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Ligue 1: Des produits toxiques dans les pelouses

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Afin d’améliorer la qualité des pelouses de Ligue 1, les jardiniers des clubs utilisent de nombreux produits chimiques. La santé des joueurs pourrait en faire les frais.

A l’image du Paris Saint-Germain avec Jonathan Calderwood, le Mozart des pelouses, les équipes de Ligue 1 ont multiplié les efforts et les investissements pour entretenir leur terrain. Mais face aux caprices de Dame Nature, cela ne suffit pas toujours pour s’assurer d’une pelouse en parfait état lors des matches de championnat. Depuis quelques années, les clubs de l’élite ont ainsi décidé de se lancer dans une chasse aux champignons parasites. Le tout à grands coups de pesticides et autres fongicides. Mais cette politique agressive s’accompagne de conséquences potentielles graves pour les joueurs. Selon le journal L’Equipe, les produits utilisés en Ligue 1 pourraient ainsi provoquer plusieurs maladies graves sur le long terme. Du côté de la LFP, on se veut optimiste et on rappelle que les clubs de Ligue 1 "respectent très majoritairement les restrictions d’usage" et "qu’aucun intendant n’augmente les doses et les fréquences." Selon Patrice Therre, expert du cabinet Novarea et membre de la commission 'surface de jeu' de la LFP, l’abus de fongicides aurait même le résultat inverse que celui souhaité, à savoir une réduction du nombre de champignons parasites.

Un facteur aggravant pour Parkison ou Alzheimer

Plus grave encore qu’une mutation des champignons parasites, l’utilisation massive des produits chimiques pour traiter les pelouses de Ligue 1 pourraient avoir de lourdes répercussions pour les footballeurs. "Il y a des risques de maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, se révèlent dans vingt ou trente ans, a expliqué pour le quotidien Pierre Rustin, directeur de rechercher au CNRS. Les produits qui se terminent par 'strobine' bloquent la respiration cellulaire sans faire de distinction entre les champignons, les insectes et l’homme."

Dans la pratique, cinq matières actives sont utilisées en Ligue 1 pour lutter contre les champignons parasites : l’azoxystro-bine, la pyraclostrobine, le trifloxystrobine, le tébuconazole et le propiconazole. Le dernier produit chimique nommé fera même l’objet d’une interdiction de mise sur le marché à partir du 19 juin. Les intendants des équipes de Ligue 1, eux, auront encore le droit de liquider leur stock pendant trois mois. Entre des pelouses naturelles rendues toxiques par à les fongicides et les terrains synthétiques aux petites billes noires jugées nocives pour la santé, la Ligue 1 s’apparente de plus en plus à un gazon maudit.

Jean-Guy Lebreton