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La "crise" au Real, Benzema, l’OM… Les vérités de Zidane (exclu RMC Sport)

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Zinedine Zidane a ouvert les portes du centre d'entraînement du Real Madrid à Christophe Dugarry, pour un Team Duga exceptionnel ce jeudi. Totalement détendu, Zizou, dont les interviews en tant qu'entraîneur madrilène se comptent sur les doigts d'une main, s'est longuement confié à son ami Duga.

Merci de nous ouvrir tes portes à Madrid…

Cette interview elle est exceptionnelle parce que je ne donne pas d’interview. Je le fais en grande partie pour toi. Après, il y a toutes les conférences de presse qui sont obligatoires, et en dehors de ça je me consacre à ce que je dois faire sur le terrain avec mes joueurs.

Je suis surpris de te voir aussi serein dans ce rôle d’entraîneur…

J’essaye d’être moi-même. Je prends beaucoup de plaisir dans ma nouvelle fonction, qui n’est pas évidente tous les jours. J’ai envie d’apprendre et de progresser. J’apprends tous les jours au contact de tous ces grands joueurs. Ce qui m’aide aussi, c’est que je connais bien l’environnement, je sais comment fonctionne ce club, avec toute l’expérience accumulée depuis que j’ai arrêté en 2006 jusqu’à aujourd’hui. Il s’est passé 10 ans, et j’ai touché à tout.

Est-ce que tu es d’accord avec moi pour dire que finalement, ce rôle d’entraîneur est celui qui te correspond le mieux ?

Toi tu connaissais l’homme que j’étais quand on était tous les deux, et l’homme public. J’étais plus réservé, tu le sais, et aujourd’hui je le suis moins. C’est l’expérience, on apprend des choses. Et j’ai évolué aussi. On évolue tous dans la vie, je suis plus serein parce qu’il m’est arrivé plein de choses. Ça t’a étonné que je sois entraîneur, être avec des mecs, parler…

Quelle est ta journée type en tant qu’entraîneur du Real ?

J’arrive tôt le matin, je suis là à 8h30. Le truc c’est que moi j’aime bien préparer le matin-même. J’attends la dernière minute. Les joueurs arrivent trois-quarts avant, et moi je veux avoir les sensations des joueurs, c’est important aussi, et on s’adapte si besoin. J’aime aussi être avec mon staff et parler de plein de choses. La vidéo, l’adversaire… Comme tu joues tous les trois jours, tu ne fais que ça, tu étudies tes adversaires. Après ça ne m’intéresse pas de rester trois-quarts d’heure sur l’adversaire quand je parle à mes joueur. Moi je dois prendre toutes les informations, et je dis à mes joueurs les deux-trois choses très importantes à savoir, et c’est ce que nous on va faire ensemble pour mettre en difficulté l’adversaire qui m’intéresse. Ensuite on regarde l’entraînement qu’on a filmé avec mon staff. On regarde si notre objectif a été atteint. Aujourd’hui c’était avec les jeunes, je n’avais que quatre joueurs pro et les deux gardiens. L’objectif, c’était qu’il y ait de la distance, des courses. Souvent quand tu n’es pas nombreux, tu ne fais que des petits jeux, mais les matches c’est pas ça, c’est des courses, c’est de la distance, et ça il faut le travailler.

On t’a vu rester jusqu’à la fin de l’entraînement et travailler le jeu au pied du troisième gardien.

Moi c’est ça que j’aime. Je me régale. Les jours du match, il y a juste de la tension… Mais ce qui est très intéressant pour moi, c’est la semaine. Et trouver comment travailler avec les joueurs pour les faire progresser. C’est dur de faire que Marcelo s’améliore sur le papier. Techniquement, je ne vais rien lui apprendre. Mais finalement, sur un travail tactique, sur le resserrement d’un bloc équipe par exemple, il y a plein de choses à tous les niveaux. Par exemple aujourd’hui, j’ai pris le troisième gardien. Je veux qu’on reparte toujours de derrière avec le gardien, donc au pied il faut qu’il fasse des progrès. Aujourd’hui je vais rentrer un peu plus tôt, parce que c’est la trêve, mais d’habitude je rentre à 19h-20h. Les trois premières semaines j’arrivais à 8h et je partais à 23h.

Qu’est-ce qui t’a donné le déclic pour entraîner ?

