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Equipe de France: Costil, l’indéboulonnable taulier des Girondins

Présent avec les Bleus lors de cette trêve internationale, Benoît Costil a réussi à surmonter les épreuves dans son club des Girondins de Bordeaux pour rester au plus haut niveau. Une vraie force de travail et de caractère qui lui ont fait retrouver l’équipe de France et qui peuvent lui faire espérer une participation à la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Quand on y pense, difficile de trouver un moment de répit et de tranquillité pour Benoît Costil depuis son arrivée à Bordeaux. Impossible même, tellement l’ancien capitaine du club a dû se battre pour s’imposer dès son arrivée en Gironde. "C’était une arrivée tronquée, confie son entourage. L’ancienne direction a très mal géré le départ de Cédric Carrasso légende du club. Le gardien qui est arrivé derrière lui a tout pris." A peine les pieds posés au Haillan, Costil a dû faire face à l’hostilité des supporters. Une étape difficile pour l’ancien rennais qui a mis du temps à être digérée.

A Bordeaux, Costil a tout connu ou presque en passant des qualifications européennes pour la Ligue Europa à la lutte pour le maintien. Il a surtout vu défiler sur les bords de la Garonne trois propriétaires et six entraîneurs. "Il a toujours été complet, présent, solide, souffle un ancien entraîneur bordelais. C’est le patron du vestiaire, il est écouté, respecté. C’est le joueur sur lequel vous pouvez compter." Malgré les déceptions, les changements d’entraîneur, le gardien formé à Caen a toujours su rebondir et rester constant dans ses performances. Le portier est toujours venu assumer ses responsabilités face à la presse pour protéger le groupe et ses employeurs.

Ses proches : "Il a mal vécu qu’on lui retire le brassard"

La rupture a failli intervenir à l’été 2020 lorsque Jean-Louis Gasset débarque en Gironde. L’entraîneur bordelais songe à recruter Stéphane Ruffier qu’il a connu à Saint-Etienne. Un camouflet pour Costil. Surtout que depuis le départ de Paulo Sousa, qui en avait fait son capitaine indéboulonnable, l’international français paie cash le conflit qui oppose Sousa à son président de l’époque, Frédéric Longuépée. Gasset lui retire même le brassard de capitaine. "Il a mal vécu cet épisode", poursuit son entourage. Costil l’expressif se mure alors dans le silence. "J’avais besoin de me recentrer sur mes performances", nous confie-t-il. Au club on digère mal la réaction du désormais ex capitaine. "Il a voulu faire imploser le vestiaire, lâche un membre de l’ancienne direction. Il a voulu nous faire payer le départ de Paulo Sousa."

Alors que les Girondins de Bordeaux flirtent avec la zone de relégation, le gardien décide de sortir du bois en toute fin de saison pour faire bouger les lignes et aller chercher le maintien lors des deux dernières journées. "C’était notre rôle la saison dernière, à un moment donné, de donner de la sérénité, de tenir le cap, et de taper du poing sur la table quand il le fallait, détaille Costil sur RMC. Après, on était obligé d’avoir peur à un moment donné. Je l’ai ressenti aussi." Le gardien de but a retrouvé les conférences de presse, poussé par sa famille et son entourage. "Pendant un an, ça a été un leader contre-nature, souffle ses proches. On lui a dit. Il s’était mis en retrait alors que Benoît c’est un mec simple, jovial qui aime la justice. Il a son caractère mais il est entier et franc."

"Sa retraite ? Ce n’est pas à l’ordre du jour"

Dans le vestiaire et au club, Costil fait en tout cas l’unanimité. "J’ai rarement connu un footballeur comme ça, souligne un salarié des Girondins. Il ne fait pas la différence entre un joueur et un membre de l’administratif. C’est aussi un monstre de travail." Depuis le début de saison, Bordeaux est une des pires défenses de L1 au niveau statistique. Benoît Costil continue, lui, d’être régulier. Il a été décisif lors de plusieurs rencontres depuis le début de saison. "Il bosse comme un acharné, souffle-t-on en interne. Il n’a jamais vraiment de jour off, il fait très attention à son alimentation. Les lendemains de match il fait souvent une heure de course, une séance de musculation. C’est un très grand professionnel." L’arrivée de Gérard Lopez à la tête du club a insufflé une nouvelle énergie en Gironde et le nouveau propriétaire a été lui aussi conquis par son gardien de but. "C’est un des meilleurs en France et en Europe depuis longtemps", a souligné le directeur sportif, Admar Lopes.

A 34 ans, Benoît Costil est en fin de contrat cet été. Le club souhaite le prolonger, lui se donne du temps pour réfléchir. Si les premières approches de la direction ont eu lieu, le gardien de but veut se laisser du temps. "Ce qui est sûr c’est qu’il n’arrêtera pas en fin de saison, ce n’est pas à l’ordre du jour", termine son entourage. Sur le terrain, malgré le contexte difficile aux Girondins, Benoît Costil n’a sûrement jamais été aussi fort. Il devient un vrai prétendant pour être dans le groupe de l’équipe de France qui participera à la Coupe du monde au Qatar en 2022.

Nicolas Paolorsi