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Deschamps KO debout

Didier Deschamps.

Didier Deschamps. - -

C’est un Didier Deschamps blafard et mal à l’aise qui s’est présenté en conférence de presse. Comme groggy par une défaite qu’il n’a pas vu venir, en partie en raison de ses propres choix tactiques, contestés et contestables.

« C’est la première manche, il y en a une deuxième. » Tel un boxeur cueilli à froid, groggy après un premier round qu’il a traversé comme un fantôme, Didier Deschamps a utilisé contre son gré la métaphore qu’il fallait pour résumer l’état physique et moral dans lequel il s’est présenté en conférence de presse. KO debout, donc, le débit au ralenti et des décibels qui peinent à décoller. Un comble pour cet aboyeur qui n’avait pas son pareil pour haranguer ses troupes du temps où sa culture de la gagne contaminait le vestiaire.

Mais cette fois-ci, son discours et ses choix tactiques ont trouvé leurs limites. Les Bleus ont affiché un visage parfois pathétique, souvent indigne de joueurs dits de haut niveau qui jouent leur qualification pour la Coupe du monde au Brésil, la patrie du football. « On a poussé jusqu’au bout mais on a eu la confirmation que cette équipe d’Ukraine n’est pas facile à jouer, a admis le sélectionneur français. Elle met beaucoup d’engagement, elle a aussi beaucoup de qualités. Je dois les féliciter pour leur match. Ils ont gagné la première manche. Evidemment, ils sont dans une position favorable. A nous de bien récupérer pour ce match retour, pour faire tout (notre possible), pour jouer notre chance à fond. »

Mourir avec ses idées

Capitaine d’un paquebot bleu qui semble inexorablement couler à pic, Deschamps n’a pas varié d’un iota durant sa conférence de presse. Et défendu son équipage coûte que coûte, plutôt que de lui mettre un peu plus encore la tête sous l’eau. Le manque de réalisme et de tranchant de ses protégés ? «On a eu quand même pas mal d’opportunités, mais on n’a pas réussi à marquer. En prenant l’avantage, ça leur a donné encore plus de forces. » Koscielny ? « Il y avait de la nervosité, certainement de la frustration après son pénalty. Ca fait partie du haut niveau mais c’est important de garder son calme, ce qui n’a pas été le cas dans cette situation-là. »

Et la domination d’ensemble des Ukrainiens ? « On a mis plus de frappes, on a eu plus d’occasions mais ils ont su casser le jeu au départ des actions et au final, c’est eux qui ont marqué deux buts. » Le reste sera du même acabit. Car plutôt que de dézinguer ses hommes, Deschamps a choisi de faire corps et de maintenir l’« union sacrée » prônée en début de semaine avec ses joueurs jusqu’au bout. Quitte à mourir avec ses idées. Un signe avant-coureur d’évidente démission en cas d’élimination.

GM