Quand j’ai arrêté, je ne savais pas. Je me suis dit que j’allais rester au club. Le président m’a dit « prends ton temps, regarde et on verra, tu es chez toi ici ». C’est ce que j’ai fait. J’ai d’abord passé mes diplômes de manager et après avoir passé mes diplômes, je me suis dit non, parce que je voulais être sur le terrain, être avec les joueurs et dans le vestiaire. J’ai un groupe exceptionnel, j’ai des gens qui sont bien.

Comment gères-tu ce premier moment difficile, avec quatre matches nul d’affilée ?

Il n’y a rien de catastrophique mais ce n’est pas anodin. Quand il y a quelque chose qui ne tourne pas comme je veux, il faut chercher. Je ne pense pas que ce soit physique, même si on joue tous les trois jours. Nous c’est nos débuts de match qui font défaut actuellement. En tout cas sur les trois matches de Liga, sans compter celui contre Dortmund (2-2, ndlr), qui était pour moi un match exceptionnel. Le match reste très bon même si on ne gagne pas. J’étais très énervé, pour les joueurs, pas contre les joueurs, de prendre un but à la fin qu’on ne méritait pas. Mais par contre dans les trois autres matches, on rate notre première mi-temps. Contre Villarreal, on fait une deuxième mi-temps qui est top, mais la première est très mauvaise, et c’est ça qui me fait dire que ce n’est pas physique, vu qu’on termine les matches bien. Donc on cherche la solution. Je ne veux pas mettre ça sur le dos des blessures, même si on a eu trois-quatre joueurs importants blessés en même temps. Mais on va trouver. Et pour répondre à ta question sur le fait que c’est le moment le plus difficile, je te dis que ce n’est pas le plus difficile. Quand j’ai perdu contre l’Atlético à la maison quand je suis arrivé, c’était pire. « C’est quoi ce choix ? » « Qu’est-ce que machin… ? » Ça fait partie de la fonction et surtout ici à Madrid. Je sais où je suis, ça fait 15 ans que je suis là, je connais ce club. Je n’ai pas de souci avec ça. L’important pour moi c’est de trouver les solutions, et je vais les trouver.

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Pourquoi n’avoir pris personne pendant le mercato cet été ?

On a fait revenir Morata, Coentrao et Asensio. Morata qui peut doubler Karim (Benzema) et Asensio qui peut doubler avec Ronaldo. L’idée c’était de doubler les postes. Le seul qu’on n’ait pas doublé, c’est Casemiro. Marco Llorete, qui est très bon et qui jouera ici certainement, on l’a prêté pour qu’il ait du temps de jeu. Je ne voulais pas prendre des joueurs pour prendre des joueurs, ce serait absurde. Il y aurait peut-être pu y avoir quelqu’un mais il fallait que quelqu’un parte, et on ne l’a pas fait.

Es-tu inquiet par l’interdiction de recruter pour les deux prochains mercatos ?

On ne sait pas encore, on a fait appel, on verra. Ce qui est sûr ce que j’étais content de mon effectif cet été. L’an dernier, ce n’était pas le cas, je n’avais pas de joueurs à chaque poste. Les trois joueurs qui sont revenus, je les considère comme des recrues, et même de bonnes recrues. Morata il va nous faire du bien, Asensio il est jeune, il ne se pose pas de questions, il va toujours vers l’avant, il frappe, il met des buts, il est complet. Le seul truc, c’est que ça va être compliqué pour lui d’être toujours titulaire, mais comme j’aime parler avec les joueurs et leur dire les choses clairement, il n’y a pas de souci.

Tu es un entraîneur qui pratique beaucoup le turnover d’un match à l’autre…

On fait 60 matches par saison, voire un peu plus pour certains avec leur sélection. A l’époque, 63 matches, tu les faisais en deux ans. Pour moi un joueur ne peut pas faire 65 matches au même niveau. Mon groupe, c’est le plus important. Je parle avec mes joueurs d’abord, je leur explique ce que je vais faire : « Je n’ai pas inventé le football, je viens juste avec mes idées. Je vous explique ce que je veux faire pour gagner. Vous me suivez ? On y va ? » On parle, et c’est comme ça que je fais. Je veux avoir leur avis. Et après dans le travail, j’impose ce que je veux. Pour terminer avec ça parce que c’est très important : un joueur s’il ne joue pas, il ne peut pas être en forme. A l’époque, il y avait onze joueurs et quand quelque chose se passait, on trouvait un 12e, un 13e… Mais à l’époque, le 12e ne répondait pas toujours présent. Mais parce qu’il ne jouait jamais. C’est parce que ce n’est pas possible qu’un mec qui ne joue jamais soit aussi bon qu’un titulaire. Ma philosophie, c’est que le mec ait du temps de jeu, et donc il faut qu’il y ait de la rotation. Je ne veux pas dire qu’il faut tout le temps changer l’équipe, changer pour changer, mais si je veux quelqu’un de compétitif, il faut qu’il joue de temps en temps, qu’il soit concerné, qu’il se dise qu’il ait la possibilité de jouer le prochain match. Sinon tu les perds et ça te tue la dynamique de ton entraînement.

