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Daniel Leclercq est mort: comment le "druide" avait fait triompher Lens

Décédé ce vendredi à l'âge de 70 ans, Daniel Leclercq restera à jamais associé à l'unique titre de champion de France conquis en 1998 par le RC Lens, le club dont il fut l'entraîneur. Retour sur la saison la plus faste des Sang&Or.

L’année 1998 n’est pas seulement celle de France-Brésil et des champions du monde français. C’est aussi l’année du RC Lens. Celle de Daniel Leclercq, l’entraîneur décédé ce vendredi, qui mena les Sang&Or jusqu’au titre de champion de France. Le seul qui figure au palmarès du club des Hauts-de-France.

Une saison comme dans un rêve

En 2020, un match Lens-Metz aurait une "belle gueule" de barrage d'accession à la Ligue 1. En 1998, c’était un duel pour le titre de champion de France. Dans cet improbable mano à mano avec l’équipe de Robert Pires, les Sang&Or guidés par leur Druide, arrachent le sacre au bout du suspense, lors de la dernière journée de championnat, grâce à leur victoire à Auxerre (2-1). C’est à la faveur d’une meilleure différence de buts (+25 contre +20) qu’ils chipent le titre aux Grenats. Un coup de maître pour Daniel Leclercq, arrivé sur le banc un an plus tôt. Avant ce premier sacre et un retour triomphal au stade Felix-Bollaert, ses joueurs ont aussi flambé dans les coupes nationales, échouant en finale en Coupe de France et en demies en Coupe de la Ligue, à chaque fois face au PSG (2-1).

Pas de stars mais une âme

La grande force de Daniel Leclercq est d’avoir su fédérer un groupe dans le doute après une saison ratée (14e). Oubliez les stars. Avec ses deux principales recrues, l’attaquant Anto Drobjnak (Bastia) et le milieu de terrain de poche Stéphane Ziani (Bordeaux), Daniel Leclercq mise sur la générosité et un collectif soudé, combatif. Devant le gardien Guillaume Warmuz, la défense est commandée avec autorité par Jean-Guy Wallemme et l’ancien Barcelonais Frédéric Déhu. Entre puissance, intensité et technique, le milieu s’articule autour du regretté Marc-Vivien Foé, Debève, Smicer et Ziani. En attaque (la meilleure de L1), Drobnjak termine meilleur buteur du club (14 buts) tandis que Tony Vairelles, chouchou des supporters, fatigue les défenses avec ses appels en profondeurs.

Un management à l’ancienne

Ça ne plaisantait pas tous les jours avec Daniel Leclercq. Discipline, règles de vie… Le Druide manie la carotte mais surtout le bâton. Dès qu’il arrive en poste en 1997, l’entraîneur lensois punit d’une amende les joueurs qui ne saluent pas le responsable du parking. Un jour, il les quitte en pleine séance d’entraînement car ils "ont envie de ne rien foutre." 

Dans sa biographie ("Une histoire de druide"), Leclercq raconte ce match à Monaco où il décide de laisser sur le banc Tony Vairelles et Wagneau Eloi. Problème, ses deux attaquants ne sont pas dans le vestiaire à la mi-temps. Les deux joueurs expliquent qu’ils étaient avec des supporters pour signer des autographes. "Ah oui, mais nous, on est un groupe, une équipe, votre place était dans le vestiaire avec nous, pas avec les supporters." "Ah oui, mais nous ça nous plaisait" , se défend Vairelles. "Écoute Tony, si c’est ça qui te plaît, mercredi on joue le PSG en demi-finales de la Coupe de la Ligue, et bien tu iras signer des autographes avec les supporters pendant que nous, on sera à Paris." Le coach tient parole. L'international sera absent au Parc des Princes.

Des joueurs reconnaissants

Malgré ses mémorables colères, ses joueurs l’adorent. Et lui ont toujours été reconnaissants. "Tout du long, il m'a appelé 'le petit con', raconte l'un d'entre eux en 2008 dans un portrait de Libération. 'Le petit con' par-ci, 'le petit con par-là'. Un grand Monsieur. Sans lui, je ne serais jamais devenu un joueur de Ligue 1."

ABr