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Fernandez: "En finale de l’Euro 84, les Espagnols m’ont insulté"

Luis Fernandez avec Jean Tigana et Joël Bats

Luis Fernandez avec Jean Tigana et Joël Bats - AFP

Membre de la Dream Team RMC Sport, Luis Fernandez raconte son Euro 1984, premier titre remporté par les Bleus, en France. De l’ambiance de liesse dans le pays à la finale face à l’Espagne, en passant par l’extraordinaire tournoi de Michel Platini (9 buts, record), « Luis » se souvient.

La finale face à l’Espagne (victoire 2-0)

« Je joue la finale contre l’Espagne. Je suis né en Espagne. Les Espagnols m’ont insulté, ils m’ont traité de tout, de Judas. Ils m’ont tout sorti, ont essayé de me déstabiliser. Tous les joueurs qui étaient sur le terrain. A chaque fois qu’il y avait un contact, ils étaient remontés contre moi. J’ai joué à fond, à 100%. Je me suis dit "mon pays c’est la France, je suis heureux, je suis fier." Ça marque d’être en équipe de France avec cette génération. C’était le premier titre de champion d’Europe. »

Michel Platini

« Contre le Danemark lors du premier match, je me souviens de lui qui rentre dans les vestiaires à la pause. Il n’était pas content. On était à 0-0, ça jouait mal. Je lui demande : "Qu’est-ce qu’il y a Michel, pourquoi tu es énervé ?" Il me répond : "Tu vas leur dire aux Bordelais qu’ils arrêtent de jouer entre eux." Les Bordelais, c’étaient Patrick Battiston qui la donnait à Jean Tigana, Tigana qui la donnait à Alain Giresse… Je lui dis : "Arrête Michel, ce n’est pas ça !" Et il marque le but de la gagne d’une tête détournée par un joueur danois. »

La demi-finale face au Portugal (remportée 3-2 après prolongation)

« Ce que j’ai vécu ce soir-là au Vélodrome, c’était énorme. On était fatigué… Une de mes plus belles soirées de foot, je l’ai vécue à Marseille avec l’équipe de France. Ça a failli tourner contre nous. Mais on a gagné ce match et puis ce championnat d’Europe. » « Pas comme en 1998 »

L’atmosphère dans le pays

« On avait commencé par le premier match au Parc des Princes (victoire 1-0 face au Danemark), le deuxième à Nantes (victoire 5-0 contre la Belgique) et le troisième à Saint-Etienne contre la Yougoslavie (victoire 3-2). Ces trois matches, quand tu vois l’engouement, les supporters, les encouragements… L’ambiance qu’il y a eu autour des stades, c’était super. »

La célébration du titre

« Ce n’était pas comme en 1998. On était à la Fédération, il n’y avait personne dans les rues. On aurait gagné ce championnat d’Europe à Marseille, à Nantes ou ailleurs, ils seraient peut être descendus dans les rues, mais pas à Paris ! »

la rédaction