Tes prédécesseurs ne sortaient jamais Ronaldo par exemple, et on a pu voir qu’il n’avait pas apprécié quand tu l’as sorti.

C’est bien qu’il soit énervé quand il sort. C’est normal. Lui ça se voit un peu plus que les autres, mais ce n’est pas grave. Moi je lui explique après, et c’est fini. Le match d’après il marque, on se tape la main, et il n’y a pas de problème. Ça montre que le mec est concerné, qu’il veut toujours apporter quelque chose à l’équipe et voilà, c’est bien.

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Quel est l’entraîneur qui t’a le plus inspiré ?

J’ai appris de tous, mais mais pas que des qualités de chacun. Carlo, son calme légendaire, qui donne beaucoup de confiance… Mourinho pour d’autres choses. Il y a plein de choses, mais moi j’apprenais aussi des défauts, et je notais des choses en me disant que ça ou ça, je ne le ferai surtout pas.

Es-tu inquiet que Ronaldo n’ait pas fait la préparation physique avec vous après l’Euro ?

C’est comme ça, on n’avait pas le choix. L’idée que j’avais soumise au président et aux joueurs, c’était qu’ils prennent le temps après l’Euro. D’expérience, je sais qu’après une compétition internationale, on a besoin de couper quoi qu’il arrive. Quand tu perds et quand tu gagnes. Moi après 1998, pendant six moi je n’ai pas mis un pied devant l’autre. J’ai cette expérience-là et en parlant avec les joueurs, ils me disent qu’ils ont besoin de souffler, donc on a fait ce choix-là.

Quelle est la forme actuelle de Karim Benzema ?

Il a été un peu tracassé par plusieurs pépins physiques mais là ça va mieux. C’est dommage parce que le dernier match qu’on a eu à la maison, il s’est fait mal tout de suite. Il a joué 25 minutes avec sa douleur, et c’est compliqué de jouer à ce niveau quand tu n’es pas au top. On a dix jours pour le remettre en selle et j’espère que ses soucis seront pliés.

Tu penses que ces problèmes avec l’équipe de France ont pu jouer sur son état physique ?

Ça peut expliquer les petites blessures. C’est possible. Je n’en ai pas parlé directement avec lui. Il a envie de retrouver cette équipe de France. Il aime jouer, il aime ce qu’il fait et c’est le plus important. Je ne dis rien de nouveau. Il est apte à jouer avec les Bleus, et il a envie.

Tu comprends qu’il en soit toujours écarté ?

Moi je ne rentre pas dans ce truc-là.

Est-ce que tu aurais aimé avoir Christophe Dugarry comme joueur sous tes ordres ?

Oui… Mais bon, en même temps… J’ai envie de dire que je lui aurais mis des baffes. Il avait tout pour être un très très grand joueur. Mais de temps en temps ce n’était pas très important pour lui. De temps en temps seulement, parce que quand il décidait que c’était important, il était bon.

Ancelotti a déclaré au sujet de Benzema qu’il ne voulait pas être le meilleur des meilleurs. Tu partages cet avis ?

Ce n’est pas un manque d’ambition. Ce n’est pas la même mentalité qu’un Ronaldo. Ce qui est intéressant avec Karim, c’est qu’il a quand même l’ambition d’être meilleur. Après les entraînements, il reste à travailler. Il demande à travailler certaines choses. Il aime ça, il veut progresser. Pour un entraîneur, c’est super important. Toi par exemple tu ne le faisais pas, c’est vrai ou pas ?

Et que penses-tu qu’il manque à Raphaël Varane ?

