longtemps. C’est quelqu’un que je respecte beaucoup. »

Les sélections de Clément Grenier et Yoann Gourcuff, le forfait de Samir Nasri

« Yoann a déjà un vécu international. Clément a un potentiel. Il est plus jeune. Il a été très bon sur la seconde moitié de championnat. Même si les deux peuvent évoluer au même poste, Yoann est capable aussi, et il le fait plutôt bien, de jouer un peu plus décalé sur un côté. Clément est plus un joueur au cœur du milieu de terrain. Il a travaillé et ça devient efficace. Ce n’est pas son dernier but qui m’a poussé à le prendre. C’est une question de concurrence et de possibilité de pouvoir l’utiliser. Dans l’hypothèse d’un forfait, je préférais être couvert. Mais si Samir Nasri avait été là, être à 24 était quelque chose que je pouvais envisager aussi. (…) Samir, c’est lui le premier déçu car il a passé plus d’un an sans être dans le groupe France. Il avait une énorme envie. Ça m’aurait bien plus qu’il soit là sur l’aspect sportif et par rapport à vous les médias, parce que vous en avez beaucoup parlé. Au moins, là, ça aurait été fini. Vous auriez parlé de son niveau de jeu. »

A lire aussi :

>> Ribéry : "Je veux qualifier la France pour la Coupe du monde"

>> Mangala, l'inconnu bleu

>> Les Bleus iront au musée

Le titre de l'encadré ici

Bleus : les « Espagnols » arrivent aujourd’hui |||

La délégation tricolore partie en tournée en Amérique du Sud pour y affronter l’Uruguay (mercredi) et le Brésil (dimanche) est arrivée dimanche matin à Montevideo à bord d’un Airbus A319 affrété par la Fédération française de football. L’avion avait deux heures d’avance sur le programme prévu en raison d’un décollage en avance au Bourget, samedi soir, puis de vents favorables tout au long du parcours. A l’arrivée, un bus est venu récupérer les Français – sans Benzema, Rami et Mathieu, les « Espagnols », qui devait rejoindre le groupe en s’envolant sur une ligne régulière ce dimanche soir – sur le tarmac de l’aéroport pour les transporter à l’hôtel Sofitel, près de la plage Carrasco. Huit heures après leur atterrissage, le temps de se remettre un peu, et juste après la conférence de presse de Didier Deschamps, les 20 Bleus présents ont effectué une séance d’entraînement pour se dégourdir les jambes. A noter que dans le cadre de leur séjour à Montevideo, les joueurs français iront visiter mardi matin le musée du football uruguayen qui se trouve dans le stade du Centenaire, où les hommes de Deschamps joueront mercredi soir contre l’Uruguay. Une occasion de se rappeler que la première Coupe du monde, en 1930, s’est déroulée dans ce pays et dans ce stade.