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Ligue 1: les clubs français pas inquiets d’une possible interdiction d’alcool dans les loges

Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a indiqué envisager l'interdiction d'alcool dans les loges VIP des stades, dernier bastion des boissons alcoolisées dans les stades français. Pour autant, les clubs français ne sont pas encore inquiets.

Ce mercredi matin, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a expliqué, durant son interview face à Jean-Jacques Bourdin, qu’elle envisageait d’interdire la consommation d’alcool dans les loges VIP des différents stades de football en France. Cette phrase, lâchée à la hâte, a forcément fait réagir. Mais le discours de la ministre se voulait surtout ferme sur le fait qu’elle ne souhaitait pas assouplir la loi Evin, comme le suggère une proposition de loi déposée par 105 députés de la majorité de La République en Marche, à la fin du mois de juillet dernier.

La ministre n’entend pas autoriser la publicité pour l’alcool dans les enceintes sportives françaises et ne semble pas non plus disposée à assouplir la réglementation qui interdit la vente d’alcool dans les stades, malgré ce que certains dénoncent comme une hypocrisie.

Pour les clubs, ce n'est qu'un projet de loi

Du côté des clubs, le discours est unanime: pour eux, il ne s’agit que d’une proposition de loi, un projet qui pourrait donc voir le jour mais qui n’occupe pas actuellement le quotidien des clubs. Même son de cloche du côté des prestataires de services, qui ont à leur charge la commercialisation des espaces réceptifs de différents stades français.

"L’assouplissement de la loi Evin n’est qu’à l’état de projet de loi donc les clubs, aujourd’hui, sont encore très loin d’imaginer la commercialisation d’alcool dans leurs enceintes. La phrase lâchée ce (mercredi) matin par Agnès Buzyn semble faire état d’une idée encore plus hypothétique. Donc, aujourd’hui, cela ne change pas notre quotidien", nous a expliqué le responsable d’un prestataire de service en charge des loges de différents clubs de L1 et de L2.

Assouplir la loi Evin, une envie de longue date

On sait pourtant de longue date que les clubs aimeraient récupérer le droit de commercialiser de l'alcool, notamment de la bière. En Allemagne, ce commerce engendre 40 millions d’euros de bénéfices chaque année pour toute la Bundesliga. Un manque à gagner évident pour les clubs français.

La complexité de la question réside dans ce qu’engendrerait réellement un assouplissement de cette fameuse loi Evin: la vente d’alcool dans les stades certes, mais aussi la possibilité pour l’industrie de l’alcool de sponsoriser à nouveau les clubs et donc de faire une certaine publicité. Sur ce point, la ministre a été très claire: elle n’envisage pas une telle possibilité, estimant que les enceintes sportives devaient être "associées à la promotion d’une vie plus saine".

TM