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La concurrence avec le PSG, Lacazette, Ghezzal : les confidences de Jean-Michel Aulas

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DOCUMENT RMC SPORT – Invité prestigieux ce lundi de la première de Team Duga, le président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, a abordé plusieurs sujets : la lutte qui s’annonce entre le PSG et son club, son souhait de retrouver une Ligue 1 plus ouverte mais aussi le mercato de son équipe, au sein de laquelle il espère parvenir à faire prolonger Rachid Ghezzal.

Jean-Michel Aulas, l’OL a été assez calme au niveau du recrutement. Est-ce que vous considérez avoir les armes nécessaires pour aller titiller le Paris Saint-Germain cette saison ?

Titiller le PSG, c’est très compliqué. On est dans deux sphères totalement différentes, sur le plan budgétaire et sur le plan de la dynamique. Maintenant, pour le championnat qui nous intéresse, celui de la 2-3e place, on considère que l’on a tout ce qu’il faut. C’est la raison pour laquelle on sera aussi derrière Monaco pour qu’il se qualifie en Ligue des champions. On a un entraîneur qui a beaucoup grandi, qui est aussi la révélation de cette équipe. On est assez sereins, tout en étant sur nos gardes. On croyait titiller le PSG lors du Trophée des Champions, on a pris une belle fessée. A nous de faire attention.

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On connait votre ambition pour votre club et vos joueurs. Vous estimez sincèrement être si loin du PSG ou c’est de la com’ ?

Il y aura toujours une partie « com’ » dans le football. Mais la réalité des chiffres est quand même criarde. Vous avez d’un côté un budget de 550 millions, de l’autre côté et on en est très fier, un budget qui pourrait monter à 250 millions dès cette année grâce aux options prises avec le stade. On a construit un camp d’entraînement, deux nouvelles académies. On a investi un peu moins de 500 millions d’euros ces dernières années. Il nous fera 3 à 5 ans pour retrouver une concurrence avec les premiers clubs européens. Le projet est bâti comme cela. Mais à court terme, il y a un gros écart encore avec le PSG.

Vous parlez de chiffres, de budget. Mais sportivement… on l’a vu avec Leicester l’année dernière : il n’y a pas que l’argent qui compte.

On a eu le malheur l’année dernière de perdre Nabil (ndlr, Fekir) au début de la saison et on a vu toutes les conséquences de son absence. Là, je vois qu’Hatem Ben Arfa, pour qui on avait fait des offres absolument considérables, était remplaçant pour son deuxième match hier avec le PSG. Il y a des différences encore très importantes parce que chez nous, Hatem aurait été titulaire. Mais on va tout faire pour combler cela. Même si quelque fois j’exprime les choses sur le plan économique, cela ne veut pas dire qu’on part battu sur le plan sportif et c’est ce qui me plait dans le football : remonter des handicaps.

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Au mois d’août dernier, vous avez interpellé la Fédération Française de football et la Ligue en affirmant que le PSG tue la concurrence.

On est dans la défense de la compétition. Même pour vous les journalistes, les médias et les chaines de télévision, il faut qu’il y ait une concurrence assumée et donc une vraie compétition. Je suis frustré et déçu d’avoir finir avec Lyon la saison dernière à 31 points du premier mais j’imagine que les gens qui parlent de ce championnat auraient aimé qu’il y ait une compétition jusqu’au bout.

Quand l’Olympique Lyonnais dominait la Ligue 1, cela ne vous posait pas de problèmes…

Nous, on créait une équipe avec nos propres moyens. Là, nous avons en face de nous un Etat qui n’investit pas dans les règles économiques libérales traditionnelles, avec une obligation de résultat et qui, chaque année, met 200-250 millions de financement complémentaire. Du coup, on arrive à cet écart de 31 points. Je n’ai rien contre le PSG. Je suis même heureux lorsque le club va le plus loin possible en Ligue des champions. Cela rapporte un certain nombre de points à la France. Mais je suis aussi soucieux de l’équilibre économique de l’ensemble. Les chaines ne peuvent pas tenir durant des années s’il n’y a plus de compétition pour la première place. Il faut retrouver un équilibre et une ambition pour le championnat de Ligue 1.

Parlons mercato, Alexandre Lacazette sera-t-il Lyonnais jusqu’à la fin de la saison ?

Bien sûr. Alexandre fait partie des joueurs cadres de l’équipe.

Vous reconnaissez avoir fait une erreur sur la gestion la saison dernière du cas Lacazette.

Il faut reconnaitre, lorsque les choses ne se passent pas bien, qu’il y a sûrement une responsabilité commune. En tout cas j’assume et j’ai vraiment essayé de corriger ça cette année. D’abord, en faisant en sorte d’intervenir très, très tôt mais ça c’est grâce au fait que la situation économique de l’Olympique Lyonnais s’était formidablement amélioré. Ensuite en n’utilisant peut-être pas des règles traditionnellement employées dans le monde économique libéral, comme de parler salaires à la radio, à la télévision, de ne blesser personne. Les choses se sont bien passées. Pour progresser, il faut parfois tenir compte de ses erreurs et s’enrichir de ses succès.

Quid de Rachid Ghezzal ? Selon nos informations, il aurait dit non à Everton, qui souhaitait le recruter.

On est dans le cas d’un jeune joueur, brillant, gentil, intelligent, qui a réussi une demi-saison l’année dernière formidable et qui, devant une proposition très élevée d’Everton, un transfert que l’on a accepté et qui est également intéressant pour le club, a refusé alors que cela lui aurait permis de multiplier par 20 sa rémunération de l’année dernière. Ce qu’il faut maintenant, c’est prolonger. Rachid arrive en fin de contrat et on ne peut pas empêcher les observateurs de penser qu’il préfère attendre d’être libre en janvier prochain plutôt que d’accepter une offre de l’OL, qui correspond au niveau des internationaux ici. S’il reste, j’applaudis des deux mains. Je l’appellerai demain. Je vais essayer de le convaincre une dernière fois. Gérard Houllier va aussi l’appeler demain matin pour me donner un coup de main. Il est très important qu’à partir du moment où il juge que Lyon est mieux qu’Everton, il accepte notre proposition, qui va lui permettre de gravir les échelons.

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Enfin, qu’en est-il de Mathieu Valbuena ?

On sait que l’année dernière, il a vécu l’enfer sur le plan mental et de l’image. Il a fait une saison moyenne pour les raisons que l’on connait. Aujourd’hui, il a toujours le même salaire. Il a une personnalité très forte. C’est aujourd’hui un vrai leader. On lui a ouvert la porte s’il avait souhaité partir. Il y avait eu des offres. Là, clairement, il a dit qu’il souhaitait rester. Même si on n’avait pas prévu de le garder au début pour une histoire de masse salariale, on est heureux de l’avoir dans l’effectif. Pour la Ligue des champions comme pour le championnat, on a besoin de joueurs de cette qualité. Bruno Genesio est d’accord avec cette position donc il va rester.