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France-Belgique : les notes

Battue par la Belgique (4-3) ce dimanche soir au Stade de France, l’équipe de France a longtemps déçu avant de se reprendre un peu dans un match certes amical mais de prestige. Au premier rang des déceptions, les bourdes de la charnière centrale. Côté Diables rouges, Fellaini a brillé avec un doublé.

LES TOPS

La Belgique fait dans le prestige

Numéro 2 au classement FIFA, la Belgique a justifié son statut avec une victoire de prestige (4-3) sur le sol français. Plus impliqués que leurs adversaires, plus dangereux aussi dans leurs intentions comme dans la réalisation, hyper réalistes, les Diables rouges ont réussi ce que personne n’avait jamais réalisé : mettre quatre buts aux Bleus au Stade de France. Vu l’intensité de la majorité de cette rencontre amicale, ça ne veut rien dire pour la suite. Mais dans l’optique de possibles retrouvailles à l’Euro, où les Belges feront partie des favoris, ça permet de marquer quelques points et de prendre un petit avantage psychologique.

On n’arrête plus Fellaini

A Manchester United, on cherche souvent sa tête dans la surface adverse. En Belgique aussi. En bonne forme ces dernières semaines, Marouane Fellaini n’a pas raté sa prestation au Stade de France. Opportuniste sur son premier but malgré une position de hors-jeu, le Diable rouge en club comme en sélection ne doit rien à personne sur sa seconde réalisation : un coup de tête piqué imparable sur un centre signé Alderweireld. En 2015, cela porte son bilan à cinq buts en trois matches avec la Belgique. Plus que bien pour un milieu.

La patate de Nainggolan

Rayonnant avec l’AS Rome, il est un peu le porte-bonheur de la Belgique puisqu’il n’a jamais connu la défaite en sélection. Pour sa onzième apparition, le milieu de terrain avec les Diables Rouges s’est même offert le troisième but de sa carrière internationale, d’une frappe soudaine qui a complètement surpris Hugo Lloris. A 27 ans, celui dont le père est Indonésien n’est pas le plus connu d’une sélection talentueuse qu’il a découvert en 2009. Mais ses trois dernières titularisations avec les Diables Rouges et sa belle prestation dans l’entrejeu ce dimanche prouvent qu’il gagne en crédit.

Fekir-Ntep-Payet, la fraîcheur des entrants

Si Lacazette, entré comme Payet à la pause, n’a pas profité de la seconde période pour marquer, ce n’est pas le cas des autres joueurs offensifs qui ont débarqué sur la pelouse en cours de match. Un une-deux entre Paul-Georges Ntep et Nabil Fekir a permis au Lyonnais d’ouvrir son compteur buts en sélection. Et Payet a réduit le score pour, lui aussi, sa première réalisation avec les Bleus. La fraîcheur est venue du banc. Cela donne plus de solutions… et des idées pour la suite. Toujours ça de pris.

LES FLOPS

Varane-Koscielny, problème de marquage

C’est ce qu’on appelle une soirée cauchemar pour la charnière. S’ils ne peuvent pas grand-chose sur le premier but belge, entaché d’un hors-jeu, Raphaël Varane et Laurent Koscielny sont coupables sur toutes les autres actions chaudes des Diables rouges. En première période, Varane se loupe au marquage et permet à Benteke de placer une tête de près repoussée par Lloris (26e). Rebelote sur le deuxième but belge, où Koscielny accompagne son partenaire dans un double saut au timing horrible, qui laisse Fellaini libre. Les choses ne s’amélioreront pas en seconde période. Sur le but de Nainggolan, le joueur d’Arsenal ne monte pas assez vite sur lui pour empêcher la frappe. Sur le penalty belge, Varane laisse Benteke prendre le meilleur sur lui de la tête puis Koscielny fait la faute sur Witsel. Un cauchemar, on vous dit. Partagé par des latéraux, eux aussi, pas au niveau.

L’animation offensive et l’intensité bleues

Pas d’envie, peu d’idées et pas grand-chose à se mettre sous la dent. Derrière, de grosses bourdes. Au milieu, un manque de tranchant. Devant, des joueurs incapables d’allumer une étincelle avec un duo Griezmann-Giroud décevant (soutenu par un Valbuena mi-figue mi-raisin) et des Lacazette et Payet longtemps pas plus inspirés après leur entrée à la pause. L’équipe de France a respecté plus que de raison le terme « amical » accolé au match contre les Belges, même si les jeunes Fekir et Ntep ont réveillé tout ça dans une fin de rencontre. Alors oui, on sait, cela ne change rien au schmilblick : c’est à l’Euro qu’il faudra gagner. Mais avec la litanie de matches amicaux qu’elle doit disputer, toute occasion de marquer les esprits est bonne à prendre pour l’équipe de France. Pas à la hauteur de leurs adversaires du soir, à part dans les dix dernières minutes, ils n’auront pas su la saisir.

Les sifflets pour Mathieu Valbuena

Ce n’est pas une première. Et certainement pas la dernière. Mais on a beau en avoir l’habitude, entendre le Stade de France siffler Mathieu Valbuena à chaque touche de balle reste difficile. Même pour un match sans enjeu, l’ancien Marseillais a le droit à sa bronca. Juste comme ça, on rappellera aux chaleureux supporters de l’enceinte dionysienne (qui ont aussi sifflé les Bleus pour leur performance d'ensemble, ce qui se comprend plus) que le garçon porte le maillot de la sélection nationale. Dans son pays. Au fait, pourquoi ne pas jouer un tel match en province ? On connaît des publics qui se montreraient plus heureux et bienveillants à l’heure de recevoir les Bleus.

FRANCE

Hugo Lloris : 4,5

Benoît Trémoulinas : 4

Laurent Koscielny : 3

Raphaël Varane : 4

Bacary Sagna : 3

Blaise Matuidi : 5,5

Yohan Cabaye : 4,5 (remplacé à la mi-temps par Dimitri Payet : 5,5)

Moussa Sissoko : 5,5

Mathieu Valbuena : 5,5

Olivier Giroud : 4

Antoine Griezmann : 4 (remplacé à la mi-temps par Alexandre Lacazette : 4,5)

BELGIQUE

Thibaut Courtois : 5

Toby Alderweireld : 5

Jason Denayer : 4,5

Nicolas Lombaerts : 5

Jan Vertonghen : 5,5

Radja Nainggolan : 7

Axel Witsel : 5,5

Marouane Fellaini : 7,5

Dries Mertens : 6,5

Christian Benteke : 5,5

Eden Hazard : 6