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La consigne est claire: Chants homophobes ciblés, match arrêté

Alors que le match de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans a été interrompu quelques instants vendredi dernier et qu'une enquête de la LFP est en cours après des incidents lors de Rennes-PSG, RMC Sport fait le point sur les dispositifs en place.

La Ligue et la Direction technique de l'arbitrage (DTA) ont voulu en ce début de saison aligner les process en cas de chants homophobes sur ceux qui existent en cas de cris racistes. À ce titre, trois étapes ont été fixées :

1 - Arrêt du match avec annonce du speaker demandant aux personnes ou parties de tribunes d'arrêter ces chants.
2 - En cas de récidive, l'arbitre renvoie tout le monde aux vestiaires temporairement avec annonce du speaker qui explique qu'en cas de récidive le match sera totalement arrêté.
3 - Arrêt définitif du match.

Evidemment, rien n'empêche un arbitre de procéder directement à la 3e étape si les faits sont suffisamment graves.

Chants historiques ou propos plus ciblés, le difficile arbitrage

Plusieurs arbitres de l'élite contactés par RMC Sport estiment qu'un chant "historique" et général comme le fameux "oh hisse enc..." sur un dégagement du gardien ne déclenchera pas dans leurs esprits le protocole d'arrêt de match. En revanche, dès que les cris seront plus ciblés (des Stéphanois qui crieraient par exemple "les Lyonnais sont des pédés"), les officiels pourraient enclencher le protocole. Cependant aucune consigne précise n'a été fixée par la Direction technique de l'arbitrage (DTA) en début de saison. C'est à l'appréciation de chacun mais plus le cri sera ciblé, plus il sera sanctionné.

La LFP veut trouver le meilleur moyen de sanctionner

La commission de discipline de la LFP étudiera le mercredi 28 août les chants entendus lors de Nancy-Metz (match arrêté) et Rennes-PSG. L'éventail de sanctions est extrêmement large : du simple avertissement au retrait de points en passant par l'amende, la fermeture de le tribune ou le huis clos. Au sein de la LFP, le sujet est traité avec beaucoup de précaution. "On ne veut pas être frileux mais on ne veut pas faire n'importe quoi non plus en terme de sanction envers les clubs", souffle une source interne à la Ligue. 

De nouvelles jurisprudences résulteront des prochaines décisions de la commission de discipline qui a donc une énorme responsabilité. Au sein même de la commission les débats s'annoncent vifs sur le meilleur moyen de sanctionner les chants homophobes.

LB