RMC Sport

Euro 2016 : et si le mercato venait polluer les Bleus ?

Moussa Sissoko et Hatem Ben Arfa

Moussa Sissoko et Hatem Ben Arfa - AFP

Actuellement en stage de préparation pour l’Euro 2016, plusieurs joueurs de l’équipe de France ne manquent pas de sollicitations à quelques jours de l’ouverture du marché estival des transferts. Au point de les perturber et d’influer sur leurs performances. Une réalité qu’aucune partie (joueur, sélectionneur, agent) ne veut négliger.

C’est bien connu désormais : Didier Deschamps déteste être impuissant face à une situation. Et celle concernant l’avenir des joueurs de l’équipe de France entre directement dans le cadre de ce qu’il ne peut pas (ou presque) contrôler. S’il ne peut pas lutter face au téléphone, le capitaine des champions du monde 1998 a tout de même décidé d’appliquer des règles strictes. Durant leur préparation à l’Euro et pendant la compétition, les agents des Bleus n’auront pas le droit d’accéder ni au château de Clairefontaine ni de rencontrer les joueurs à leur hôtel. 

A lire aussi : six Bleus passent au contrôle antidopage

Une décision motivée par la réalité suivante : le sélectionneur sait que le mercato viendra forcément bousculer la vie des Tricolores. Qu’ils soient dans les 23 (Digne, N’Golo Kanté, Payet, Sissoko, Mandanda, Pogba, Griezmann, Diarra) ou réservistes (Lacazette, Ben Arfa), ces derniers seront fortement sollicités. Deschamps ne veut pas interdire les discussions ou négociations entre ces derniers et d’autres clubs mais il souhaite que les joueurs n’oublient pas leur mission première : bien préparer l’Euro.

Un Bleu : « Tu ne peux pas négliger l’endroit où tu vas passer les trois ou quatre prochaines années »

« C’est la période qui veut ça, a reconnu ‘DD’ en conférence de presse mercredi, conscient que les Bleus ne pouvaient occulter totalement leur avenir durant cette période. Je ne vais pas perdre du temps et de l’énergie pour rien. Je ne vais pas leur interdire le téléphone ou tout autre moyen de communication. De toute façon, ça ne me gêne pas outre-mesure. Il y en a certains, beaucoup, qui peuvent être concernés. Après, plus on se rapprochera de la compétition, plus il faudra éviter d'être gênés par des éléments extérieurs à la préparation et à la compétition. Mais je ne peux pas empêcher ça. » Référence certainement au Mondial 2014, au Brésil, où déjà, Deschamps avait dû faire face à ce type de situation. Le guide des Bleus ne souhaite qu’une chose : qu’un maximum de joueurs règle leur situation avant le 4 juin, date du match amical contre l’Ecosse à Metz.

A lire aussi : Gameiro peut-il encore convaincre Deschamps ?

« Hier soir, j’étais au téléphone avec mon joueur juste après le diner avec les Bleus, témoigne un des agents des internationaux français. C’est une période pas facile car on doit préparer l’avenir du joueur sans mettre en danger sa préparation. Le sélectionneur leur a fait comprendre qu’il y avait des priorités ». « C’est une période pas facile, nous confie un des joueurs. Tu te dis que tu es en équipe de France, que c’est la chose la plus importante mais que tu ne peux pas négliger l’endroit où tu vas passer les trois ou quatre prochaines années. Personnellement, j’ai demandé à mon agent avant d’arriver au stage d’avancer avec des clubs qui m’intéressent et de me tenir au courant le moins possible sauf si ça avance vite ». Une consigne certainement partagée en masse par ses coéquipiers. Et si cela ne suffit pas, il leur reste toujours une solution : demander directement conseil à leur sélectionneur, ce que certains avaient fait avant la Coupe du monde 2014.