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Fifa: Blatter-Platini, d’amis à ennemis

Sepp Blatter et Michel Platini

Sepp Blatter et Michel Platini - AFP

Après avoir travaillé main dans la main, Sepp Blatter et Michel Platini ont pris des chemins divergents jusqu’à se détester. Si le second visait le siège de président de la Fifa, le premier a toutes les armes pour l’entraîner dans sa chute.

Ils ont travaillé main dans la main

Sepp Blatter, qui se présente à la présidence de la Fifa pour la première fois en 1998, se sert de Platini comme « garantie sportive » de son programme et le nomme comme son conseiller spécial, une fois élu. L’ancien n°1 de l’équipe de France travaille étroitement pour son président de janvier 1999 à juin 2002. C’est au titre de ce travail réalisé pendant cette période, et qui n’aurait pas été rémunéré à l’époque, que Sepp Blatter a versé 2 millions de francs suisses (1,82 million d’euros) à Michel Platini en 2011.

Au service de Blatter, Platini aurait notamment travaillé sur la proposition de ce dernier d'une Coupe du monde tous les deux ans en imaginant un nouveau calendrier des compétitions. Il s’est aussi penché sur les lois du jeu ou des questions techniques. Platini est ensuite entré au comité exécutif de la Fifa en 2002 avant d’être élu président de l’UEFA en 2007, poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Platini a pris ses distances

Michel Platini, qui avait pris ses distances avec son ancien mentor, lui tourne définitivement le dos en mai 2015 quand l’affaire de corruption à la Fifa éclate avec l’inculpation de 15 personnes dont 9 hauts responsables de l’instance. Alors que le Suisse brigue un cinquième mandat, Michel Platini l’appelle à démissionner de son poste et apporte publiquement son soutien au Prince Ali Ben Al-Hussein, qui se retire finalement de l’élection avant le deuxième tour des votes.

La guerre est déclarée

Trois jours après son élection, Sepp Blatter annonce sa démission. S’il ne postulait pas à la présidence quelques jours plus tôt, Michel Platini devient alors le candidat idéal pour beaucoup de suiveurs et notamment en France. Le Français « tue le père » en officialisant sa candidature fin juillet, n’hésitant pas à partir en concurrence avec le Prince Ali, qu’il soutenait deux mois plus tôt. « Les événements récents obligent l’institution suprême qui régit le football mondial à se réformer et à repenser sa gouvernance », glisse-t-il en guise de tacle à Blatter. Accablé de toutes parts, ce dernier semble pourtant avoir les armes pour entraîner le Français dans sa chute. Les accusations de la justice suisse sur le versement de près de deux millions d’euros de Blatter à Platini, est un premier gros coup porté à la candidature du Français.