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OL-Besiktas: pourquoi ces débordements étaient prévisibles

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L’avant-match de Lyon-Besiktas (2-1), ce jeudi, a été émaillé par de graves incidents entre supporters des deux clubs. Une conséquence de la mauvaise gestion de la billetterie et de l’organisation autour de cette rencontre. Autopsie d’un fiasco.

Des défaillances dans le système de billetterie

La billetterie pour cette rencontre a été ouverte le 17 mars. Il n’a fallu que quelques heures à la communauté turque pour se mobiliser sur les réseaux sociaux et acheter des billets, en plus des 2 800 réservés pour le parcage des visiteurs. Concrètement, les abonnés du Parc OL pouvaient acheter, en plus de la leur, une place à un tarif préférentiel dans les volées basse et intermédiaire. En même temps, l’OL a ouvert au grand public la vente des places de l’anneau supérieur, chaque personne pouvant en acheter six. Une aubaine pour les supporters turcs habitants en France, qui ont fait une razzia sur ces places, ce qui a déclenché la colère des fans lyonnais.

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L’OL rectifie le tir, mais trop tard

Face à la grogne de ses supporters, l’OL a été contraint de revoir un peu sa politique de billetterie pour cette rencontre. Du 24 au 30 mars, les abonnés pouvaient acheter jusqu’à cinq places dans les volées basse et intermédiaire. Mais pas dans le niveau supérieur, sur lequel les supporters turcs ont fait main-basse. Pour se défendre, l’OL a rappelé qu’il avait « interdit les achats de places depuis l’étranger » mais qu’il n’avait pas le droit « de refuser la vente aux personnes résidant en France, sauf décision des pouvoirs publics, ce qui n’était pas le cas ». « Rien n’empêchait nos abonnés de faire pareil au volet supérieur », s’était défendu Xavier Pierrot, le manager du stade, dans les colonnes du Progrès, tout en admettant « une incompréhension et une erreur de communication ». Jean-Michel Aulas avait lui assuré, sur Twitter, que la billetterie pour ce match était « sous contrôle ».

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Les pouvoirs publics pas assez stricts

Chaque semaine, en Ligue 1, des déplacements de supporters sont interdits par les autorités. Ce week-end, par exemple, il n’y aura aucun supporter stéphanois à Marseille. Pour ce match qui sentait la poudre entre l’OL et le Besiktas, aucune décision de ce genre n’a été prononcée. Henri-Michel Comet, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et préfet du Rhône, à juste pris un arrêté interdisant « l’accès au stade à tout individu exhibant ou étant porteur des maillots, écharpes, drapeaux, étendards ou banderoles autres que ceux qui porteront les couleurs de la France, de la Turquie ou d’un des deux clubs ». Insuffisant pour un match classé à « très hauts risques ».

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Des dysfonctionnements pour un match classé à « très hauts risques »

Sur une échelle allant de 1 à 4, ce match atteignait la note maximale, soit un niveau plus élevé encore que durant l’Euro 2016. Dans les faits, 1 500 stadiers étaient déployés et six compagnies de CRS étaient présentes, contre deux en temps normal. Des membres de la Section d'intervention rapide (SIR) étaient aussi là, en civils au milieu des supporters, prêts à intervenir. Pourtant, des dysfonctionnements sont à pointer.

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D’abord, les projectiles lancés par les supporters turcs avant le début de la rencontre démontrent que les fouilles à l’entrée du stade n’ont pas été assez poussées, contrairement par exemple à ce qui avait été le cas lors de Roma-OL au tour précédent. Dans les faits, les fraudeurs contournent les contrôles de sécurité en introduisant, par exemple, les fumigènes dans leur anus. Pour qu’elle soit efficace, une fouille nécessite environ quatre minutes par individu. Impossible à mettre en place sur 60 000 personnes. La disposition du Parc OL est également à revoir, comme l’explique un bon connaisseur des milieux de supporters à l’AFP : « Il n'y a pas de file ou d'espace de sécurité, de rangées de sièges vides, et ils sont au-dessus des supporters lyonnais ».

Alexandre Alain Rédacteur