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Coronavirus: Edouard Philippe défend sa décision d’arrêter la Ligue 1

Invité exceptionnel de l'émission Top of the foot, l'ancien premier ministre Edouard Philippe a défendu sa décision d'arrêter la saison des sports professionnels, laquelle avait suscité une grosse polémique dans le monde du football il y a près d'un an.

Le 28 avril 2020, Edouard Philippe met le feu au football français à l’Assemblée nationale, en annonçant l’arrêt pur et simple de la saison 2019-2020. L’ancien premier ministre ne le sait pas encore, même s’il s’en doute un peu, ses oreilles vont siffler. Et la polémique ne cessera d’enfler au fil des mois, tandis que nos voisins reprenaient les uns après les autres. Pour autant, à la lumière des éléments dont nous disposons aujourd’hui, l’ancien Premier ministre ne regrette pas son choix.

"Vous savez, avec du recul, quand on regarde, avec les éléments de qu'il s'est passé ensuite, les décision qu'on a prises à un moment où on n’avait pas ça en connaissance de cause puisque ça ne s’était pas produit, on peut toujours se dire qu’on aurait pu faire autrement. Et c’est normal d’ailleurs, il faut le faire comme exercice. C’est un exercice d’humilité, c’est un exercice d’apprentissage. Le 28 avril je parle à l'Assemblée nationale et je dois expliquer qu’on va déconfiner, comment vont se passer les mois de mai et de juin. Et j'explique qu’on va faire un déconfinement progressif pour éviter de se taper une deuxième vague", a commenté le maire du Havre à notre antenne, sur RMC, dans l’émission Top of the foot.

Edouard Philippe reconnait que la décision était "rude"

Le monde du football est alors déchiré en deux, entre les partisans d’une décision claire mais rapide, et d’autres, qui auraient sans doute préféré se donner le temps de la réflexion, à l’image de Jean-Michel Aulas. "Il y a plein d’acteurs du monde professionnel qui disent qu’il faut prendre une décision parce qu’on ne sait pas si on va pouvoir reprendre, on ne sait pas comment s'organiser. Ils me disent qu’on a besoin d’une décision. Certains pensent qu’il faut prendre tout de suite une décision, d’autres disent qu’il ne faut prendre de décision, on verra plus tard. Il y a plein d’avis différents. Confronté à une crise sanitaire dont l'impératif, c’est d’abord de préserver la santé, je prends une décision claire, rude, je sais. Mais vous savez, deux mois avant j'avais fermé les cafés, ce n’était pas simple non plus."

Le gouvernement essuie pendant plusieurs semaines les remontrances de présidents qui militent pour un rétropédalage. Et donc un reprise, en prenant exemple sur l'étranger. "Peut-être que deux mois après, il aurait fallu recommencer, ça n’a pas été le sens de ce qu’on a fait, a commenté Edouard Philippe. Je me permets d'observer, et je le dis avec un clin d’oeil, parce que je sais que le sujet est sérieux, que le seul moment ou on m’a dit que ça avait peut-être été une bonne décision, c'est quand on a eu Lyon et Paris en demi-finale de la Ligue des champions. Je le dis en passant parce que ce n’est pas la justification que je veux mettre en avant, mais en tout état de cause, quand vous prenez des décisions difficiles dans des périodes d’incertitudes, que vous n’avez pas toutes les informations, il y a des moments ou il vaut mieux être clair."

QM