Il s’améliore de jour en jour, il est de plus en plus agressif. Mais pour moi, le plus intéressant, ce n’est pas ça. Moi je le sens fort dans ses duels, costaud. Ce sur quoi il doit s’améliorer, c’est ça prestance. Il faut qu’il parle plus, qu’il s’exprime plus, comme un patron. Il le sait, et il est en train de s’améliorer. Le reste, faire une erreur de temps en temps, c’est normal. Sur le dernier but qu’il nous coûte (en tentant une roulette), moi je l’encourage à faire la même chose. Moi je veux qu’il fasse. S’il fait une erreur et qu’on marque trois buts, je n’en ai rien à faire de son erreur. Jamais je ne vais accabler ou culpabiliser un joueur pour ça. Collectivement oui.

Personnellement, je suis impressionné de te voir aussi zen dans ta fonction. Je ne te connais pas comme ça.

En tant qu’homme public, j’ai toujours fait attention, j’ai toujours mesuré mes mots, quitte à en faire chier beaucoup. Après libre à chacun de penser ce qu’il veut, de dire que je ne suis pas un bon client. Il y a des gens que ça intéresse de parler tout le temps, de la ramener, moi je n’en ai rien à faire. Je ne critique pas, moi je n’ai pas besoin de parler. Moi j’ai juste besoin d’être avec les miens, et ce sera tout le temps comme ça. Tu le sais très bien que je suis à l’aise dans cet interview parce que je suis avec toi, et on ne va pas me changer.

Est-ce que tu as la pression ? On a presque l’impression que non…

Je l’ai la pression. Mais pourquoi ça ne se voit pas ? C’est parce que je connais bien cet environnement. J’ai tout fait ici. Je connais tout le monde parfaitement, chacun dans son rôle. Ça m’aide beaucoup. Je sais ce que veut dire cette fonction à Madrid. Moi il faut que je gagne des matches. Et donc je prépare tout et je fais tout pour les gagner ces matches. Quand ça va un peu moins bien comme en ce moment, je vais trouver des solutions. Je sais que je vais trouver, parce que j’ai les meilleurs joueurs, j’ai des mecs concernés par ce qu’ils font. Et ça me va, ça m’enlève la pression. Si les mecs s’en tamponnent de ce qu’ils font, je pourrais m’inquiéter, mais là non, on veut tous progresser et moi le premier. Ils savent que je veux qu’on gagne et on va y arriver.

Tu n’as pas peur d’être viré dans le futur ?

Aucunement. Ça va arriver, dans six mois, et si ce n’est pas dans six mois, c’est dans un an… Ça arrivera quoi qu’il arrive donc je profite à fond de ce que je fais, c’est ça qui est bon. Tous les jours, de ma voiture jusqu’au vestiaire, je profite… Je contemple même les arbres qui sont là. Je me dis que j’ai une chance inouïe, et je me régale.

Tu te verrais entraîner les Bleus un jour ?

Aujourd’hui je suis là, je suis à Madrid, je profite. Je ne me projette jamais. Je ne sais pas ce que demain sera, et ce n’est pas grave. L’équipe de France aujourd’hui, elle est bien coachée.

Comment feras-tu pour rebondir après le Real, après avoir tout gagné avec l’un des meilleurs clubs du monde ? On voit mal ce que tu pourrais faire de plus…

C’est pour ça que je n’y pense pas ! (rires) T’as raison, tu fais quoi après ? Tu vas où ? C’est quoi le plan ? Tu ne peux pas faire mieux, c’est le top du top là. Donc je n’y pense pas.

As-tu été surpris du parcours de Didier Deschamps avec les Bleus pendant l’Euro ?

Non, il a fait du Didier. Il a essayé de tout mettre en œuvre pour que cette équipe aille loin. Ce n’est jamais bien de perdre une finale, mais je ne sais pas si on peut lui reprocher quoi que ce soit.

Tu ne trouves pas que les Bleus ont quand même eu un peu de mal collectivement ?

Il a manqué quelque chose. Quand tu ne gagnes pas une finale à ta portée… Je te rejoins quand tu dis qu’on a vu plus en avant les individualités que le collectif, qui a fonctionné par bribes de match. Les premiers matches ont été compliqués et on a vu l’équipe un peu meilleure par la suite. C’est dommage qu’il n’y ait pas le titre au bout.

Tu penses qu’il y a de la place pour gagner à nouveau la Ligue des champions ? Et n’est-ce pas difficile de remobiliser tes joueurs qui viennent de la gagner ?

