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Bordeaux: pourquoi les ultras veulent la démission du président délégué

Sixièmes de Ligue 1, les Girondins réalisent un début de saison plutôt réussi. Mais en interne, un conflit a éclaté depuis quelques jours entre les Ultramarines et la direction du club. Les Ultras réclament la démission de Frédéric Longuépée, le président délégué.

Alors que le début de saison des Girondins de Bordeaux est plutôt convaincant sur le terrain (sixièmes de Ligue 1), un conflit a éclaté en interne depuis quelques jours entre les Ultramarines, le principal groupe de supporters bordelais, et la direction du club. Les Ultras réclament la démission de Frédéric Longuépée, le président délégué du club. RMC Sport revient sur ce que les Ultras reprochent à Longuépée.

Le terrain "pas la priorité des dirigeants" pour les Ultras

Les relations n’ont jamais été aussi tendues entre supporters et dirigeants à Bordeaux depuis la reprise du club par GACP. Les supporters bordelais dénoncent globalement la "philosophie" du nouveau président. Pour les Ultras, la politique de club de Frédéric Longuépée ne "place pas le terrain comme leur priorité". Bordeaux veut pouvoir développer ses activités en étant le moins dépendant des résultats de son équipe. Une hérésie pour les Ultras.

Les Ultras contre la stratégie marketing mise en place pour remplir le stade

La stratégie marketing de la nouvelle direction pour faire venir un nouveau public au stade est également pointée du doigt. "L’affluence ne les intéresse pas, ce sont les recettes des matchs qui sont prioritaires." Les Ultras regrettent que seuls les gros matchs contre le PSG, Marseille, Lyon ou encore Monaco soient ciblés pour pouvoir faire le plein au Matmut Atlantique alors que les autres rencontres sont complètement mises de côté.

"Il faut faire revenir un public de passionné qui existe à Bordeaux", clament les Ultramarines. Au club, on assure pourtant que le taux de fréquentation a augmenté de 20% depuis le début de saison mais c’est "une vision du club à court terme" pour le plus grand groupe de supporters girondins.

L’élément déclencheur: des places en virage sud non accessibles à la vente

C’est ce qui a définitivement mis le feu au poudre. De nombreux supporters se sont plaints via les réseaux sociaux de ne pas pouvoir acheter de places en virage sud pour les matchs contre Metz, Brest et Saint-Etienne. Le "VS" était à guichets fermés sur le site de la billetterie alors que c’était loin d’être le cas. Une stratégie pour inciter les gens à prendre des places plus chères ailleurs dans le stade d’après les Ultramarines. Si le club a communiqué après le match contre Brest en parlant d’un dysfonctionnement, différents cas se sont présentés sur les matchs qui ont suivi et le problème ne semble pas résolu.

Point de non-retour avec Longuépée pour les Ultras

Face à Saint-Etienne, les Ultramarines ont déployé des banderoles demandant les démissions de Frédéric Longuépée et Antony Thiodet (directeur de la billetterie). Le Virage Sud est resté vide toute la rencontre pour marquer le coup. "On sait qu’on a handicapé l’équipe mais on a voulu montrer que quand on insulte le peuple, il ne chante plus." Les relations sont au point mort entre les deux parties et les Ultras parlent d’un "point de non-retour avec Longuépée et Thiodet".

Les Ultras attendent désormais un signe du propriétaire Joe DaGrosa. Du côté du club on joue l’apaisement. "Nous travaillons avec le board pour renouer le dialogue avec nos supporters et notamment les Ultramarines", a confié un représentant des Girondins. Si sur le terrain le début de saison est convaincant, en coulisses c’est beaucoup plus agité à Bordeaux.

Nicolas Paolorsi