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Euro 2016 : comment la jouer quand on est réserviste

Les Bleus ont lancé leur campagne de préparation à l’Euro (10 juin-10 juillet) ce mardi à Biarritz, où ils resteront jusqu’à samedi. Un groupe pour l’instant formé de 17 joueurs, dont 5 réservistes. Focus sur le rôle de ces appelés voués à quitter l’aventure prématurément… ou pas.

Une nuit de mai 1998, sept réservistes quasiment exfiltrés de Clairefontaine devenaient des « bannis ». Longtemps, l’image a collé aux basques de ces joueurs dont le destin international immédiat se résume à attendre une défaillance de l’un des 23. Les mêmes questions se posent à chaque campagne. Quels profils appeler ? Quelle implication exiger ? Quand les renvoyer chez eux ? Depuis son arrivée aux commandes de l’équipe de France, Didier Deschamps a affirmé sa vision. Le sélectionneur choisit des joueurs qui ne sont pas des titulaires potentiels, en quête d’expérience. Le statut est clair, sans faux-espoirs. Pour cet Euro, ils sont huit : Alphonse Areola, Hatem Ben Arfa, Kevin Gameiro, Alexandre Lacazette, Adrien Rabiot, Morgan Schneiderlin, Djibril Sidibé et Samuel Umtiti. La fin de leur CDD est prévue le 31 mai au matin, le lendemain du premier match amical face au Cameroun, à Nantes.

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Membre de la Dream Team RMC Sport, Frank Lebœuf pose les bases de la condition de réserviste : « C’est une position très délicate. Comme toute personne qui travaille pendant la saison, on a besoin de vacances. On n’est vraiment pas en pleine période de travail. On est en attente. Ça demande une préparation particulière, décrit le champion du monde 1998. On attend que quelqu’un se blesse. Bien sûr, on ne souhaite pas la blessure de quelqu’un, mais il faut se préparer. » De l’aventure de la préparation de la Coupe du monde 2014, le défenseur stéphanois Loïc Perrin définissait alors son rôle sans état d’âme : « Je suis fier d’être à Clairefontaine. Mais mon statut est clair. Je suis là au cas où. Je me prépare comme si je devais y aller même si je sais que l’aventure s'arrêtera pour moi avant le départ au Brésil. »

La fraîcheur de Rémy Cabella

Maxime Gonalons, lui aussi réserviste en 2014, entrait plus précisément dans la problématique principale de sa fonction. « Je gère cette situation naturellement. Il faut évidemment faire attention à ne pas découper un mec. Mais cela n’empêche pas que l’on s’entraîne comme des pros, avec de l’intensité car on a toujours envie d’être le plus performant possible, de gagner les petits jeux., expliquait alors le milieu lyonnais. Simplement, on n’a pas envie qu’il y ait de blessés pour ce Mondial et on veille à ce que cela n’arrive pas. »

L’apport des réservistes ne se limite pas au terrain. C’est l’une des autres pistes de réflexion qui aiguille le choix du sélectionneur. Au nombre de huit jusqu’à dix jours de l’ouverture de la compétition, ils composent plus d’un quart de l’effectif. Leur impact sur la cohésion et l’esprit de groupe peut donc s’avérer fondamental. En 2014, Rémy Cabella avait marqué les esprits par sa fraicheur et sa joie d’en être. Il confiait ainsi : « Je ne ressens aucune déception de ne pas être dans les 23. Etre réserviste est déjà un grand moment pour moi. En plus, j’ai été immédiatement intégré dans le groupe. Donc je suis comme un poisson dans l’eau. » Un poisson d’ailleurs susceptible de prolonger l’aventure. En 2014, ils avaient été trois, Stéphane Ruffier, Morgan Schneiderlin et Rémy Cabella, à devoir pallier des forfaits.

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Euro 2016

la rédaction