Oui il y a la place, et non ce n’est pas difficile de mobiliser des joueurs qui veulent toujours gagner de toute façon. J’ai des joueurs qui ont tout gagné, qui veulent gagner, qui sont préparés à gagner. Il faut faire beaucoup d’effort pour gagner la Ligue des champions, et on a aussi le championnat comme objectif. Ça fait un petit moment qu’on ne l’a pas gagné. On travaille pour ça, il n’y a pas d’autre alternative à Madrid.

As-tu essayé de faire venir Paul Pogba au Real ?

Ça aurait pu, il y a eu des discussions, et ça ne s’est pas fait.

Considères-tu le PSG comme un grand rival pour la Ligue des champions ou le places-tu derrière le Bayern et le Barça par exemple ?

C’est logique qu’on les cite après le Bayern et le Barça, mais c’est une belle équipe qui fera forcément de belles choses en Ligue des champions à un moment, et elle fera partie des candidats au titre.

Que peux-tu nous dire de Jesé ? Si tu l’as laissé partir, ce que c’est pas un si grand joueur ?

Faux, archi-faux. C’est un joueur qui a beaucoup de talent. De l’avoir laissé partir, c’est pour qu’il ait du temps de jeu. Ça ne passe pas comme il faut pour lui pour l’instant, mais c’est un joueur talentueux. Il peut jouer partout, mais pour moi c’est un joueur très efficace sur le côté. Il peut jouer deuxième attaquant aussi. Son rôle premier c’est sur le côté. Il peut jouer à droite comme à gauche, il déborde facilement ses adversaires. C’est sûr et certain qu’il a besoin de beaucoup de confiance. Il a besoin qu’on lui montre qu’on l’aime et qu’on compte sur lui. Les joueurs un peu fantasques, un peu artistes, tu as besoin d’être derrière lui. Quand il était là, on était toujours derrière lui, il appréciait et il était présent quand il entrait en jeu. Je lui ai dit cette saison que je ne pouvais pas lui donner le temps de jeu qu’il espérait et il a trouvé cette solution de venir à Paris.

Tu penses que ton fils Enzo quittera le Real l’an prochain ?

Sans doute. Il ne veut rien précipiter. Il va se concentrer sur ce qu’il a à faire maintenant, après on verra. Mais l’an prochain il faudra faire un choix. Le Castilla, la deuxième division B ici, c’est une catégorie qu’il faut vite quitter. Tu ne peux pas faire trois ans dans cette catégorie, un an suffit. C’est un passage obligé mais ce n’est pas une division où tu peux progresser. L’année prochaine, s’ils ne montent pas, il faudra prendre une décision.

La rumeur t’a annoncée à Bordeaux avant de prendre les rênes du Real. Qu’en est-il vraiment ?

On a failli. Moi je n’avais pas demandé grand-chose, ça aurait pu se faire. J’avais vu Jean-Louis Triaud et il y avait possibilité d’y aller. Ça ne s’est pas fait, et c’est tant mieux quand on voit ce qu’il s’est passé avec le Real.

C’est impossible de te voir entraîner un jour à l’OM ?

Marseille, c’est quand même mythique. Tu sais comme moi que quand ça marche, c’est magnifique. Moi je suis marseillais, je ne suis pas objectif, mais on a tous envie de voir Marseille au plus haut. Je n’ai pas envie de te dire que c’est impossible.

Et entraîneur le PSG ?

Oui. Je suis à Madrid, je suis marseillais, c’est compliqué.

Duga, il est meilleur joueur ou animateur ?

Moi je le connais très bien, et je vais vous dire un truc. Il est bon dans tout ce qu’il fait. Il est très intelligent, mais il y a un truc… Le seul truc, c’est que de temps en temps, il la ramène trop. Il le dit lui-même. Par contre, dans tout ce qu’il fait il est bon. Je ne suis pas très objectif, mais je suis sûr que je ne suis pas le seul à le penser. Il est pertinent dans ce qu’il dit. Même si quelques fois je ne suis pas d’accord avec lui, mais ce n’est pas grave, d’autant qu’il explique son point de vue. Ceux qui cassent parce qu’ils sont à la radio sans argumenter, c’est ça qui rend fou. Moi je l’écoute à la radio, j’ai l’application et je l’écoute quand je peux.

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