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Ligue 1: Nicollin prédit une "fuite des joueurs" après le fiasco Mediapro

Laurent Nicollin, président de Montpellier, annonce des retombées terribles pour le football français entre la crise sanitaire et le fiasco Mediapro.

Laurent Nicollin n'est pas un homme en colère. Le président de Montpellier n'en veut pas à Mediapro et refuse de se lancer dans une "chasse aux sorcières" pour dénoncer les coupables après le refus du diffuseur de payer les droits TV. Mais le dirigeant convient que ce nouveau coup dur va mettre terriblement à mal l'économie du football français. Il attend avec fébrilité la validation par le tribunal de l'accord de rupture Mediapro-LFP, les prochains versements mais surtout que les droits TV soient rachetés par un diffuseur. 

"On comptera les morts"

"Si demain il n'y a pas de repreneur et pas d'argent qui entre, ça sera très, très lourd, prévient-il dans une interview au Parisien. Là on comptera les morts. J'ai la chance d'avoir onze ans de Ligue 1 derrière moi donc j'ai des fonds propres - je suis le troisième ou quatrième club en fonds propres -, mais malheureusement, ils vont disparaître en un claquement de doigts."

"Ça fait des années et des années de gestion sereine qui vont s'effacer d'un coup parce que du jour au lendemain on n'a plus rien, regrette-t-il. Après, je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières non plus parce qu'il y a des gens qui sont plus en difficulté et souffrent également du virus tous les jours, mais c'est une situation qui est très compliquée."

"Ça va automatiquement affaiblir notre championnat"

Il la qualifie même de "dramatique" illustre la forme qu'elle devrait prendre, selon lui. "Certains clubs peuvent faire faillite, détaille le président héraultais. Et, de toute façon, il va y avoir une fuite des joueurs. Ça va automatiquement affaiblir notre championnat qui, pour certains, n'était déjà pas un des meilleurs."

"Après, ça peut permettre aussi à certains clubs de partir sur de nouvelles bases et de baisser une masse salariale qui parfois part un peu dans tous les sens, tente-t-il de positiver. Moi également, à mon niveau peut-être même si j'ai le 12e budget de L1 et ne me sens donc pas concerné par certains dérapages de salaires. Mais il va falloir réfléchir de nouveau à un fonctionnement, à un budget et peut-être avoir une équipe moins compétitive pour avoir des salaires plus bas."

NC