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Fifa : Blatter réplique aux Américains et à Platini

Sepp Blatter, le président de la Fifa

Sepp Blatter, le président de la Fifa - -

Dans un entretien accordé à la chaîne suisse RTS après sa réélection à la tête de la Fifa, Sepp Blatter a répondu à la justice américaine, qui a fait procéder à sept arrestations à Zürich mercredi, et à Michel Platini, qui a demandé sa démission.

Juste après sa réélection à la présidence de la Fifa ce vendredi soir, Sepp Blatter a haussé le ton contre la justice américaine et Michel Platini dans un entretien accordé à la chaîne suisse RTS. L’occasion de se montrer beaucoup plus incisif que ces derniers jours, quand son cinquième mandat était en jeu et qu’il ne pouvait pas se permettre de répondre aussi sèchement aux accusations. Sepp Blatter est bel et bien encore le patron, au point d’insinuer que les Américains et Michel Platini ont pu agir de concert ou encore de sous-entendre que son adversaire, le Prince Ali, était soutenu par les Etats-Unis… D'après le site de la RTS, le Suisse a même prononcé le mot "lamentable" à propos de la demande de démission exprimée par Michel Platini. Mais ce passage n'est pas repris dans les vidéos mises en ligne. Extraits.

Une double attaque contre lui... peut-être coordonnée 

« On ne m’enlèvera pas l’idée que c’est une simple coïncidence (sic), cette attaque américaine deux jours avant l’élection à la Fifa et ensuite, la réaction de l’UEFA ou de M. Platini. Je n’ai pas la certitude, mais ça ne sent pas bien (sic). Ça me touchait. Et ça touche la Fifa. On a essayé de me dénigrer et de me dire : ‘‘Pars maintenant, pars’’. On dit qu’on va boycotter le congrès, renvoyer le congrès. Mais on est où, là ? »

Une vengeance anglo-saxonne

« Il y a des signes qui ne trompent pas. Les Américains étaient candidats à la Coupe du monde 2022 et ils ont perdu. Les Anglais étaient candidats à la Coupe du monde 2018 et ils ont perdu. C’est justement avec les médias anglais et le mouvement américain qui est venu… Avec tout le respect pour le système judiciaire américain, la nouvelle ministre américaine, si les Américains ont des délits de droit commun qui concernent leurs citoyens, qu’ils les arrêtent là-bas. Et non pas à Zürich. Il y a quelque chose qui ne va pas. (Il fait le geste de sentir)

(…) Je ne dis pas que les Américains avaient la volonté de me tuer moi, mais de déranger un peu le congrès. Et il ne faut pas oublier que les Etats-Unis sont le sponsor numéro un du royaume hachémite (la Jordanie, ndlr), donc de mon adversaire (le Prince Ali). »

Les relations avec Platini et l’UEFA

« Au bout d’un moment, il ne voulait pas que je sois le président. Cette affaire de corruption, c’est entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Et puis on l’amène à Zürich et on dit que c’est la Fifa. Non, non, non… (…) Je pardonne à tout le monde mais je n'oublie pas. Nous ne pouvons pas vivre sans l’UEFA. Et l’UEFA ne peut pas vivre sans la Fifa. (...)

« C’est une haine, venue non pas seulement d'une personne à l'UEFA, mais d'une organisation, l'UEFA, qui n'a pas compris qu'en (1998) je suis devenu président. » (...)

L’UEFA, la confédération la plus importante du monde, n’a pas une commission éthique indépendante. Ils disent qu’ils n’en ont pas besoin. Les autres devraient en avoir une alors qu’ils n’en ont pas ? »

Le manque de respect des Américains pour la Fifa

« Ça me choque. Je n'oserais jamais, en tant que président de la Fifa, faire des déclarations sur une autre organisation sans avoir la certitude sur ce qui s'y passe (...) On aurait pu demander à la Fifa ce qu'elle faisait. C’est une institution, ce n’est quand même pas une épicerie. »

Sa part de responsabilité

« Comme président de la Fifa, je suis responsable de la bonne marche des affaires de la Fifa. Mais je ne peux pas être responsable moralement de l’attitude et de l’action des membres du comité exécutif. Ils ne sont pas choisis par moi. Ils ne sont même pas choisis par le même congrès qui m’élit moi. »

Sa volonté de ne pas démissionner

« Pourquoi je démissionnerais ? Démissionner, c’est accepter, dire que je suis fautif de tout ce qui arrive. Moi, je lutte depuis 2011 avec nos différentes commissions contre toute corruption. Si vous regardez la composition du comité exécutif du 2 décembre 2010, plus de la moitié n’est plus là. Pourquoi ? Parce qu’on a fait le vide. »