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Les gardiens, le Fox Engine, la défense, les licences : les tops et flops de PES 2017

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Après une édition 2016 globalement approuvée par la critique, PES revient cette saison avec une mouture 2017 pleine de promesses. Suffisant pour conforter son rôle d’outsider et sa grosse marge de progression. Moins, en revanche, pour aller chercher le ténor de la discipline, FIFA.

LES TOPS

Un jeu enfin… à jour

C’était la promesse d’Adam Bhatti, le Global Product et Brand Manager de PES. Et elle a été tenue. Le jour de sa sortie et après une petite mise à jour bien sentie, les transferts effectués durant le dernier mercato d’été étaient bien effectués ! Une agréable surprise (les mauvaises langues diront que c’est normal) compte-tenu des déboires passés de PES dans ce domaine lors de ses précédentes versions. C’est avec plaisir que l’on a donc trouvé Paul Pogba à Manchester United, Gonzalo Higuain à la Juventus de Turin ou encore Hatem Ben Arfa au PSG. Un détail peut-être pour certains mais un gros ouf de soulagement pour les fans inconditionnels de la série. De quoi aussi compenser la perte (on y reviendra plus bas) de certaines licences.

Des gardiens de classe internationale

C’est l’autre bonne nouvelle apportée par cet opus 2017. Les gardiens passoires, tous contaminés par le virus du bras court sur les frappes enroulées (si, si, vous voyez très bien ce que l’on veut dire), ont laissé place à des portiers plus toniques sur leurs appuis, intelligents dans leurs anticipations et à la main beaucoup plus ferme, au point de moins relâcher le cuir dans la course d’un deuxième attaquant venu apporter le surnombre (ah, ce classique devant le but de PES). Pour marquer, il va falloir avoir le geste juste et lucide pour espérer tromper le portier. Et ça, ça nous change carrément des frappes abusives et toujours chirurgicales de la version précédente.

La nouvelle présentation de l'update des joueurs en ligne
La nouvelle présentation de l'update des joueurs en ligne © -

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Tout est une question de contrôle

C’était l’une des priorités des équipes de développement : offrir plus de sensations et de possibilités au joueur. Un double pari réussi puisque ce PES 2017 met clairement l’accent sur la construction du jeu et la technicité des joueurs. Maitriser les contrôles orientés n’est plus un…plus désormais mais un impératif pour espérer se dégager du pressing adverse. Il faudra aussi la jouer fin sur le plan tactique. A ce titre, les styles de jeu proposés en cours de match (tiki-taka ou défense façon Atlético Madrid) apportent un vrai plus. Doublés du retour du réglage des dispositions offensives et défensives de l’équipe, ces données constituent un véritable arsenal pour le joueur, qui peut alors se créer une vraie stratégie de jeu en cours de match. Et vu le renforcement global de la défense, c’est tout sauf un luxe.

Un rideau de fer en défense

Les gardiens, c’est bien. Mais si la défense peut suivre devant eux, c’est encore mieux. Il suffisait de voir les scores fleuves de l’édition précédente pour comprendre ce que devait travailler en priorité les studios de Konami en termes de jouabilité. La défense est véritablement renforcée dans PES 2017, avec une rugosité, un sens du placement et de l’anticipation poussée à l’extrême. Partir tout seul en solo est quasi impossible ou alors réclamera un niveau de dextérité très, très poussé de votre part (beaucoup plus que l’an passé). Comme lors des deux dernières versions, ce nouveau PES prône la patience, la construction et les attaques bien senties. Une philosophie rendue encore plus obligatoire par le comportement des joueurs en globalité et des milieux défensifs en particulier, ces derniers se montrant particulièrement tenaces et hargneux dans la récupération du ballon. Du coup, le rythme des matches a baissé, leur dénouement est devenu plus incertain et ça, pour le coup, crédibilise vraiment la volonté de Konami de proposer un jeu moins arcade.

Il faudra vraiment soigner les premières relances et bien ressortir le ballon derrière pour espérer entrevoir la surface adverse
Il faudra vraiment soigner les premières relances et bien ressortir le ballon derrière pour espérer entrevoir la surface adverse © -

Un moteur beaucoup mieux exploité

Si FIFA 17 a fait très fort avec l’arrivée du Frostbite, PES 2017 n’est pas en reste, loin de là, avec son Fox Engine. Certes et c’est ce qui déterminera aussi la marge de progression de la licence sur cette génération de consoles, le moteur made in Konami affiche encore quelques loupés en termes d’animation (on y reviendra aussi). Mais les équipes de PES le maitrisent mieux, graphiquement du moins et le rendu à l’écran est saisissant. Bien évidemment, les clubs sous-licence ont bénéficié d’un polish tout particulier, au détriment d’autres formations. Logique. Mais les cinématiques sont de très grande qualité, à l’image de l’entrée des joueurs du Barça dans le célèbre Camp Nou… Absolument bluffant de réalisme.

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Un PES très, très esthétique

C’est la première chose qui saute aux yeux une fois le jeu lancé, l’introduction 100 % à l’honneur du FC Barcelone passée et les derniers temps de chargement écoulés. Oui, on a droit à un vrai menu de navigation 100 % foot dans PES 2017, avec tout plein (mais alors tout plein) de visages de joueurs et de photos réelles d’équipes. Un effort appréciable, qui rend la découverte des différents tableaux beaucoup plus agréable. Et quitte à changer la forme, autant le faire pour tout (ou presque) : la notation des joueurs en ligne a changé, le système de flèches laissant place à une notation par lettres. Le code couleur désignant la forme des joueurs a aussi changé : désormais le bleu est le signe d’une forme éclatante alors que le rouge signifie que votre joueur va démarrer le match rôti. Ou dans un mauvais jour.

