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Bordeaux: Journée décisive alors que plane le spectre du redressement judiciaire

Les candidats à la reprise des Girondins de Bordeaux ont jusqu’à ce lundi soir pour déposer une offre de rachat susceptible de séduire King Street et Fortress. Cet accord est capital pour l’avenir des Girondins, car sans ce deal, le dossier sera directement transmis au Tribunal de commerce et le club se placera en cessation de paiement.

Pour les Girondins de Bordeaux, c’est peut-être la journée la plus importante de la saison. Jusqu’à ce lundi soir, les deux candidats à la reprise du club - à savoir le duo Lopez/Rigo et Didier Quillot - peuvent déposer une offre au propriétaire King Street et au principal créancier du club, Fortress. Si aucun accord n’est trouvé, le président des Girondins et mandataire social, Frédéric Longuépée, déclarera le club en cessation de paiement auprès du Tribunal de commerce. Directement après cette déclaration, une procédure de sauvegarde collective sera ouverte.

Cette procédure prendrait la forme d’un redressement judiciaire et c’est le Tribunal de Commerce qui étudierait les dossiers pour choisir le repreneur des Girondins de Bordeaux. Des critères définis seraient scrutés comme par exemple la solvabilité des candidats et leur projet. Autre nouveauté, l’ensemble des personnes intéressées par la reprise du club pourraient se positionner, sans limitation aux deux candidats présents dans cette dernière ligne droite. Durant la procédure, les dettes du club seraient gelées et les Girondins préserveraient - pour le moment - leur statut professionnel. Si un repreneur était choisi, il récupérerait l’ensemble des actifs du club avec un nombre de salariés qu’il devrait préciser dans son dossier présenté au Tribunal.

La DNCG aura le dernier mot

C’est une information qui n’a pas fait de bruit en novembre dernier mais qui pourrait jouer un rôle déterminant dans l’avenir des Girondins de Bordeaux. L’article 234 des règlements généraux de la FFF a été modifié pour la saison 2020-2021: "Tout club qui ferait l'objet d'une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire ouverte avant la reprise des championnats 2021-2022 ne sera pas automatiquement rétrogradé dans la division inférieure s'il bénéficie d'un plan de sauvegarde, d'un plan de redressement ou d'un plan de cession homologués par le tribunal compétent avant cette même échéance. Cette dérogation au caractère automatique de la rétrogradation ne remet nullement en cause la compétence de la DNCG en matière de contrôle financier des clubs et ne préjuge en rien des décisions qu'elle est susceptible de prendre."

Cette modification effectuée peu avant le naufrage de Mediapro permet de se montrer plus conciliant avec les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 en situation difficile. Même si dans ce cas présent, c’est bien la Direction Nationale de Contrôle et Gestion (DNCG) qui aura le dernier mot et qui décidera de l’avenir sportif des Girondins de Bordeaux. Comme annoncé par nos confrères de Sud Ouest, le 24 juillet représente la date la plus tardive pour faire valider par la DNCG une reprise via un redressement judiciaire. Sans quoi la rétrogradation sportive deviendrait inévitable, et pourrait aller jusqu'au niveau amateur. En clair, si cette procédure est ouverte, Bordeaux devra finaliser l’ensemble du processus avant la reprise du championnat de Ligue 2.

Deux autres scénarios possibles

En plus de cette option du redressement judiciaire, deux autres scénarios existent. Le premier: un accord est trouvé dès ce soir avec l’idée d’un closing avant le début du mois de juillet. C’est certainement la meilleure solution pour l’entité bordelaise.

Autre possibilité: un candidat à la reprise n’est pas encore prêt à reprendre le club aujourd’hui mais trouve un accord avec les propriétaires actuels pour une reprise sous quinze jours. Cette deuxième solution est très complexe car si le futur repreneur n’est pas apte sous quinzaine, alors le club n’aura plus le temps de passer par l’étape d’un redressement judiciaire avant le début de la nouvelle saison de Ligue 1.

C.C. et N.P.