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D1 féminine: moins de 100.000 euros de la FFF pour les clubs amateurs

Les trois clubs amateurs de la D1 féminine ne sont pas satisfaits de la compensation accordée par la FFF, en réaction à la dotation de six millions d'euros que la LFP répartit entre ses clubs professionnels. Une réunion de conciliation doit avoir lieu avec Noël Le Graët.

Comme annoncé par RMC Sport le 1er juillet, la Fédération française de football va bien octroyer une dotation exceptionnelle aux trois clubs amateurs de la D1 Arkema: l’ASJ Soyaux, le FC Fleury et le FF Issy. Cette compensation, par rapport à la subvention de la Ligue accordée à ses clubs professionnels, est toutefois jugée insuffisante et fera l'objet d'une nouvelle réunion de conciliation. 

À l'origine, le Collège de Ligue 1 octroyait le 21 mai une dotation de six millions d’euros à l’Association pour le football professionnel féminin présidée par Laurent Nicollin. Une subvention issue des nouveaux droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2, destinée en priorité aux clubs professionnels de l’élite. Après plusieurs semaines de réunion et de négociations, la Fédération française de football a réagi. 

33.000 euros pour chaque club amateur

Mais la réaction n’est sûrement pas à la hauteur des attentes des clubs amateurs. Ils recevront, selon nos informations, la somme de 33.000 euros chacun en compensation de l’absence de subvention de la LFP (chaque club professionnel va toucher 508.000 euros dans ce cadre).

On est donc bien loin des 175.000 euros plafonds évoqués lors des négociations. Résultat: l’inégalité financière pressentie est donc bien confirmée. Sous l’impulsion de Pascal Bovis, président du FC Fleury 91, ils réclament "l’équité, et une vraie réflexion autour de la D1 féminine. On est déterminé par principe, par respect du football et du monde amateur. On montre là qu’il y a deux mondes amateur et professionnel, et que l’on n’est pas uni. Il faut un Mbappé pour avoir pleins de licenciés, mais il faut aussi pleins de licenciés pour avoir un Mbappé".

Une rencontre Bovis-Le Graët

À la suite de ses premières réactions, lorsque la dotation de six millions d’euros a été validée par le Collège de Ligue 1, le président du FC Fleury a regroupé l’ensemble des clubs amateurs féminins de D1 et de D2. L’initiative est également appuyée par l’Unecatef (syndicat des entraîneurs). Une colère qui a débouché sur une rencontre avec Noël Le Graët, le président de la Fédération, programmée ce jeudi. 

"On ne comprend pas que la subvention ne passe par la FFF, puisqu'elle gère cette division, reprend-il. Il n’y a pas à avoir de subvention de la LFP, aucun club n’ayant le statut pro dans le football féminin. Compte tenu que l’équité sportive exige que chaque club soit traité de la même manière, compte tenu que la FFF dispose d’une mission de service public déléguée par l’État et, qu’à ce titre, elle se doit d’appliquer la loi française dans toute sa rigueur et notamment l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, nous contestons le mode de répartition de l’aide au financement des féminines effectué au nom de la LFP par l’association pour le football professionnel. Nous demandons donc que l’aide au financement des féminines qui provient de la LFP soit versée à la FFF, charge à cette dernière de la répartir équitablement entre tous les clubs de D1 et D2".

Le président du club francilien attend de la Fédération qu’elle "soit aussi forte sur ce sujet que lorsque Noël le Graët a été fort pour faire obstacle à l’élargissement de la Ligue 1 à 22 clubs". Si la conciliation n’aboutit pas, ce groupement de clubs n’écarte pas l’idée d’un recours contentieux.

Anthony Rech