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"Cela m'inquiète terriblement": le patron de l'UNFP dénonce les "lofts" en place dans plusieurs clubs français

Interviewé ce samedi matin dans les Grandes Gueules du sport sur RMC, le co-président de l'UNFP, Philippe Piat, s'est dit "très inquiet" du système de loft qui consiste à éloigner les joueurs indésirables du groupe professionnel. Comme cela est notamment fait au PSG, même si ce terme n'est jamais employé.

"Cela m'inquiète terriblement." Interrogé ce samedi matin dans les Grandes Gueules du sport sur RMC, le co-président de l'UNFP, le syndicat des joueurs professionnels, Philippe Piat, a dénonce le système de loft mis en place dans plusieurs clubs, dont au PSG, voire à l'OM avec Kevin Strootman et Jordan Amavi. Il s'agit d'un système qui consiste à écarter un joueur indésirable du reste du groupe professionnel, afin qu'il s'entraîne à part.

"Pourquoi des clubs ont autant de joueurs sous contrat?"

"Un joueur qui est dans un club, qui fait exprès de ne pas jouer, je pense que ça n'existe pas, poursuit celui qui était lui-même joueur professionnel par le passé. Quand un joueur on l'accuse d'avoir un mauvais esprit, c'est qu'à l'intérieur du club, on ne le fait pas jouer ou qu'il a des problèmes personnels, et donc il n'est pas à 100%."

Pour lui, ce qui pousse les clubs à monter ces "lofts" est le système qui consiste à avoir trop de joueurs sous contrats professionnels. "Pourquoi des clubs ont autant de joueurs sous contrat? Si vous écoutez la DTN, la DNCG, la LFP, tout le monde reconnaît qu'il faut 25 joueurs", ajoute-t-il en rappelant que ce sont les clubs qui sont responsables de cette situation et non les joueurs.

"Le club se dit qu'il trouvera bien un pigeon pour racheter le joueur"

"La raison c'est que les clubs veulent faire du trading, prennent un maximum de joueurs et se disent que si jamais il y en a un qui ne jouera pas, le club se dit qu'il trouvera bien un pigeon pour racheter le joueur", complète-t-il.

"Le loft ce n'est pas seulement pour des joueurs qui jouent mal ou qui n'ont pas envie, il est aussi là pour des joueurs dont on veut se séparer et que l'on veut envoyer en Turquie ou je ne sais où juste parce qu'on n'a plus envie de les faire jouer, s'agace celui qui prend logiquement la défense des joueurs. Et si lui ne part pas, on dit que le club va faire faillite, on lui met la responsabilité sur le dos. En plus on lui dit que s'il ne baisse pas son salaire, on va lui mettre des contraintes."

Tout le monde réintégré dès le 1er septembre

Il dénonce également les prolongations avec d'énormes contrats proposés aux joueurs, parfois allant jusqu'à tripler leur salaire, uniquement dans le but d'obtenir une indemnité de transfert et de ne pas les laisser partir libre. Le joueur n'est donc pas responsable des émoluments qu'il touche, puisqu'il n'aurait qu'accepté une grosse proposition de salaire de son club.

Et il rappelle aux différents clubs ayant mis un loft en place durant ce mercato qu'à partir du 1er septembre, les joueurs doivent être réintégrés au reste du groupe. "Ils ne peuvent pas être écartés pour des raisons de salaires ou de transferts", précise Philippe Piat.

AC