RMC Sport

Bordeaux: les raisons de la spectaculaire dégringolade en un mois

Eliminé sans gloire de la Coupe de France jeudi par Pau (3-2, a.p.), Bordeaux est en chute libre depuis le mois de décembre lors duquel le club était monté sur le podium en Ligue 1. Paulo Sousa appelle ses joueurs à s’impliquer mais son message peine à passer.

Un mois catastrophique

Le cercle vertueux dans lequel était engagé Bordeaux en décembre semble bien loin. Sur la lancée de cinq matchs de suite sans défaite, dont un carton face à Nîmes (6-0), les Bordelais s’étaient mis à rêver du podium en Ligue 1, sur lequel ils étaient même montés provisoirement. Une illusion aujourd’hui assez lointaine dans la lignée d’une fin d’année catastrophique avec trois défaites de rang en L1 (Marseille, Strasbourg et Rennes) et une élimination en Coupe de la Ligue (face à Brest). 2020 avait commencé par une victoire poussive face au Mans, avant une rechute inquiétante dans le jeu face à Lyon (2-1) et une piteuse élimination en Coupe de France Pau (3-2, a.p.), pensionnaire de N1. En un peu plus d’un mois et sept matchs, Bordeaux est passé du podium à la 13e place de L1 (à 10 points de la 3e place), en se faisant éliminer des deux Coupes nationales. 

Sousa regrette l’égocentrisme des joueurs

Après la défaite à Pau, Paulo Sousa a confié ressentir de la "honte". Loué pour sa pédagogie et son approche tactique depuis son arrivée au club la saison dernière, le Portugais traverse une période creuse. Lors de ses récentes conférences de presse, il a appelé ses joueurs à s’impliquer pour le collectif et ne plus se regarder le nombril. "L’engagement, ça veut dire que tu ne penses pas seulement à toi-même, ce n’est pas la première fois que je parle de ça, a-t-il confié en conférence de presse cette semaine. En tant que personne, nous sommes très égocentriques et c’est très important, dans le foot, d’avoir ce sentiment d’appartenance et d’engagement pour l’équipe." "Il faut avoir une culture avec une mentalité très forte, a-t-il encore exhorté. L’engagement pour le club, pour l’équipe, l’engagement au niveau individuel pour grandir chaque jour." Le coup de gueule de Benoît Costil après la défaite face à Lyon est aussi resté sans effet. "Les choses ont été dites dans le vestiaire", avait pourtant expliqué Yacine Adli en début de semaine. 

Un problème tactique

S’il a modifié son schéma pour passer à quatre défenseurs face au Mans, Paulo Sousa reste fidèle à a défense à trois qu’il aligne depuis le début de saison. Cette formation en 3-4-1-2 (ou 3-4-3) a porté ses fruits par moments. Mais elle s’est cassée les dents contre une adversité plus relevée contre Marseille (3-1), Rennes (1-0) et Lyon (2-1). "Contre Lyon, on n’a pas su ressortir du pressing qui n’était pas si intense, a analysé Yacine Admi. On est en difficulté à chaque fois qu’une équipe nous presse. Il va falloir y remédier. On a besoin de reconnaître les moments-clés du match. Contre Marseille et Lyon, on menait à la mi-temps et c’est devenu compliqué en deuxième période. Il faut faire reculer ce pressing adverse." Depuis sa prise de fonction, Sousa affiche un bilan moyen (11 victoires, 7 nuls et 16 défaites, 42 buts marqués, 41 encaissés).

Un climat délétère entre la direction et les supporters

Même quand la saison de Bordeaux semblait sur de bons rails, le climat a toujours été tendu entre la direction et les supporters. Les Ultra Marines reprochent la stratégie marketing de la direction mais surtout une histoire de ventes de places dans le virage Sud. Avec Frédéric Longuépée, président directeur général du club, dans le viseur. Le mois de décembre a aussi été marqué par le rachat des parts de GACP par King Street, qui est ainsi devenu l’actionnaire unique du club, après des tensions avec le fonds d’investissement de Joe DaGrosa. 

La crise couve avant deux matchs cruciaux

Les deux prochains rendez-vous de Bordeaux seront cruciaux puisque les Girondins défieront deux de leurs principaux rivaux historiques. Ils débuteront à Nantes, 4e avec six points de plus que Bordeaux, pour le derby de l’Atlantique lors de la prochaine journée de Ligue 1 (dimanche 26 janvier, 17h). Les Bordelais affronteront ensuite l’OM, contre qui ils n’ont plus perdu à domicile depuis 42 ans. Un revers pour ce match symbolique plongerait le club dans la crise.

Nicolas Couet avec Nicolas Paolorsi