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Ribéry : « Il faudra être des hommes ! »

Franck Ribéry

Franck Ribéry - -

Fraîchement auréolé de son titre de meilleur joueur UEFA, Franck Ribéry aborde les matches de qualification contre la Géorgie (6 septembre) et la Biélorussie (10 septembre) gonflé à bloc. Et avec ambition et détermination.
Franck Ribéry
Franck Ribéry © -

Son titre de meilleur joueur UEFA

« C’est toujours flatteur et particulier ce genre de trophée. Etre élu meilleur joueur devant Messi et Ronaldo, c’est énorme. C’est vrai que je prends beaucoup de plaisir en ce moment. Cette récompense, c’est un plus sportivement, ça donne confiance. Peut-être que ça met un peu plus de pression sur moi, mais j’arrive bien à gérer ce genre de situation. Je n’ai pas à me prendre la tête, à moi de continuer à travailler, à prendre du plaisir, et à aider mon équipe, au Bayern et avec la France. »

Le Ballon d'Or

« Bien sûr que j’y crois. L’année dernière, j‘ai fait ce qu’il fallait sur le terrain et en dehors. J’ai été très professionnel, je me suis éclaté avec mon équipe, on a pris beaucoup de plaisir. Le trophée de la Supercoupe a fait beaucoup de bien au club (victoire face à Chelsea 2-2, 5-4 tab, ndlr). Il reste peu de temps, il faut que je continue sans me poser de question, en essayant de me régaler encore. »

Sa renaissance

« J’ai commencé par me mettre un peu en retrait. J’ai travaillé, je n’ai rien lâché. Je sais que le mental est une de mes forces. Je suis content d’être revenu au niveau. Il y a eu une période très difficile mais c’est la vie qui veut ça. Et depuis deux ans et demi, je vis des moments extraordinaires. J’ai 30 ans, je suis père de trois enfants… Beaucoup de choses sont derrière moi et je les ai oubliées. Depuis l’Euro, je me sens mieux en équipe de France. Quand je viens ici, je suis vraiment libéré. C’est magnifique d’avoir renoué le contact avec les supporters, il y a une bonne relation. J’ai fait de bonnes prestations. J’ai été très bon contre l’Allemagne et contre l’Espagne. A moi de continuer pour aller à la Coupe du monde, c’est important pour notre pays. »

Les cas Benzema et Nasri

« C’est vrai que le fait que je sois revenu au plus haut niveau après ce que j’ai traversé peut être pris comme un exemple. J’en ai beaucoup discuté avec Samir (Nasri). Je suis très content de le revoir ici. On est ensemble, on est une équipe, et pour réussir quelque chose, il faut être solidaires. Au Bayern, quand tu vois tout le monde qui se bat pour les autres, il n’y a rien de plus motivant. J’ai envie de le vivre ça en Bleu, et c’est pour ça que j’essaye de m’impliquer plus dans le groupe et de faire passer le message aux jeunes joueurs. En ce qui concerne Karim (Benzema), c’est quelqu’un que j’estime beaucoup. Quand je le vois marquer, je suis très heureux pour lui. Et quand il est dans une situation de disette comme ça, je suis le premier à être triste. Il a beaucoup d’envie et j’espère que la roue va vite tourner pour lui parce qu’on en a besoin. J’essaie de lui donner les meilleurs ballons possibles, et j’espère que ça va se passer dès vendredi, contre la Géorgie. »

La première place du groupe

« Bien sûr que l’on joue pour accrocher la première place. On est à un point de l’Espagne, et on va tout faire pour gagner et y arriver. Ce qui est sûr, c'est qu'on veut aller la jouer, cette Coupe du monde au Brésil. C’est quelque chose qui fait rêver. Il faudra être des hommes, ne pas se cacher, et jouer ces matches à fond pour y aller ! »

Ce qu'il manque à l'équipe...

« Il faut travailler encore. Nous avons beaucoup de jeunes joueurs, avec moins d’expérience. Et ici, j’ai l’impression que quand un joueur rate quelque chose, il ne se sent pas bien, il perd confiance et a peur de se faire critiquer. Au Bayern, on rate son match, ça arrive, ce n’est pas grave. On va essayer de les mettre en confiance, qu’ils jouent libérés et qu’ils tentent des choses. Contre la Belgique (0-0), j'ai dit à certains joueurs de faire la passe à 10 ou 15 mètres et pas à 3 mètres, pour faire le décalage et accélérer le jeu. Au Bayern, ça se fait automatiquement. Mais ce n’est pas grave, au contraire ! Je sens le groupe solidaire, avec une énorme envie de faire quelque chose, et de le faire ça ensemble. »

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Propos recueillis par Jérôme Sillon