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Riolo : "Des beaux Bleus !"

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Retour sur la victoire de l’équipe de France face à la Russie (4-2), mardi au Stade de France.

Enfin une belle pelouse au Stade de France. Et un bel équipement pour les Bleus, ça sent l’Euro qui se rapproche. L’équipe, elle, est tout aussi séduisante que face aux Pays-Bas en première période. Du mouvement, un état d’esprit conquérant, des éléments de base qui donnent envie d’être derrière ces Bleus. Pour sa première, Kanté se montre tout de suite. Un but, mais surtout, une activité impressionnante. L’enthousiasme se lit sur sa tronche. Une bonne petite tête de joueur heureux d’être là. Kanté n’est pas seulement un travailleur, un récupérateur, il sait aussi manier le ballon.

Le boss de l’équipe, ça se confirme, c’est Griezmann. Attaquant côté droit au départ, il est en fait partout. Un vrai meneur de jeu, façon Di Maria au PSG. Le seul qui déçoit devant, c’est Martial. Nonchalant, peu à l’aise sur son côté, il dispute une période sans saveur. Au milieu aussi, un joueur laisse un goût bizarre dans cette première période pourtant nettement dominée, c’est Pogba. On a quand même souvent l’impression qu’il pourrait faire beaucoup mieux, qu’il se donne avec économie. Prises de décisions lentes, choix hasardeux, Pogba n’est pas (encore) le leader qu’on a trop vite vendu.

Derrière, rien à dire. Il faut dire que les Russes ne font pas grand-chose pour affoler les Bleus. 2-0 à la pause. C’est normal et rassurant. Le souci, c’est de prendre un but, encore sur coup de pied arrêté, alors que l’adversaire n’a rien fait ! Le décalage entre la défense et l’attaque devient évident. Une équipe de Deschamps qui seraient forte devant et fébrile derrière, c’est le monde à l’envers. Sur un coup de pied arrêté, il n’y a pas que les défenseurs qui défendent. Le groupe est-il trop laxiste ? Assurément.

L’attaque continue de s’illustrer avec la réponse immédiate de Payet. Un coup franc magnifique. Histoire d’indiquer que dans le trio d’attaque avec Griezmann, il est en train de mettre sa place au chaud. Avec en pointe Giroud ou Gignac, mais pas Benzema dont le souvenir s’efface à chaque sortie des Bleus, la France a de quoi faire. La balance attaque/défense, les débats seront encore animés. Prendre deux buts contre une équipe aussi amorphe, c’est inquiétant. Mais observer le talent et l’audace des jeunes attaquants fait du bien. Le quatrième but de Coman est extraordinaire. Depuis combien de temps, les Bleus n’ont pas mis autant de beaux buts ?

Sept buts en deux matches, des beaux buts, de l’enthousiasme et tout ça, sans Benzema ! L’opinion sera confortée dans l’idée qu’on peut largement faire sans lui. Mais qui en doutait vraiment ? On pourra toujours rétorquer que c’étaient deux matches amicaux. C’est vrai. Mais avant aussi, la France jouait des rencontres sans intérêt et on s’ennuyait. On ne voyait pas ça ! Deschamps serait bien inspiré de se servir de l’état d’esprit de ces deux matches. La fraîcheur, ça a toujours du bon.

Daniel Riolo Journaliste