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Euro 2016: un dispositif sécuritaire jamais vu après les attentats

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A 100 jours du début de l’Euro 2016 en France, la question de la sécurité reste l’enjeu prioritaire, près de quatre mois après les attentats survenus à Paris le 13 novembre dernier. Si les officiels veulent se montrer rassurants en se basant sur un dispositif déployé jamais vu pour une telle compétition, quelques doutes subsistent en cas d’alerte ou de menace sérieuse.

A 100 jours du coup d’envoi de l’Euro 2016, la sécurité reste plus que jamais l’un des enjeux majeurs. Lors de la cérémonie dédiée à cette date-anniversaire ce mercredi, Jacques Lambert, président du comité d’organisation de la compétition, a d’ailleurs beaucoup insisté sur le sujet, près de quatre mois après les attentats du 13 novembre à Paris qui ont fait 130 morts. Tout est fait pour rassurer les spectateurs avec des chiffres d’encadrement en très grande augmentation Ainsi, 900 agents en moyenne seront dépêchés par match, soit une augmentation de +30% par rapport aux normes habituelles. Au total, 10 000 personnes seront mobilisées alors qu’un double périmètre de sécurité sera établi autour des stades.

Jacques Lambert a également dévoilé que cinq matchs classés « sensibles » sur les 36 de la phase de poules seront particulièrement surveillés, sans préciser lesquels, laissant le soin au ministère de l'Intérieur de communiquer à ce sujet. Autre lieux surveillés de près : les camps de base des 24 équipes engagées. Des hommes du GIGN et du RAID encadreront les délégations autours de leurs hôtels et lors des entraînements. Malgré les attentats et ces mesures exceptionnelles, l’organisation a assuré qu’aucun effet ne s’était encore fait ressortir sur les détenteurs de billets. Deux tiers des tickets vendus ont été achetés par des étrangers en provenance de 200 pays. Avec la palme pour les Polonais, plus gros acheteurs.

Des matches décalés ou sans spectateur ?

Invité de BFM TV, Patrick Kanner, ministre des Sports, a souligné les énormes efforts consentis pour assurer le bon déroulement de la compétition. « On a atteint aujourd’hui un niveau de sécurisation inégalé dans notre pays dans l’histoire des évènements sportifs, assure-t-il. Il y a une mobilisation sans précédent des pouvoirs de l’Etat, de la gendarmerie et de la police. Il y a aussi une mobilisation du secteur privé, avec notamment les villes hôtes qui organisent cela à l’intérieur des enceintes et des "fan zones". J’ai un message à donner : on n’a jamais été aussi loin. Le risque zéro n’existe pas. Mais il faut y aller avec confiance car tout sera fait pour protéger nos concitoyens et tous les supporters. »

Malgré ce discours qui se veut optimiste pour les spectateurs, Martin Kallen, directeur de l’UEFA en charge de l’Euro, s’est voulu moins rassurant en expliquant que des matches pourraient être décalés au lendemain ou se jouer sans spectateurs en cas de menaces. Patrick Kanner, de son côté, a démenti une autre hypothèse : celle de délocaliser la compétition en Allemagne en cas de risques trop élevés. « Non, on est dans le fantasme le plus complet. L’Allemagne est aussi menacée que la France. Nous sommes extrêmement bien préparés. Nous avons dix stades totalement rénovés, reconstruits avec de la vidéo surveillance. Il y aura de la présence physique de la police nationale autour des fan zones. A l’intérieur, il y aura comme pour les enceintes sportives, des palpations et de la vidéo surveillance. Les sept millions de personnes qui iront dans les fan zones auront le même niveau de sécurité que ceux dans les stades. »