LES FLOPS

Le Bayern… et des licences en moins !

La guerre des licences a fait rage cet été entre les deux géants du football virtuel et elle n’a pas souri au jeu de Konami. Cette dernière, qui ne dispose de toute façon pas de la licence FIFA (et donc de l’intégralité des équipes) mais qui avait bien compensé son retard en obtenant celle de l’UEFA et de ses compétitions (Ligue des champions, Ligue Europa, Supercoupe d’Europe), a signé trois jolis coups en signant des contrats exclusifs avec Liverpool, le Borussia Dortmund (dont les stades, Anfield et le Signal Iduna Park ne seront disponibles que dans le DLC de novembre) et le FC Barcelone, s’assurant une modélisation au poil des joueurs de ces clubs. Mais FIFA a répliqué, avec les signatures de la Juventus de Turin, de Manchester United et du… Bayern Munich. Un sale coup pour PES, qui avait fait du club bavarois, avec Mario Götze, le symbole de son renouveau amorcé il y a deux ans avec PES 2015. Si la page « North London » pour Arsenal est enfin tournée, d’autres clubs ont perdu leurs licences dans PES 2017, comme le FC Porto. Et si on vous dit que la Liga dans sa quasi-totalité (sauf le Barça donc et l’Atlético Madrid) est également absente cette année sur PES, le coup de grâce n’est pas loin. Heureusement que les patches (plus faciles à installer) existent pour faire passer la pilule.

Un contenu qui ronronne

On l’a dit plus haut : l’interface de PES 2017 est attrayante et donne envie de se promener dans ses différents menus. L’ennui, c’est que si le contenant a changé, le contenu, lui, est toujours le même. On retrouve ce qui a fait la force (on peut même le dire, l’essence) de PES, à savoir la légendaire Ligue des Masters, mais aussi les modes Vers une Légende, My Club (la réplique de Konami au mode FUT du concurrent), Ligue, Coupes, ainsi que les Divisions et les Compétitions en ligne. Bref, du classique, même si cette année, les amoureux des championnats sud-américains seront certainement heureux d’accueillir les ligues brésiliennes, argentines et chiliennes. Et par conséquent un gros bémol à l’heure des comptes, quand son rival historique offre une nouvelle expérience de jeu avec le mode The Journey.

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Des joueurs, des visages, de la couleur: c'est un grand oui pour l'interface de PES 2017 !
Des joueurs, des visages, de la couleur: c'est un grand oui pour l'interface de PES 2017 ! © -

Des animations encore parasites

Oui le Fox Engine a encore fait des merveilles cette année et supporte la comparaison avec celui de FIFA. Mais en termes d’animations, cela est tout de suite moins vrai. On apprécie l’effort des développeurs, qui ont retravaillé certains gestes, notamment leur fluidité. Sauf que le résultat à l’écran n’est pas toujours convaincant. On pense notamment à ces satanées animations sur les collisions entre joueurs, où ces derniers titubent (beaucoup trop longtemps) sur plusieurs mètres, sans pouvoir attaquer de nouveau leur ballon. Forcément rageant.

Un arbitre lunatique

Cela était déjà le cas l’année dernière. Et ce n’est donc pas une bonne nouvelle : le monsieur en noir (ou jaune) qui court partout après le porteur du ballon (donc vous) n’a pas le sifflet facile. Notamment sur ces satanées fautes dans la surface de réparation – vous savez, les bons vieux taquets au moment de frapper – qu’il sifflera très, très aléatoirement. Un constat également éprouvé sur certains attentats commis aux quatre coins du terrain. Vous l’aurez compris : il faudra (souvent) prendre sur vous pour ne pas faire voler votre manette sur un de vos murs.

PES 2017 perd la Juve, le Real ou encore le Bayern mais ravira les joueurs sud-américains avec le championnat argentin notamment
PES 2017 perd la Juve, le Real ou encore le Bayern mais ravira les joueurs sud-américains avec le championnat argentin notamment © -

Gare aux centres

Il faudra attendre de voir, comme la tenue des serveurs online, d’une fluidité sympathique parfois et en souffrance (oui déjà hélas) à d’autres moments, sur le long terme. Mais les centres pourraient bien être une phase de jeu abusive de PES 2017. Ces derniers sont beaucoup trop téléguidés et trouvent trop souvent la tête du joueur recherché et ce même dans une forêt de défenseurs.

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Argh… les commentaires

Puisqu’en face, le duo de commentateurs a évolué (Pierre Ménès remplaçant Franck Sauzée), il aurait été de bon ton de changer également la paire sévissant lors des matches de PES. Car ni Grégoire Margotton ni Darren Tulett ne sont à la hauteur de ce PES 2017 et de ses promesses de jeu. Des phrases inadaptées ou mal calibrées par rapport à l’action, des blagues lourdes et pas drôles… leurs commentaires sont rapidement pénibles. On ne vous jettera donc pas la pierre si vous leur préférez un duo… étranger.

LA NOTE : 16/20

En définitive, ce PES 2017 est un bon cru, le meilleur de la licence sur consoles nouvelle génération (PS4 et Xbox One). Il confirme tout de même les progrès de la firme japonaise avec l’utilisation du Fox Engine, du moins sur un plan visuel. En revanche, son manque de renouvellement dans son contenu, ses animations qui commencent sérieusement à dater et ses licences manquantes le relèguent une fois de plus au rang d'outsider de FIFA. Un très bon outsider. Mais un outsider quand même.

Alix Dulac