RMC Sport

Comportement, médias : comment le LOSC prépare ses jeunes

En pleine affaire Benzema-Valbuena et en pleine tourmente lyonnaise pour cause de jeunes joueurs difficiles à gérer, le centre de formation du LOSC tente de prévenir des comportements qui pourraient entacher la carrière de jeunes joueurs prometteurs.

Une mauvaise sortie médiatique, un tweet trop vite publié, un mot de trop, un geste qui paraît déplacé… Autant de potentiels faux-pas auxquels les jeunes qui envisagent de faire carrière dans le foot sont aujourd’hui confrontés. Dans un contexte marqué par l’affaire Benzema-Valbuena ou les problèmes de gestion des ego dans le vestiaire de Lyon, le centre de formation de Lille a choisi de renforcer son programme éducatif.

Parce qu’apprendre à jouer au foot ne suffit plus pour devenir une star du ballon rond, ou du moins un joueur professionnel reconnu, le LOSC mise sur une formation globale. « On a vraiment un projet identifié, on leur fait connaître la vie de tous les jours avec la découverte de métiers, on les met derrière les fourneaux pour leur apprendre à faire à manger… », explique David Meresse, coordinateur du centre de formation de Lille.

Des séances de média training

« On est proches de ces jeunes, on les accompagne, que ce soit sur la diététique, le sommeil… Des choses extrêmement importantes pour aller le plus haut possible, détaille Jean-Michel Vandamme, directeur général adjoint du club lillois et directeur du centre de formation. Après, il y a la communication. Cette année, les gamins participent à des séances de média training. On leur explique l’importance de la communication, d’essayer d’être en toutes circonstances à la hauteur. »

Un mauvais passage devant la caméra peut coûter très cher. Et au LOSC, on tente de mettre les jeunes en garde sur les à-côtés du métier de footballeur. « Combien de fois vous avez en face de vous un pro qui fait sa première interview et qui est en difficulté ?, interroge David Meresse. On apprend aux jeunes à répondre, mais on met aussi en exergue tous ceux qui risquent de graviter autour d’eux ou les déviances qu’il peut y avoir par rapport aux réseaux sociaux. » Il suffit parfois de 140 caractères pour se mettre en difficulté.

Eviter le tweet de trop

En décembre 2014, David Faupala, jeune attaquant du centre de formation de Lens, se fendait d’un tweet maladroit déplorant le faux-pas de Lille dans le derby du Nord. Lui le Lensois avait parié… sur une victoire lilloise. Quelques mois plus tard, Serge Aurier écopait de trois matches de suspension pour avoir insulté l’arbitre de Chelsea-PSG, match qu’il ne disputait pas, dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Autant d’exemples sur lesquels un centre de formation comme celui du LOSC entend s’appuyer, pour apprendre à ses jeunes espoirs le B.A-BA d’une communication maîtrisée. « Il faut savoir vivre avec son temps, ajoute Vandamme, avec des médias plus nombreux, plus présents, une vitesse de communication énorme avec internet, des réseaux sociaux qu’il faut aussi être capable de maîtriser. Il faut que ces gamins soient prêts à s’adapter à tout ça. »

Civisme, découverte d’autres métiers, scolarité… Rien n’est négligé, si bien que le club est prêt à passer à côté de certains joueurs. « Il nous est arrivé de ne pas conserver certains individus qui ont connu quelques réussites par la suite », résume Jean-Michel Vandamme. Comme Franck Ribéry, non conservé en raison de son comportement dans le cadre scolaire, à une époque où la formation lilloise n’avait pas encore atteint sa forme pluridisciplinaire actuelle. A l’inverse, avec cette méthode qui s’affirme peu à peu, le LOSC peut se targuer d’avoir révélé des talents comme Eden Hazard, Yohan Cabaye, Mathieu Debuchy, Lucas Digne, Divock Origi ou encore le prometteur Benjamin Pavard, 19 ans, déjà suivi par plusieurs clubs de Premier League.

A.Bo avec J.Bo à Lille