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Besiktas-Lyon: au bout du suspense (et des tirs au but), l'OL arrache sa demie

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Rattrapé par Besiktas à l’issue du temps réglementaire (2-1), l’OL, au terme d’une irrespirable séance de tirs au but (7-6), a arraché sa qualification pour les demi-finales de la Ligue Europa. Mérité.

Lopes, ce héros

Que ce fut intense, irrespirable, tendu ! Après la qualification de Monaco mercredi pour les demi-finales de Ligue des champions, le foot français a vécu un nouveau grand soir européen, truffé d’occasions énormes et enrobé d’un parfum de KO permanent. Au terme d’une incroyable séance de tirs au but (7-6), marquée par une première balle de match ratée de Christophe Jallet et deux arrêts d’Anthony Lopes, le capitaine, Maxime Gonalons, comme un symbole, a prolongé le rêve européen de l’OL. Deux clubs français dans le dernier carré des coupes européennes la même année, ça n’était plus arrivé depuis 2004.

L’OL l’a mérité

Ça n’était plus arrivé depuis deux rencontres, Lyon a commencé un match à l’heure. Au propre comme au figuré. Contrairement aux hésitations inaugurales de l'aller, ce quart de finale retour, les hommes de Bruno Genesio l’ont pris par le bon bout. Supérieurs dans tous les compartiments du jeu en première période, ils ont dominé d’entrée, malgré les sifflets. Les moments de doute sont le plus souvent venus de Talisca, auteur d’un doublé (27e, 58e). Mais si ça n’était pas passé, l’OL aurait nourri d’immenses regrets. En fin de match, pendant la prolongation, quand chaque ballon est devenu brûlant, c'est Lyon, plus frais physiquement, qui a le plus poussé. Alexandre Lacazette a touché la barre, le quatrième montant trouvé par l'OL lors de cette double confrontation. Même si la formation olympienne a elle aussi objectivement profité de quelques miracles signés Anthony Lopes, jusqu’à la séance de tirs au but.

Le live du match à revivre ici

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Indispensable Lacazette

Un but (superbe), une activité permanente, un poteau, la barre, une passe qui aurait pu être décisive pour Tolisso (14e)… Alexandre Lacazette (25 ans) était de tous les bons coups lyonnais ce soir. Avec 31 buts inscrits en 40 matches, il égale sa meilleure saison (2014-2015) sur le plan statistique. Peut-être diminué, il a cédé sa place à Rachid Ghezzal au début de la prolongation. Il laissera un vide immense en cas de départ cet été.

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Talisca, c’est sérieux

On le remarque d’abord à ses cheveux teints en blond. Ballon au pied, il n’est pas mal non plus. Son nom pourrait revenir lors du prochain mercato. Milieu brésilien de 23 ans, Talisca, prêté par Benfica, avait déjà brillé à l’aller. Ce jeudi soir, il a tout fait ou presque côté turc, inscrivant les deux buts de son équipe, quand il n’était pas à l’origine des plus grosses occasions de Besiktas, comme sur cette frappe enroulée juste avant la pause (42e). Sauf sur ce centre tir de Quaresma qui a atterri… sur le poteau avant que Babel ne manque sa reprise. Son influence a baissé en fin de rencontre avant de renaître durant la prolongation. Il s'est même procuré une énorme occasion. Mais sa frappe du gauche (102e) est passée à côté... 

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L’ambiance

Scrutée après les évènements de l'aller, elle fut grandiose. Dans la grande tradition stambouliote, l’avant-match, sans aucun incident à déplorer, avait été coloré, plein de chants et de fumigènes dans le quartier du stade. Relativement épargnés pendant leur échauffement (le stade n’était pas encore plein), les Lyonnais ont pu prendre la mesure de l’autoproclamé public le "plus bruyant d’Europe" au coup d’envoi. Une atmosphère de feu, 44 000 supporters chauffés à blanc et des sifflets à chaque prise de balle lyonnaise qui n’ont pas semblé émouvoir les joueurs de l’OL. Y compris après l’emballement de l’ouverture du score de Talisca. Le silence de la Vodafone Arena n’en fut que plus saisissant au moment de l’égalisation d’Alexandre Lacazette. "Dans un contexte hostile, parfois tu te transcendes. Tu es plus fort collectivement. C’est le cas des Lyonnais ce soir, observait Jérôme Rothen, membre de la Dream Team RMC Sport. Quand tu arrives à faire taire tout un stade de 50 000 personnes, tu jubiles. C’est exceptionnel." Comme le fut le public de Besiktas ce jeudi soir.

S.R