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Andy Delort: "Je regrette les années que j’ai gâchées"

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Revenu du Mexique pendant le mercato d’hiver, le nouvel attaquant de Toulouse a évoqué son parcours parfois difficile au micro de l’Equipe Enquête ce mardi. Sans filtre ni langue de bois.

6 mois, et puis c’est tout. L’expérience au Mexique aura été plus bien plus courte que prévue pour Andy Delort. Parti rejoindre le club d’André Pierre Gignac (dont il est proche), après un bras de fer féroce avec le Stade Malherbe de Caen, l’attaquant n’a finalement pas réussi à s’adapter à ce nouvel environnement. "Au Mexique, je ne jouais pas tout le temps. Le peu de fois où j’ai joué, j’ai marqué mais ça ne s’est pas bien passé non plus. […] Je pense que cela aurait vite tourné, mais je ne voulais pas que ça tourne, je voulais rentrer chez moi. Même si les Mexicains sont des personnes incroyables et qu’ils m’ont très, très bien accueilli. Ma famille et moi, on se sentait un peu seuls" a-t-il expliqué.

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Son émotivité

L’éloignement, le management plus dur, l’absence de complicité… Après ses échecs à Wigan (D2 anglaise) et au Tigres de Monterrey, Andy Delort reconnaît avoir des difficultés à s’exporter, même s’il juge que "c’est lié à un manque de chance à chaque fois."

En fait, comme bon nombre de footballeurs, Andy Delort est un grand émotif, et réclame un cadre affectif pour briller : "J’ai besoin d’une personne ou des gens qui m’aiment […] Dès que je suis dans une bonne période, je peux faire des choses extraordinaires. Quand on me voit jouer, on se dit : ‘Putain ! Ce mec, c’est un guerrier.’ Et c’est vrai d’ailleurs. Avant, je me battais tout le temps. Mais je suis très sensible." A Toulouse, sous les ordres de Pascal Dupraz, l’homme semble en tout cas avoir retrouvé (pour de bon ?) ce dont il a le plus besoin : "C’est une super ville, on a un bon groupe, avec des personnes qui sont très famille, et j’aime ça. J’adore."

Les problèmes familiaux

Très sincère, l’attaquant formé à Ajaccio revient aussi sur les histoires difficiles qui ont marqué son adolescence et son début de carrière de footballeur professionnel. "Il y a eu des trucs très compliqués. Mon père est tombé malade. J’avais quelques soucis avec ma mère. Mon père a été obligé de partir. Cela a duré deux mois […] C’est une époque très dure de ma vie." En atteste la larme tatouée sous l’œil droit qu’il porte pour ne pas oublier: "J’ai pleuré dans ma vie. Que ce soit en bien ou en mal. J’ai vécu des choses extraordinaires et des choses très dures. Alors je n’oublie pas mes pleurs."

L’équipe de France

Déterminé à regarder fièrement vers l’avenir - "je regrette les années que j’ai gâchées " - celui qui fréquente le huitième club de sa carrière a marqué 3 fois et donné une passe décisive avec Toulouse depuis janvier (en 7 matchs). Très apprécié d'un public friand de ses gestes spectaculaires, il a rapidement levé les quelques doutes suscités par le montant de son transfert (6 millions d'euros).

Interrogé enfin sur la possibilité de rejoindre un jour l’équipe de France, il n’a pas caché ses ambitions. "A quoi peux-tu rêver de mieux que cela? Dans le foot pour le coup, tout est possible. Il y en a, des belles histoires. Il y en a." Si la concurrence offensive n'a jamais été aussi forte dans l'équipe de Didier Deschamps, Andy Delort rêve là-encore d'une trajectoire à la Gignac.

Pascal Lefebvre