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Riolo : « Benzema Inside… »

Daniel Riolo

Daniel Riolo - RMC Sport

L’affaire Benzema vue de l’intérieur…

Deschamps ne veut plus en parler. Le Graët annonce une décision avant le 15 avril. Les joueurs ont interdiction d’en parler devant les micros, mais pas en off. Alors que pensent les Bleus de l’ « Affaire » ?

D’abord, l’idée dominante est plutôt à chercher du côté du ras-le-bol. Que la vie des Bleus tourne autour de ça à quelques semaines du début de l’Euro, ça commence à saouler pas mal de joueurs du groupe. Le je « m’en foutisme » est prédominant. C’est une règle de base de la culture foot. Sa carrière, sa vie d’abord. Le reste…

Karim Benzema a des soutiens. Des amis. Evra, l’un des leaders, est de ceux-là. En bon fils spirituel de Deschamps, son raisonnement est simple et c’est à peine une caricature : même si je dois jouer avec un mangeur d’enfants, peu m’importe si je gagne. Morale ? C'est un grand, voire un gros mot. Et puis, Evra, l’homme qui recherchait la taupe en 2010, fait aussi partie de ceux qui pensent que Valbuena aurait dû se taire, ne pas briser l’omerta du milieu. Dans le foot, on ne balance pas. En outre, et ça compte aussi, il faut savoir que Valbuena n’est pas aimé. A Marseille, à Lyon, en Bleu, sa cote d’amour a toujours été faible. En vengeance perpétuelle sur la vie, sur ses débuts difficiles, Valbuena en a toujours trop fait pour rattraper le temps perdu. Trop en matière de mode, de bagnoles, de femmes. Un « trop » moqué, raillé par les autres. Les déclarations récentes des Lyonnais illustrent bien ce que globalement on pense de Valbuena dans le milieu.

Pour beaucoup, la morale n’a rien à voir là-dedans, Valbuena a, quelque part, un peu mérité tout ça. Benzema a plus d’amis que Valbuena. Il ne faut pas chercher plus loin. Le copinage commande les réactions au détriment du point de vue extérieur. Griezmann, par exemple, est ami avec Benzema et c’est tout ce qui lui importe.

Le bien, le mal, ce qui se fait ou pas, Deschamps en parle en permanence. Dans quasi toutes ses ITW. La dernière en date dans le « Parisien » est éloquente. Il ne cherche pas à comprendre, il avance.

Reste que tout le monde ne pense pas de la même manière. La sortie de Sakho lundi dernier a fait comprendre qu’il n’y avait pas d’unanimité. Le joueur de Liverpool, suivi par Matuidi, n’aime pas ce qu’ils ont lu de l’affaire. C’est curieusement la partie où Benzema dénigre son coéquipier qui a le plus choqué.

Le fait, ensuite, que Benzema ait finalement endossé le costume du sauveur, du mec dont l’absence serait sportivement grave qui fait dire à quelques uns que la vie de l’équipe (et son avenir) ne se résume pas au talent de son attaquant vedette.

Giroud est globalement apprécié dans le vestiaire et l’idée selon laquelle, on ne peut pas lui faire confiance, si le titulaire n’est pas là, ne plaît pas à tout le monde.

Chez les Bleus, on se regroupe, comme partout, par affinités, par culture, par club, par « couleur ».

Un peu comme partout finalement. Savoir ce qu’il adviendra de Valbuena, globalement, tout le monde s’en fout. En revanche, le retour de Benzema, ça, c’est la vraie question. Comment cet éventuel retour sera apprécié, c’est à Le Graët et à Deschamps d’en juger. Le contexte actuel donne à penser qu’une éviction serait finalement plus simple à gérer. Mais cette conclusion n’engage que moi…