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Chants homophobes: l’OM ne se fait pas d'illusion face aux Verts

Alors que plusieurs matchs de Ligue 1 et Ligue 2 ont déjà été interrompus à cause de chants et banderoles à caractère homophobes dans le public,la direction de l'OM aborde la réception de Saint-Etienne dimanche soir au stade Vélodrome avec "une grande vigilance". Mais elle demeure lucide et réaliste quant à l'attitude de ses supporters.

Match arrêté dimanche lors de Monaco-Nîmes pour des chants jugés homophobes. Douze minutes d’interruption également, mercredi, pendant Nice-OM à cause de banderoles jugées insultantes. Dans ce contexte tendu, la vigilance autour du match de clôture de la 4eme journée de Ligue 1 Marseille-Saint-Etienne de dimanche, au Vélodrome, sera particulièrement accrue.

Certes, les supporters stéphanois ont été interdits de déplacement, mais une forte rivalité existe entre les deux clubs et cette rencontre est généralement propice à certains chants que l’arbitre de la rencontre, les délégués ou les instances pourraient juger insultants ou homophobes.

L'ambiance sera chaude

"Si le match est arrêté à chaque insulte de ce genre, on est parti pour une nuit blanche. Surtout pour un match contre Saint-Etienne", ironise un leader de groupe de supporters marseillais. "Et ce sera pire contre Lyon ou Paris. Là, il faudra poser trois jours de RTT pour pouvoir voir le match en entier ! Je crains que la Ligue ait ouvert la boîte de Pandore et que ce soit de pire en pire." D’autant que l’ambiance sera chaude dimanche, avec deux groupes de supporters qui doivent fêter leur anniversaire : les MTP et le Commando Ultra.

La crainte se situe donc plus au niveau des chants de supporters, en virages. Le Vélodrome n’est pas à l’abri d’une banderole isolée. Certaines associations de supporters promettent qu’elles feront très attention. D’autres ne cachent pas leur envie de réagir et de marquer le coup face à cette stigmatisation des supporters.

L’OM promet "une grande vigilance"

La sécurité de l’OM, qui a pris pour habitude de vérifier la teneur de chaque message avant qu’il soit brandi en tribunes, se tient également prête à interdire quelques banderoles si celles-ci sont sensibles et si elles risquent de causer une interruption du match. Pour le moment, et même si l’initiative est dans les tuyaux, aucune réunion ne s’est véritablement tenue pour évoquer ce sujet entre la direction de l’OM et les groupes de supporters. Le club olympien promet en revanche "une grande vigilance", dès dimanche. Même en interne, on ne se fait pas d’illusions et on reconnait cependant qu’il sera difficile d’échapper à quelques chants polémiques, tellement certains propos sont ancrés dans la culture des groupes de supporters.

Les groupes de supporters marseillais, qui s’activent depuis de nombreuses années contre le racisme et toutes les formes de discriminations, vivent très mal cette stigmatisation. Rachid Zeroual, leader des South Winners, énervé, voit dans cette polémique "une énième manipulation des autorités pour taper sur les groupes de supporters !". Zeroual confie même qu’"il n’y avait rien de méchant dans les banderoles des Niçois et qu’elles étaient… plutôt rigolotes."

Florent Germain