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Ligue 1: Pourquoi les licenciements de footballeurs sont rares

Selon RMC Sport, le PSG sanctionnera financièrement mais ne licenciera pas Adrien Rabiot, après la réunion qui se tiendra entre les deux parties ce mercredi. La pratique est très rare dans le football pour plusieurs raisons.

Il y eut Vikash Dhorasso, licencié en 2006 par le PSG, Zinedine Machach, viré de Toulouse en 2017 après avoir frappé un entraîneur de l’équipe réserve, ou Anatole Ngamukol du Stade de Reims (octobre 2017). Et puis c’est à peu près tout. Dans l’histoire du football moderne, les licenciements de joueurs sont très rares, à l’inverse de ceux des entraîneurs.

Même Adrien Rabiot devrait échapper à ce couperet. Mis à pied il y a une dizaine de jours pour s’être rendu en boîte de nuit après l’élimination du PSG en Ligue des champions et pour avoir ‘aimé’ une publication moqueuse de Patrice Evra sur le PSG, le milieu de terrain a été convoqué ce mercredi pour un entretien avec le directeur général du PSG, Jean-Claude Blanc. 

"Prouver la faute grave d'un footballeur est très dur"

Selon nos informations, il pourrait être sanctionné financièrement, sans être viré. "Prouver la faute lourde ou grave d’un joueur de football est très dur, explique Maître Loïc Padonou, avocat spécialisé en contentieux. Le club communique sur des manquements mais en lisant ce qui est écrit dans la presse (sur les raison invoquées), il semble difficile d’établir une faute grave." "A-t-il manqué à son obligation de loyauté envers le club?, interroge également Maître Gauthier Kertudo, spécialisé en droit social, notamment dans le football. Si oui, il faut démontrer le préjudice pour le PSG."

"Les clubs veulent éviter la mauvaise publicité"

De manière plus générale, les licenciements sont rares puisque les différentes parties transigent et se mettent d'accord. "C’est la première raison, confie Me. Kertudo. Elles peuvent laisser glisser la situation jusqu’à la fin du contrat (celui de Rabiot se termine en juin). Les clubs veulent éviter la mauvaise publicité et ne pas aller au clash."

Plus difficile de licencier un salarié en CDD 

Une autre raison tient au cadre juridique plus restrictif d’un contrat à durée déterminée (CDD), attribué aux joueurs de football, par rapport au CDI (contrat à durée indéterminée). Il est plus difficile pour une entreprise de licencier un salarié en CDD où seule une faute grave (retards répétés, absences injustifiées, comportements inappropriés, agressions, violences...) peut justifier la rupture du contrat, dans le cadre disciplinaire. Une faute simple "suffit" pour un CDI. Cela renvoie donc à la difficulté de prouver la gravité de la faute pour un joueur de football. 

Derrière le cadre législatif, une affaire de gros sous

Enfin, et c’est la raison principale, l’aspect financier est pour beaucoup dans la rareté des licenciements. "Le joueur de football n’est pas un simple travailleur mais une valeur marchande", abonde Me. Kertudo. En gros, licencier un joueur revient à laisser filer une grosse somme d’argent pour les clubs. Le PSG (encore) n’avait pas viré Serge Aurier lors de la fameuse affaire "Periscope" en 2016 alors que le latéral droit avait insulté son entraîneur Laurent Blanc, et plusieurs de ses coéquipiers. A l’époque, l’Ivoirien était encore sous contrat et disposait d’une belle cote sur le marché des transferts. Il avait été sanctionné d’une courte mise à pied avant d’être transféré un an et demi plus tard à Tottenham, contre 25 millions d’euros.

Nicolas Couet