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L’Angleterre et les Pays-Bas peuvent-ils marcher sur les traces des Bleus?

Comme la France avant l’Euro 2016, ils ont connu une période sombre. Mais comme la France, l’Angleterre et les Pays-Bas s’enthousiasment désormais devant leur nouvelle génération de joueurs talentueux. A un an et quelque du prochain championnat d’Europe des nations, Anglais et Néerlandais peuvent-ils retrouver les sommets?

Ce sont deux géants du football européen, que les années avaient plongés dans un inquiétant sommeil. D’un côté l’Angleterre, incapable de dépasser les quarts de finale d’une compétition majeure pendant plus de vingt ans et spécialiste des désillusions. De l’autre, les Pays-Bas, finalistes du Mondial 2010, demi-finalistes de l’édition 2014, mais depuis tombés dans une profonde crise et absents à l’Euro 2016 ainsi qu’à la Coupe du monde 2018. Deux pays qui voyaient leurs voisins triompher en déprimant devant la télé. Mais ça, c’était avant.

Depuis plusieurs mois maintenant, chez les Anglais comme chez les Néerlandais, on se remet à y croire. Après avoir mangé leur pain noir, observateurs et supporters se persuadent que le plus dur est derrière. Et que l’avenir peut leur sourire.

Impressionnants en Ligue des nations

Les résultats, d’abord, invitent à l’optimisme. Demi-finalistes en Russie, les Three Lions ont fait vibrer leur pays durant tout l’été. Et ont confirmé que la belle aventure n’était pas qu’une histoire de réussite – ils n’avaient battu "que" la Tunisie, le Panama et la Suède dans le temps réglementaire – en finissant premiers de leur poule de Ligue des Nations à l’automne, où se trouvaient cette fois l’Espagne et la Croatie.

C’est également durant cette Ligue des nations que les Néerlandais ont frappé un grand coup: présentés comme le Petit Poucet d’un groupe avec la France et l’Allemagne, les Oranje ont eux aussi fini en tête, en battant leurs deux adversaires à domicile (dont un 3-0 contre l’Allemagne) et en allant décrocher un nul au courage (2-2) à Gelsenkirchen lors de la dernière journée.

Cette semaine, les deux sélections ont continué sur leur lancée en déroulant pour la première journée des éliminatoires de l’Euro 2020. Les Pays-Bas ont passé un 4-0 à la Biélorussie jeudi soir et l’Angleterre a écrasé la République tchèque (5-0) vendredi.

Sancho, De Jong... par ici les pépites

Mais plus que les résultats, c’est l’éclosion simultanée de joueurs très talentueux qui a redonné de l’espoir dans les deux contrées. Un peu comme ce qu’a vécu la France dans les années 2000 au sortir de l’ère des Zidane, Thuram ou Vieira, les Pays-Bas ont eu du mal à se remettre du déclin, puis du départ de leur dernière génération dorée (dorée sans rien gagner), incarnée par Van Persie, Robben ou encore Sneijder.

Les Néerlandais ont donc remis les bouchées doubles à la formation, à commencer par son club phare, l’Ajax, et ont eu la chance de voir finalement assez vite quelques pépites pointer le bout de leur nez, à l’image du très séduisant trio d’Amsterdam De Jong (21 ans), De Ligt (19 ans), Van de Beek (21 ans).

Pour nos voisins d’outre-Manche, la donne est différente. L’Angleterre s’est longtemps satisfait d’avoir le meilleur championnat au monde, les meilleurs clubs, mais se rendait compte une fois l’été arrivé que ses joueurs n’y étaient presque jamais des éléments clés. L’effectif de l’Euro 2012 en est une bonne illustration, avec les Lescott, Welbeck ou Carroll.

En ce sens, la situation a un peu changé. L’un des meilleurs avants-centres de Premier League, Harry Kane, joue avec les Three Lions, Kyle Walker, Jordan Henderson ou Raheem Sterling ont pris une autre dimension et élargi leurs palettes sous l’influence de coachs étrangers (Klopp, Guardiola, Pochettino), et voilà que surgissent Callum Hudson-Odoi (18 ans), Jadon Sancho (18 ans), Marcus Rashford (21 ans) ou Trent Alexander-Arnold (20 ans), nouvelles coqueluches des médias.

Encore du travail

Les raisons d’y croire sont réelles donc, mais méfiance, car les deux équipes ont encore des lacunes. En Angleterre, c’est sans doute la défense qui inquiète le plus à l’heure actuelle. En l’absence de Trent Alexander-Arnold, Gareth Southgate a dû aligner vendredi soir Michael Keane, Harry Maguire et Ben Chilwell en défense, qui ne sont pas ce que le football a fait de plus talentueux ou de plus moderne dernièrement. Derrière Jordan Pickford, qui s’était illustré en Russie, les gardiens se font eux aussi rares. Et les deux autres portiers appelés, Tom Heaton et Jack Butland, évoluent respectivement à Burnley et Stoke, en D2.

Le problème du banc est d’ailleurs global. Si Hudson-Odoi a été sélectionné sans ne jamais avoir connu la moindre titularisation en Premier League, c’est parce qu’il est talentueux, certes, mais aussi parce que les candidats n’étaient pas légion.

Le constat est similaire aux Pays-Bas. Malgré les "pépites" et le monstrueux Virgil van Dijk à l’arrière, l’effectif de Ronald Koeman est un peu court et comporte quelques trous, dans les couloirs notamment, et même devant, puisqu’on a encore vu Ryan Babel épauler Memphis Depay jeudi soir. En outre, les Néerlandais risquent d’être confrontés à un problème d’expérience s’ils se qualifient pour le prochain Euro, la jeune génération n’ayant tout simplement pas la moindre expérience d’une compétition internationale.

CC