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Euro 2021: la météo au cœur d’une inégalité, coup de chaud pour les Bleus

La vague de chaleur en Europe de l'Est et les importants écarts des températures entre les villes-hôtes des huitièmes de finale de l'Euro 2021 interrogent sur l'égalité des chances entre les équipes. Après avoir souffert à Budapest, les Bleus pourraient encore être handicapés par la météo lors de leur 8e de finale face à la Suisse ce lundi à Bucarest.

Il n’y a pas que les blessures qui gâchent l’Euro de l’équipe de France. Si les Bleus ont décroché leur ticket pour les huitièmes de finale sans réellement briller, c’est aussi parce que les joueurs de Didier Deschamps ont beaucoup souffert de la chaleur. A Budapest, lors du 2e match face à la Hongrie, le thermomètre a dépassé largement les 30 degrés, obligeant les 22 acteurs à deux pauses fraicheurs lors de chaque mi-temps. "Le terrain était sec, le soleil tapait, a commenté Paul Pogba dans l’émission Téléfoot. En Angleterre, c’est souvent la pluie. Je ne me souviens pas du dernier match que j’ai disputé avec une telle chaleur."

Un réel handicap, surtout que ces températures se sont maintenues à un niveau très élevé durant les dix jours où les Bleus sont restés dans la capitale hongroise. "Cette première vague fait toujours très mal, car les organismes n’ont pas eu le temps de s’adapter, note l’ancien médecin des Bleus Jean-Marcel Ferret, dans les colonnes de Ouest-France. Je ne pense pas que ça a été le cas à Clairefontaine quand ils étaient en préparation ! Quand il y a un changement brusque, les organismes reçoivent !" Et ce n’est pas fini.

"À Bucarest, les conditions météo risquent d’être un peu les mêmes"

Ce vendredi, les champions du monde quittent Budapest, où il fait 30 degrés, pour rejoindre Bucarest, en Roumanie, où le mercure affichera aux alentours de 34 degrés dans l’après-midi. "À Bucarest, les conditions météo risquent d’être un peu les mêmes, c’est un autre pays continental, poursuit Ferret. Il faut quand même souhaiter que les températures descendent un peu, et que le degré hydrométrique soit moins important… Jouer à 21 h sera un peu moins pire, je dirais ! Mais c’est certain que le match de 15 h contre la Hongrie a dû secouer les organismes."

Si les Bleus ne sont pas mécontents de jouer leur huitième de finale contre la Suisse à 21h, on peut s’interroger sur les inégalités entre les conditions de jeu des sept villes-hôtes. Tandis que les températures pourraient flirter voire dépasser les 30 degrés à Bucarest pour France-Suisse, mais aussi à Budapest samedi pour Pays-Bas-République tchèque (18h) ainsi qu'à Séville dimanche pour le choc Belgique-Portugal (21h), d’autres équipes devraient beaucoup moins souffrir de la chaleur.

Les Anglais avantagés

A Londres, qui accueillera deux 8es, Italie-Autriche (samedi à 21h) et Angleterre-Allemagne (mardi à 18h), le thermomètre peine à atteindre les 20 degrés. Et de la pluie est même annoncée pour le choc entre les Three Lions et la Mannschaft. Rappelons que les Anglais, qui ont disputé tous leurs matchs à Wembley (théâtre aussi des demies et de la finale), ont bénéficié de températures clémentes depuis le début de la compétition.

Il devrait faire encore plus doux à Glasgow pour le 8e de finale Suède-Ukraine mardi soir (21h). Ce vendredi, le mercure affiche 13 degrés… Cinq à six de moins qu’à Amsterdam et Copenhague, qui accueilleront respectivement pays de Galles-Danemark samedi (18h) et Croatie-Espagne lundi (21h). Entre la chaleur et les longs voyages, certaines équipes comme les Bleus ou les Belges sont donc clairement désavantagées par rapport aux Anglais. "Plus globalement, on touche aussi le problème de ces compétitions, regrette Jean-Marcel Ferret. Il faut enchaîner tous les 4-5 jours, en axant tout sur la récupération, après une bonne préparation, et là il y a davantage de voyages d’un pays à l’autre. Le moindre détail de gestion devient important. Les équipes qui auront joué dans des pays disons, plus tempérés, risquent d’avoir une fraîcheur supérieure sur le long terme."

ABr