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Liga: pendant ce temps, Emery a retrouvé le sourire à Villarreal

Alors que le PSG a officialisé ce mardi le départ de Thomas Tuchel, son prédécesseur sur le banc parisien, Unai Emery, réussit lui de très bons débuts à Villarreal. Avant son match contre le FC Séville (17h), le "sous-marin jaune" pointe au 4e rang de la Liga, avec une seule défaite au compteur.

Le football est parfois une histoire de courbes qui se croisent, puis se recroisent quelques saisons plus tard. Tandis que Thomas Tuchel, fraîchement remercié par le PSG, ne vit pas les heures les plus heureuses de sa carrière de technicien, son prédécesseur sur le banc parisien, Unai Emery, est lui sur un petit nuage à Villarreal.

Sous les ordres de l’entraîneur basque, le club espagnol en est à 19 matchs de suite sans défaite (avec certes beaucoup de nuls au passage), il s’est aisément qualifié pour les 16es de finale de la Ligue Europa, où il affrontera Salzbourg, et pointe au quatrième rang de la Liga, avant son déplacement sur le terrain du FC Séville, sixième, ce mardi après-midi (17h). Jamais un coach du "sous-marin jaune" n’avait fait aussi bien pour ses débuts.

Moins de pression, plus de temps

"Les statistiques sont bonnes pour analyser le présent, mais dans le football, il peut se passer beaucoup de choses en un mois, relativisait l’entraîneur de 49 ans mardi en conférence de presse. Dans mon dernier club, j'ai fait 22 matchs consécutifs sans défaite, mais ces séries ne me perturbent pas. Je sais qu’en un match, on peut tout perdre. Alors on y va match après match, en se disant que chaque rencontre est unique, on pense aux trois points et aux forces de l’adversaire. J'ai vécu de l'extérieur ce que c'est que de jouer contre Villarreal, les rivaux nous respectent."

Le respect, c’est peut-être ce que l’ancien milieu de terrain est venu chercher avec ce retour au pays. Parti de Paris au printemps 2018 sur un bilan très mitigé, et notamment marqué par la "remontada" du Barça, limogé d’Arsenal en novembre 2019 sans avoir réussi à incarner rapidement l’après-Wenger, Emery ne jouissait alors plus d’une cote énorme sur le marché des entraîneurs.

Il a donc fait le choix de rebondir dans un club de "second rang", du moins une formation où la pression est moindre, où il aurait plus de temps et de libertés pour développer son jeu, mettre en place ses idées. Après cinq mois de travail, cela semble fonctionner.

Un mélange d'expérience et de jeunesse, non sans exigence

Malgré un budget limité et un effectif bien moins riche que ceux du Real, de l’Atlético, du Barça ou même de Séville, Emery parvient pour le moment à rivaliser. Son équipe, avec la sixième meilleure attaque du championnat et la quatrième meilleure défense, est décrite par les observateurs espagnols comme équilibrée, difficile à bousculer. Seul Barcelone, lors de la 3e journée de Liga (victoire 4-0), y est parvenu. Mais depuis, Villarreal n’a jamais perdu.

Si Santi Cazorla, idole locale, est parti rejoindre Xavi au Qatar l’été dernier, le technicien a su construire un groupe solide en jonglant entre les jeunes prometteurs (Samu Chukwueze, Yeremi Pino, Pau Torres) et quelques valeurs sûres du foot espagnol (Raul Albiol, Mario Gaspar, Paco Alcacer). En attaque, Gerard Moreno (28 ans), déjà en feu à la reprise de la Liga en juin, a gardé le même rythme: avec 8 buts en 13 matchs, le voilà co-meilleur buteur du championnat en compagnie de Karim Benzema (Real) et Iago Aspas (Celta).

Emery a aussi fait quelques choix forts (et contestés), en laissant notamment la pépite japonaise Takefusa Kubo – prêtée par le Real Madrid – sur le banc lors des deux derniers matchs. "Ils ont tous eu leur chance, mais nous ne sommes pas ici pour offrir dix matchs de suite à un joueur sans rendement, taclait le coach il y a quelques jours au sujet de l’ailier. Si on donne du temps de jeu, le joueur doit faire en sorte d'en avoir plus. C'est valable aussi bien pour les jeunes que pour les autres. Il y a une exigence ici: gagner."

Objectif Ligue des champions?

En parlant de ça, Emery a également évoqué lundi le travail restant à accomplir pour enregistrer un peu moins de matchs nuls, et un peu plus de succès. "Nous avons contrôlé une grande partie des matchs, mais nous n'avons pas réussi à les tuer et les fermer, déplore-t-il. C'est notre exigence: le plafond est encore élevé. Nous devons en faire plus pour nous améliorer et grandir. Nous avons une équipe avec de l'expérience, ce qui aide au développement des jeunes, mais nous devons aller plus loin. Nous l'avons vu avec Yeremi qui a aidé l'équipe à se rapprocher de la victoire, c'est ce que nous recherchons. Nous sommes compétitifs, mais nous ne parvenons pas à finir les matchs sur une victoire. Nous savons que nous devons franchir cette étape."

Face à Séville, ancienne maison de l’entraîneur basque (2013-2016), et concurrent direct pour les places qualificatives à la Ligue des champions, Emery espère donc frapper un grand coup. "J'ai passé un long moment à Séville, j'y ai vécu des succès et des expériences professionnelles riches, mais maintenant je veux les vivre à Villarreal avec une nouvelle histoire, un nouveau chemin et de nouveaux rêves, prévient-il. Ce sera spécial de revenir à Sanchez-Pizjuan, mais les sentiments doivent être mis de côté."

CC