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France-Turquie: un choc sous haute surveillance au Stade de France

L’équipe de France accueille la Turquie lundi soir au Stade de France lors des éliminatoires de l’Euro 2020. En raison des incidents à l’aller mais également du contexte géopolitique et de la présence d’officiels turcs, les autorités ont décidé de renforcer la sécurité du SDF pour cette rencontre à risques.

Les Bleus de Didier Deschamps jouent une partie de leur avenir immédiat contre l’Islande ce vendredi soir puis face à la Turquie lundi au Stade de France. Outre le sportif et la possibilité de se rapprocher d’une qualification pour l’Euro 2020, cette deuxième rencontre sera observée de près en raison de la situation entre les deux pays. Le match prévu lundi soir dans l’enceinte dionysienne (dès 20h45) est même classé à risques par les autorités françaises. La Marseillaise sifflée lors du match aller à Konya ainsi que les récents événements diplomatiques en Turquie ont fait monter la tension autour de ce duel.

Un dispositif renforcé, le speaker du SDF épaulé

Pour l’occasion, dix unités de CRS seront mobilisées en marge du match soit environ 1.000 policiers. Différents services de la préfecture de police appuyés par des unités de force mobiles seront ainsi mobilisés en périmétrie comme à l'intérieur du stade, mais aussi dans Saint-Denis et dans Paris avant et après la rencontre en cas de regroupement spontané de supporters. Des contrôles d'identité et des inspections de véhicules pourront être réalisés et une vigilance particulière sera exercée dans les transports en commun et leurs abords.

Le dispositif de sécurité qui accompagnera la délégation turque sera renforcé avec la présence d'une escorte policière. Le speaker du Stade de France, Max, sera épaulé d'une personne de la délégation turque capable de prendre le micro et de parler en turc au public.

Les organisateurs espèrent ainsi prévenir tout débordement et d'empêcher d’éventuels sifflets durant La Marseillaise. "Il faut que l’on prenne des dispositions pour que des responsables de l’équipe nationale turque puissent faire des annonces avant et pendant le match pour calmer les situations difficiles si c’est le cas, a indiqué Ismail Hakki Musa, l’ambassadeur de Turquie en France, auprès de RMC Sport. Il faut prendre une attitude ferme contre les débordements. […] Je pense qu’il n’y aura pas de débordements, j’espère, car nous avons pris pas mal de mesures."

Du beau monde dans les tribunes

A l’image de l’ambassadeur turc, plusieurs officiels prendront place dans les tribunes à Saint-Denis et notamment le ministre turc de la Justice. Côté français, Roxana Maracineanu, la ministre des Sports et Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires Etrangères sont annoncés. Tout comme Anne Hidalgo, Nicolas Sarkozy ou encore Alain Juppé.

Le président de la République et le Premier ministre, quant à eux, n'ont pas prévu de se rendre au stade pour des raisons d'agenda. Malgré l’absence probable d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, la soirée au Stade de France sera surveillée de très près. "Nous avons demandé que certaines mesures de sécurité soient prises (en plus de ce qui est prévu). Nous avons fait part de nos souhaits, a encore confirmé l’ambassadeur turc. Ce match doit rester dans son contexte. Rien ne justifierait des actes non désirés. Je souhaite que l’amitié franco-turque gagne au-delà de cette rencontre."

Les supporters turcs en nombre à Saint-Denis

Autre élément d’importance à prendre en compte, la tribune réservée aux supporters turcs sera pleine lundi soir. Près de 3.800 personnes sont attendues pour la rencontre et 900 billets supplémentaires ont même été achetés par la fédération turque. Des dizaines de milliers de franco-turcs se sont également procurés des places pour ce match et selon les dernières estimations, près d'un quart du Stade de France pourrait supporter la Turquie. 

Faut-il craindre pour autant de voir la Marseillaise sifflée avant la rencontre? Du côté turc on espère bien que non. "C’est inacceptable pour l’hymne français, ça le sera aussi pour l’hymne national turc. Inversons les rôles. Cela peut venir du public français, a enchaîné Ismail Hakki Musa avant de conclure. Nous condamnerons les sifflets avec la même fermeté. Mais il est impossible d’exclure ce genre de débordements. […] Nous avons appelé les ressortissants franco-turcs à la retenue. Idem pour la fédération turque via ses canaux." Reste à savoir si l’amitié entre les deux nations et surtout le football se montreront plus forts que les aléas extra-sportifs.

JGL avec Saber Desfarges et Loic Briley