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Deschamps : "Il y a une attente mais pas de pression"

EVENEMENT RMC SPORT. Didier Deschamps était l’invité exceptionnel de Larqué Foot ce mercredi sur RMC. Le sélectionneur de l’équipe de France est heureux que la préparation pour l’Euro 2016 ait enfin débuté (10 juin-10 juillet) et aborde la compétition avec sérénité.

Didier, êtes-vous heureux d’être en stage ici à Biarritz, dans votre Pays basque natal ?

Ce n’était même pas un rêve. C’est un immense plaisir, une fierté. C’est une région d’ovalie, de rugby, mais le foot est important aussi. Depuis notre arrivée, on sent beaucoup de ferveur, de passion. L’équipe de France a été à peu près dans toutes les régions de France donc c’était bien de venir aussi au Pays basque. Je suis le sélectionneur donc ça me fait encore plus plaisir, bien évidemment.

Quel est le but de ce stage ?

On va faire quelques tests, ça va permettre de se régénérer aussi. On ne va pas charger sur le travail. Ce sera beaucoup plus intensif la semaine prochaine.

Le 12 mai, vous avez dévoilé votre liste des 23 pour l’Euro. A quel moment l’avez-vous finalisée ?

Les grandes idées y étaient. Malheureusement il y a des impondérables qui peuvent arriver la veille ou le matin, comme ça a été le cas avec la blessure de Debuchy. Je fais toujours une réunion avec mon staff technique la veille pour peaufiner tout ça, mais c’était bien clair depuis quelques jours quand même. Je ne vais pas juger un joueur sur le dernier match. Tant mieux s’ils sont très bons, mais j’ai eu l’occasion de les avoir sur plusieurs rassemblements. La forme du moment, sur une liste pour un tournoi final, a beaucoup moins d’importance que lorsque c’est pour un rendez-vous ponctuel. Là c’est plus sur le potentiel du joueur, ce que je sais de lui, ce qu’il peut apporter et évidemment le côté humain aussi.

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« Une saison très, très lourde »

Les deux derniers matchs amicaux, face aux Pays-Bas (3-2) et la Russie (4-2), ont-ils fortement influencé vos choix ?

On a eu une saison sportive très compliquée, avec des problèmes sportifs et extra-sportifs qui nous ont suivis depuis septembre. Cela a été une saison très, très lourde. Les joueurs que j’ai sélectionnés en mars, j’étais convaincu que c’était ceux-là qui pouvaient représenter la France pour le championnat d’Europe. C’est vrai que la qualité des matchs et l’environnement, avec une ferveur et une passion, où les gens revenaient au Stade de France après les évènements du 13 novembre, étaient des choses très agréables. Mais ça ce serait moins bien passé, j’aurais eu confiance quand même en ces joueurs. Le football c’est magnifique quand vous gagnez des matchs, en équipe de France encore plus parce qu’il n’y en a pas beaucoup.

La clé de cet Euro ne sera-t-elle pas la cohésion de groupe ?

A valeur égale, c’est une question de mental et d’état d’esprit. La qualité on en a, il y en aura aussi beaucoup en face. C’est de l’exigence. Il faut tout faire pour que ça bascule de notre côté. Mais l’état d’esprit est là, ils l’ont toujours eu. Ils sont fiers et heureux d’être en équipe de France. Il y a une attente mais je ne vais pas parler de pression. La pression, ce sont les gens qui se lèvent à 6h du matin pour aller travailler. Là ce ne doit être que du positif, de l’adrénaline, avec le soutien populaire qui sera important pour nous.

Avez-vous votre équipe en tête pour le match d’ouverture face à la Roumanie, le 10 juin ?

Oui, mais bon je ne sais pas ce qui peut se passer. Je ne peux pas encore la donner (rires). Il y a toujours une ou deux incertitudes mais il faut aussi penser et se projeter sur les changements que je peux être amené à faire. C‘est surtout ça mon travail : choisir au départ une stratégie par rapport à l’adversaire, lui faire mal là où il a des faiblesses, faire attention à ses points forts. Mais aussi pouvoir intervenir à plusieurs moments avec les trois changements, sur des options différentes.

« Que Griezmann garde de la fraîcheur »

Le peu de temps de jeu de Raphaël Varane cette saison vous inquiète-t-il ?

Non, pas en terme de temps de jeu car il a joué. Il est à plus de 55 matchs. Je connais Rapha. Il faudra qu’il bascule. J’ai une totale confiance en lui. En club il y a de la concurrence et des choix qui sont faits par un entraîneur mais il sait le rôle qu’il a ici, je n’ai pas de soucis particuliers. Il faudra faire en sorte qu’il prenne le train en route, même s’il arrive tardivement avec Antoine (Griezmann, qui joue aussi la finale de la Ligue des champions le 28 mai, ndlr), même si lui n’a pas la même trajectoire. Ça reste un joueur de très haut niveau.

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Justement, Antoine Griezmann sera-t-il votre homme de base ?

Il l’est. Après ce n’est pas quelqu’un qui se met trop en avant. Il franchit des paliers. Il a une régularité et une efficacité qui sont aujourd’hui de très, très haut niveau. La qualité il l’a toujours eue, il faut qu’il garde de la fraîcheur. Il est encore jeune mais il faut qu’il gère un petit peu.

Le style de jeu imposé par Diego Simeone l’oblige à puiser dans ses réserves ?

Oui, certainement. Mais ça lui a fait du bien aussi car il avait tendance à avoir des hauts et des bas. Là il sait que c’est chaque match, chaque semaine. Il est costaud athlétiquement. Avec l’accumulation des matchs, il a le droit d’avoir un peu de fatigue mais il a tellement de fraîcheur dans sa tête que ça va bien se passer.

« L’affaire Benzema-Valbuena a créé beaucoup de soucis »

L’affaire Benzema-Valbuena a-t-elle perturbé l’équipe de France ?

Oui, oui. Je m’en serais bien passé, évidemment. Depuis le départ ça a été un fil continu. Je ne vais pas dire que ça a animé, car en principe ça a un sens positif, mais malheureusement ça a créé beaucoup de soucis.

Savez-vous ce que les Français attendent de l’équipe de France ?

J’ai bien compris, l’attente est importante. On va y aller progressivement mais on va se préparer pour être là et répondre présent. Il y a un soutien, il a toujours été là. Les gens aiment l’équipe de France, les joueurs sont très heureux d’être là donc le soutien populaire on l’aura. Je ne connais pas une équipe qui gagne qui n’est pas aimée. En revanche, celles qui ne gagnent pas sont toutes détestées. C’est toujours plus agréable d’être aimé. C’est la compétition, on a envie d’aller le plus haut possible. L’aventure a commencé depuis hier, c’est le point de départ et on va y aller crescendo.