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Chants homophobes dans les stades: Rouyer prône l'arrêt définitif des matchs

Dans un entretien accordé à l'Equipe, Olivier Rouyer revient sur les chants homophobes qui ont émaillé la rencontre de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans vendredi dernier. La partie avait été interrompue quelques instants par l'arbitre, Mehdi Mokhtari, avant de reprendre. Or, pour l'ancien international français, il faut être plus "extrémiste" dans les sanctions.

C'est une affaire qui l'a touché au coeur. Ancien joueur de l'AS Nancy-Lorraine et seul joueur pro français à avoir ouvertement dévoilé son homosexualité, Olivier Rouyer a été très touché par les chants homophobes qui ont été entonnés à Marcel-Picot vendredi soir, lors de la quatrième journée de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans (2-1). L'arbitre de la rencontre Mehdi Mokhtari avait interrompu la partie quelques instants juste avant la pause après que des supporters ont prononcé avec véhémence plusieurs propos homophobes. Des faits qui ont mis l'ancien international hors de lui, comme il le rapporte ce mardi dans l'Equipe.

"Les chants homophobes, ce n'est pas du folklore"

"Sentiment de honte", "colère"... Olivier Rouyer ne mâche pas ses mots au moment d'expliquer son ressenti sur ce qu'il s'est passé. Pour lui, ces propos ont été trop longtemps tolérés mais doivent aujourd'hui être condamnés avec force, en faisant le parallèle avec l'évolution de la société. "Il y a quelque chose qui m'agace: si jamais on fait du racisme (sic), tout le monde crie au scandale, explique-t-il. Mais quand ce sont des chants ou paroles homophobes, c'est normal. On s'en fout complètement. Non, ce n'est pas du folklore."

Dépasser la seule sanction financière pour les clubs et responsabiliser tous les acteurs

Le problème d'éducation est également pointé du doigt par l'ancien attaquant, qui invite tout le monde à se responsabiliser, présidents et joueurs compris. Car selon lui, la Ligue n'est pas la seule responsable et pas la seule à pouvoir agir. Par exemple, au niveau du protocole mis à la disposition des arbitres (interruption brève et rappel du speaker, puis interruption longue, puis interruption définitive), Olivier Rouyer se veut plus "extrémiste": en cas de chants homophobes dans une enceinte, le match ne doit pas reprendre et même être déclaré perdu pour l'équipe dont les supporters dérapent dans les tribunes. Aussi, les sanctions financières pour les clubs sont insuffisantes selon lui. "Mettre trois points en moins déstabilisera dix millions de fois plus le supporter que de savoir que le club a payé une amende de 50.000 balles", avance-t-il.

Celui qui est désormais consultant doit rencontrer prochainement des fans pour les sensibiliser à la question de l'homophobie dans le football. L'idée de cet échange est simple: faire en sorte, à terme, que de tels propos ne soient plus proférés durant un match de foot. Pour rappel, la LFP enquêterait également sur des chants entendus lors de la rencontre Rennes-PSG (2-1) qui s'est tenue dimanche soir.

CP