RMC Sport

"Il y a un risque que Lucas Hernandez aille en prison", Hermel explique la procédure de la justice espagnole

En raison du non-respect d'une mesure d'éloignement dans une affaire de violences conjugales mutuelles, Lucas Hernandez se trouve sous le coup d'une ordonnance d'incarcération en Espagne. Frédéric Hermel, spécialiste du football espagnol sur RMC, explique pourquoi la justice a pris cette décision à l'égard du champion du monde français.

La justice espagnole a ordonné mercredi l'incarcération du défenseur international français Lucas Hernandez pour ne pas avoir respecté une mesure d'éloignement imposée après une rixe avec sa compagne. Le champion du monde 2018, sous contrat au Bayern Munich, doit se présenter le 19 octobre devant un tribunal de Madrid afin que l'ordonnance d'incarcération lui soit notifiée. Il aura après cette audience dix jours pour entrer en prison.

La première condamnation de Lucas Hernandez dans cette affaire remonte à février 2017. Le défenseur, tout comme sa compagne, s'était vu infliger 31 jours de travaux d'intérêt général et une mesure d'éloignement et d'interdiction d'entrer en contact durant six mois pour des violences conjugales mutuelles. À peine quatre mois plus tard, le joueur et sa compagne avaient été interpellés à l'aéroport de Madrid-Barajas alors qu'ils revenaient de vacances.

Trois cas de figure

"Oui, il y a un risque que Lucas Hernandez aille en prison", observe Frédéric Hermel, spécialiste du football espagnol sur RMC. "Il y a trois cas de figure possible désormais. Soit qu'il fasse vraiment ses six mois de prison, ce qui ne paraît pas vraiment probable, soit qu'il soit emprisonné quelques jours et que la justice accepte ensuite le recours des avocats, soit qu'il se présente le 19 octobre et qu'un juge décide de le laisser en liberté", analyse l'éditorialiste.

Selon le tribunal, l'ancien défenseur de l'Atlético de Madrid a d'ores et déjà fait appel de l'ordonnance d'incarcération. Par ailleurs, la pratique judiciaire en Espagne fait que les peines de prison inférieures à deux ans ne sont généralement pas appliquées (sauf récidive).

Des "exemples" avec les personnalités

Il s'avère cependant que la justice espagnole est "très sévère" avec les personnalités publiques, explique Frédéric Hermel. "Il y a la volonté de faire un exemple, estime-t-il. On l'a vu avec les condamnations fiscales de Cristiano Ronaldo et de Lionel Messi". Aussi, notamment depuis le mouvement #MeToo contre les violences sexistes et sexuelles, "les violences intrafamiliales sont prises très au sérieux en Espagne".

Enfin, si la situation est aussi délicate pour Lucas Hernandez, c'est aussi en raison de son attitude face à la justice. "Le problème depuis le départ, c'est qu'on a l'impression qu'il n'a pas pris les choses au sérieux", conclut Frédéric Hermel.

JA