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Deschamps : « J’ai pris énormément de plaisir »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

L’année 2013 de l’équipe de France s’est achevée dans l’euphorie avec une qualification pour la Coupe du monde. Didier Deschamps, le sélectionneur, revient pour RMC Sport sur ce billet arraché en barrages face à l’Ukraine.

Didier Deschamps, quel souvenir gardez-vous de ce barrage retour face à l'Ukraine, dans un Stade de France en délire (3-0) ?

Il y a eu de fortes émotions. Les gens ont vibré. Evidemment nous qui étions au stade. Mais ceux qui étaient devant leur télé aussi. C’est la magie du sport. Quand il y a des scénarios défavorables au départ et qu’on réussit à inverser la tendance, c’est fabuleux !

Comment avez-vous procédé pour inverser les choses après la défaite 2-0 à Kiev à l'aller ?

Déjà, comme les joueurs, j’ai pris un bon coup sur la casquette. Parce qu’on a frôlé la correctionnelle. On perd 2-0 et dans les dernières minutes, on a même failli en prendre un troisième. Il a fallu digérer. Il y avait peu de temps. La nuit, le retour, l’analyse et le constat sans pitié. Au-delà du résultat, ce sont les insuffisances qu’on a eues. On n’a pas fait ce premier match dans le même état d’esprit que les Ukrainiens. Eux ont fait un match pour se qualifier pour la Coupe du monde. Et nous on a fait un match tranquille, pépère, en se disant qu’on allait passer. Ce n’était pourtant pas faute de les avoir prévenu…

Avez-vous secoué vos joueurs afin de les faire réagir ?

On ne peut pas fuir la réalité. On s’est fait bouger, défoncer. Il faut utiliser des mots forts parce que c’est la réalité. Après, les jours suivant, il a fallu rebasculer. On a eu peu de temps pour évacuer et conditionner tout le monde. Il fallait faire deux grands matchs pour se qualifier. On a fait un match moyen à l’aller donc il fallait en faire un très grand au retour. Il a fallait mettre dans la tête des joueurs que c’était possible pour aller chercher au plus profond d’eux la rage nécessaire pour se sublimer.

Avec le recul, estimez-vous avoir fait des erreurs à Kiev, concernant votre tactique et vos choix d'hommes ?

Forcément, quand il n’y a pas le résultat, vous (les médias) faites des commentaires après en disant : « Il aurait dû, il n’y a qu’à… ». J’aurais pu faire différemment. Mais ça aurait pu se passer pareil, voire pire. Après, pour le retour, j’ai eu une analyse avec mon staff et j’ai pris des décisions sur le système et les joueurs qui allaient devoir l’animer.

Vous avez donc procédé à de nombreux changements au Stade de France

Quand il y a deux matchs rapprochés en quatre jours, c’est très exigeant dans l’engagement. C’est ce qui a fait mal aux Ukrainiens. Beaucoup de leurs joueurs ont fait un très bon match à l’aller et ont été moins performants au retour. Moi, je savais que j’allais être amené à mettre du sang frais.

Cette victoire peut-elle être fédératrice pour la suite ?

C’est fait pour ça. Ça doit être fondateur. Le haut niveau, c’est la compétition, les matchs décisifs. J’ai été amené à faire des changements, à incorporer des jeunes. On se retrouve avec Raphaël Varane et Paul Pogba qui n’ont que 20 ans et qui ont joué les matchs importants. Aujourd’hui, je prends du plaisir à ce poste de sélectionneur. Et j’ai pris énormément de plaisir entre ce match aller en Ukraine et le match retour…

Avez-vous déjà un groupe en tête pour la Coupe du monde au Brésil ?

J’ai souvent brassé par obligation parce que des joueurs n’étaient pas disponibles. Mais j’ai une vingtaine de noms dans la tête pour la Coupe du monde. Les membres du noyau dur, à partir du moment où ils n’ont pas de souci physique, seront là.

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La rédaction