RMC Sport

Evra : "On n’a pas conscience de la chance qu’on a"

C’est un Patrice Evra calme mais conscient des manques de l’équipe de France qui s’est présenté face à la presse ce samedi, après la défaite en Albanie (1-0). Pour l’arrière-gauche tricolore, les Bleus ont manqué d’envie et doivent vite se remettre en question.

Patrice, comment expliquez-vous cette deuxième défaite consécutive ?

Moi je m’exprime quand ça ne va pas (sourire). Quand ça va bien, ça ne sert à rien. Je pense que perdre deux fois d’affilée (après la défaite contre la Belgique 4-3 au Stade de France, ndlr), ça fait longtemps que ça n’était pas arrivé à l’équipe de France. Il ne faut pas se cacher, il faut accepter les critiques car elles sont méritées. Certains fois, on n’a pas conscience de la chance qu’on a, de combien de joueurs rêveraient d’être à notre place. Il y a des gens qui vont dire qu’il faisait chaud ou que c’était contre l’Albanie, mais c’est un manque de respect envers le maillot de l’équipe de France quand tu trouves deux excuses comme ça. On a pris deux bonnes gifles. Maintenant je ne suis pas inquiet car j’ai vraiment confiance en ce groupe. Avant la Coupe du monde c’était bien pire que ça, c’était catastrophique, et à l’arrivée on a fait une belle compétition. Mais là, on n’aura pas le choix. Il faut arrêter de penser au Brésil. On a un Euro chez nous à gagner. Ce sera très difficile. Lors du prochain stage, il faudra vraiment se réveiller.

Cela est-il dû à un manque d’investissement collectif ?

Oui, oui, il n’y a pas de honte à le dire. Ou alors on est trop à l’aise. Pour bien connaître Didier Deschamps, c’est quelqu’un de patient mais quand il prend des décisions, ce sont de vraies décisions et il ne faudra pas venir pleurer. On représente un pays. Tu peux rater un geste technique, mais tu ne peux pas manquer d’envie. Surtout cette équipe. On avait l’habitude de jouer avec le bleu de chauffe, c’est comme ça qu’on a fait une belle Coupe du monde. On a montré un beau visage à tous les Français avec cette envie et ce respect du maillot. Là, ça fait quelques matches qu’on l’a perdu. 

« Il faut la fermer et bosser »

Ces matchs amicaux de juin ne sont-ils pas une plaie pour les joueurs ?

Justement, c’est là que je ne comprends pas quand certaines personnes disent que ces matchs sont une plaie. J’ai des proches qui me disent : « Pat’, après ta finale (de Ligue des champions, ndlr) tu dois aller en Albanie… ». Mais non, je vais mettre le maillot de l’équipe de France. Si tu as cet état d’esprit, l’envie tu n’en manqueras pas. Tu demandes à n’importe quel joueur aujourd’hui, il aurait même payé pour être là et jouer ce match. Il ne faut pas se cacher ou trouver des excuses.

Comment expliquez-vous ce manque d’envie sur le terrain ?

On est tombé dans un certain confort. Lors de l’après-Coupe du monde, on a fait de beaux matchs, sauf contre le Brésil (1-3), mais on avait gagné contre le Portugal (2-1) et l’Espagne (1-0). Je ne suis pas inquiet mais il faut faire attention parce que le football ça va très vite et l’Euro ce n’est pas dans quatre ans, c’est là. Il va falloir bien se préparer et venir avec une autre envie de porter ce maillot.

Les jeunes ont-ils pris conscience de la situation ?

On a parlé. Le coach a eu des mots forts. Certains joueurs aussi. On a parlé calmement. Là ça ne sert à rien de tirer sur qui que ce soit. Il faut la fermer et bosser.

la rédaction avec Nicolas Jamain