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Ajaccio-Lyon : l’OL poursuit sa chute

Vainqueur ce dimanche d’un Lyon toujours pas au mieux, grâce à un doublé de Mohamed Larbi (2-1), le Gazélec Ajaccio termine la phase aller à deux points de sa victime du jour. Un OL qui affiche une défense toujours apathique et qui pourrait changer d’entraîneur à la trêve.

LES TOPS

Mohamed Larbi ou l’éloge de la patience

Une carrière faite de hauts et de bas, avec des mauvais choix, l’obligation de prendre des petits boulots, un passage par plusieurs clubs amateurs, et enfin l’éclosion au plus haut niveau à 28 ans avec Ajaccio. L’histoire footballistique de Mohamed Larbi ferait un bon roman. Très à l’aise avec le club corse, où il avait débarqué en janvier 2014, le Tunisien est LA révélation du beau début de saison du Gazélec. Avec son doublé contre Lyon, Larbi atteint le total de six buts à la trêve. Tous inscrits à domicile. Accélérateur de jeu doté d’une belle technique, le meilleur buteur ajaccien – auquel un but au Vélodrome avait été refusé le week-end dernier pour un hors-jeu imaginaire – pourrait vite se retrouver dans le viseur de plus gros clubs. Ses performances le méritent.

Ajaccio, 24 points bien mérités pour passer l’hiver

Au soir de la 10e journée et d’une défaite à Saint-Etienne (2-0), le Gazélec affichait un bilan catastrophique : trois nuls, sept défaites, aucune victoire et trois petits points au compteur. Neuf matches plus tard, les Corses en comptent… 24 pour passer les fêtes. Deux de moins que l’OL, vice-champion en titre, et à sept longueurs seulement du podium ! Sur cette période, Ajaccio n’a pas perdu une seule fois en Ligue 1. Retrouvés, motivés, plus joueurs qu’on ne l’imaginait, les joueurs de Thierry Laurey ont pris conscience qu’ils avaient largement les armes pour s’en sortir dans ce championnat. Et ils le font comprendre sur le terrain. A ce rythme-là, le petit club à qui on promettait l’ascenseur direct va se maintenir en Ligue 1. Et vu le classement serré, qui sait jusqu’où le Gaz’ peut grimper ?

Grenier-Lopes, seules satisfactions de l’OL

De retour au jeu fin novembre, Clément Grenier a plutôt signé de belles sorties – même s’il y a de grosses nuances à apporter, notamment lors de son match à Paris – sur ce dernier mois. Belle technique, vision du jeu meilleure que la moyenne, l’international tricolore bonifie le jeu de ses partenaires et apporte des solutions. Son but de la tête (72e), le premier de sa saison, récompense tous ses efforts pour revenir et retrouver sa place. L’autre satisfaction lyonnaise ? Anthony Lopes. S’il n’a rien pu faire sur le doublé de Larbi, le portier lyonnais a signé quelques interventions décisives devant John Tshibumbu (11e, 44e) et Khalid Boutaïb (89e). Le seul point positif de la défense de l’OL.

LES FLOPS

Une défense lyonnaise larguée…

Deux actions, une avec un but au bout, l’autre sans, pour résumer et souligner les criantes carences de la défense lyonnaise. 32e minute : Maxime Gonalons rate son intervention devant Mohamed Larbi et Bakary Koné hésite trop longtemps entre suivre son joueur (Tshibumbu) et venir aider. Résultat ? Son tacle est trop en retard et l’Ajaccien marque. 44e minute : Jacques Zoua mange Mapou Yanga-Mbiwa à la course et rate son tir, qui se transforme en centre pour un Tshibumbu… abandonné par Koné qui a arrêté de courir ! On pourrait aussi citer la glissade de Gonalons sur le second but de Larbi (67e) ou la « passe » de Koné pour lancer Tshibumbu (qu’il rattrapera) seul vers le but (85e). Sans oublier l’apathie de Yanga-Mbiwa qui stoppe son effort et permet à Tshibumbu de surgir au premier poteau car il pensait que l’arbitre allait siffler une sortie de balle sur le centre de Zoua (10e). Problème récurrent de l’OL, la défense ne s’arrange pas au fil des mois. Au contraire, même. Que ce soit Hubert Fournier ou un autre, l’entraîneur lyonnais du début d’année connaît son chantier principal.

… et une attaque pas plus fringante

Si le manque de communication peut être avancé comme l’une des raisons des mauvaises performances défensives de l’OL, il touche également la ligne offensive. La preuve à la 24e minute sur une action où Maxime Cornet tente de contrôler le cuir pendant que Claudio Beauvue se jette pour mettre sa tête. Pour le reste, les attaquants lyonnais n’ont pas profité de l’absence des titulaires habituels pour se mettre en avant. Trop lent dans l’exécution de sa frappe, Cornet n’aura pas pu empêcher le tacle de Jérémie Bréchet sur un contre pourtant bien mené par l’OL (30e). Auteur d’un doublé contre Tours en Coupe de la Ligue cette semaine, Beauvue n’aura pas su surfer sur cette vague positive. Sur son action la plus dangereuse, son mauvais contrôle entraînera un tir trop mou détourné par Clément Maury puis dégagé par Kader Mangane (45e + 1). Il ne sera pas plus efficace sur un tir en pivot contré en seconde période (76e). Insuffisant.

Avec Rafael, la valse des blessés continue à l’OL

Nabil Fekir, Alexandre Lacazette, Mathieu Valbuena, Samuel Umtiti, Milan Bisevac, Christophe Jallet, Jérémy Morel, Lindsay Rose, Aldo Kalulu, Mathieu Gorgelin. Sans oublier un Gueida Fofana toujours en phase de reprise. La liste des blessés lyonnais avant le déplacement à Ajaccio faisait déjà froid dans le dos. Elle a un nouveau membre au retour de Corse : Rafael. Battu au saut sur le but de la tête refusé à Jérôme Le Moigne (11e), le Brésilien sortait du terrain trois minutes plus tard, touché aux adducteurs. Un blessé de plus et une question. Hasard ou coïncidence ? A force, on a envie de pencher vers la seconde solution. Ou tout du moins de s’interroger. Même si Hubert Fournier a encore défendu son staff médical face aux questions sur cette accumulation cette semaine en conférence de presse. Seule certitude, la trêve va faire du bien aux corps meurtris des Lyonnais. 

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Alexandre Herbinet