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Ligue 1: PSG, OM, OL… pourquoi les favoris sont tous au rendez-vous

Intraitable en attendant de pouvoir compter sur toutes ses stars, le Paris Saint-Germain, qui a longtemps pâti d’un cruel manque de concurrence dans un championnat de France dont on moquait la compétitivité, ne peut que se réjouir de la réémergence sportive des olympiques. Cela reste à confirmer dans le temps, mais l’OL et surtout l’OM ont trouvé leur rythme de croisière après cinq journées. Un point commun entre ces trois équipes ? Elles ont changé d’entraîneurs cette année.

PSG (1er, 15 points): horizon dégagé avant la Ligue des champions

Même privé de la plupart de ses recrues stars en ce début de saison, que ce soit en raison d’une reprise tardive ou du break international, Paris rayonne sur ce début de championnat et écrase la Ligue 1. Samedi encore, avec une équipes bis et un plan de jeu très différent de ce qu’il avait proposé jusqu’à maintenant, avec un seul véritable attaquant dans le onze de départ et cinq milieux de terrain, le club de la capitale a dévoré Clermont (4-0) en affichant de très nets progrès à bien des égards.

Belle surprise de ce début de saison, la formation de Pascal Gastien s’est déplacée avec la même fraîcheur qui escorte chacune de ses sorties, sur la pelouse du Parc des Princes, mais elle a vite été ramenée à son statut d’équipe promue inexpérimentée, incapables de mettre ses idées plutôt séduisantes à exécution. Depuis le début de la saison, qu’il a cette fois pu préparer en amont, lui qui avait récupéré à son arrivée au club un effectif essoré aussi bien physiquement que mentalement, la saison dernière, Mauricio Pochettino a utilisé près d’une trentaine de joueurs.

Le technicien argentin n’a que très rarement pu compter sur ses joueurs cadres, Neymar, Lionel Messi, Marco Verratti, et encore moins Sergio Ramos. En attendant que les étoiles entrent en piste, probablement ce mercredi en Ligue des champions, sur le terrain des Bruges, des joueurs devenus au fil du temps indésirables se sont illustrés. Ander Herrera est très à l’aise depuis le début de la saison, Idrissa Gueye a trouvé la régularité qui lui manquait, et Thilo Kehrer, qu’on pensait perdu au PSG, est redevenu un joueur de dimension internationale au poste de défenseur central.

Objet de quelques sifflets disparates dans l’enceinte du Parc des Princes depuis le début de la saison, en raison de son silence assourdissant lié à l’épisode de son vrai-faux transfert au Real Madrid, qui a braqué une partie des supporters parisiens, Kylian Mbappé s’est très bien comporté sur le terrain, affichant une énorme détermination et une attitude exemplaire sous le maillot parisien. Auteur de quatre buts et deux passes décisives depuis le début de la saison, le champion du monde a frôlé le doublé, voire le triplé, le week-end dernier, pesant constamment sur le sort de la rencontre, comme depuis le début de la saison. L’arrivée à ses côtés de Lionel Messi et Neymar devrait lui permettre de digérer une bonne fois pour toutes son transfert avorté au Real Madrid.

OM (3e, 10 points, un match en retard): un visage conquérant et séduisant

Un vent nouveau souffle sur la cité phocéenne. Et ça déménage ! Le jeu de l’OM est à l’image de son entraîneur, Jorge Sampaoli: intense et fougueux, passionné et passionnant. Jorge Sampaoli, à l’instar de Mauricio Pochettino, a profité de l’intervalle entre deux saisons pour faire passer quelques messages et bousculer un effectif qui en avait grand besoin. L’ancien sélectionneur du Chili a été aidé dans sa tâche par son président Pablo Longoria, avec lequel il a façonné, ligne par ligne, le nouvel effectif qu’il a désormais à sa disposition.

Exit Florian Thauvin, Dimitri Payet s’épanouit de nouveau au sein d’un effectif taillé à sa mesure, renforcé par un recrutement cohérent et judicieux. L’OM a considérablement amélioré tous les secteurs de jeu qui réclamaient et nécessitaient un tel apport: la défense (Saliba, Luan Pères, Balerdi, Lirola…) en premier lieu, et surtout l’entrejeu (Guendouzi, Ünder, Gerson, De la Fuente), qui manquait de cohérence. Les paris de Pablo Longoria se sont tous révélés payants jusqu’à maintenant.

L’orchestre dirigé de main de maître par Jorge Sampaoli joue juste, sans fausse note malgré un déséquilibre offensif assumé qui pourrait lui porter préjudice. Parce que les joueurs adhèrent au projet, avec un état d’esprit conquérant. Et cela se ressent dans les courses tranchantes de Matteo Guendouzi, les provocations et dribbles incessants de Cengiz Ünder, l’autorité de William Saliba. Le retour très attendu du Polonais Arkadiusz Milik devrait offrir de nouvelles perspectives à Jorge Sampaoli tant le profil du joueur colle à ses besoins dans ce système hybride.

OL (7e, 8 points): Lyon enchaîne enfin dans le sillage de ses nouvelles recrues

Tout n’est pas encore parfait à Lyon, loin de là, mais la trêve internationale n’a pas brisé l’élan des joueurs de Peter Bosz, longtemps décrié pour leur manque de personnalité, et c’est déjà une première victoire pour le technicien néerlandais, qui avait tout à craindre de ces deux dernières semaines. Comme Moussa Dembélé face au but hier soir, Peter Bosz est resté lucide après la rencontre, ne manquant pas de souligner à quel point la première période de son équipe n’était pas celle attendue.

L’entraîneur de l’OL a néanmoins pu constater la réaction de ses joueurs, la justesse et la combativité des Brésiliens Guimaraes et Paqueta, qui rentraient pourtant tout juste d’un long périple depuis leur continent d'origine. L’apport de Shaqiri sur les phases arrêtées, très intéressant pour ses débuts à Lyon en tant que titulaire. Tout comme Jérôme Boateng et Emerson, recrutés pour leur aptitude à gagner des titres, l’Helvète n’a pas tardé à justifier l’investissement consenti par les dirigeants lyonnais, dans le jeu entre les lignes et la justesse de ses passes.

Du mieux avait été constaté contre Clermont, avant le retour improbable des Auvergnats en fin de match (menés 3-1, ils étaient revenus à 3-3 dans le temps additionnel). Et la large victoire face à Strasbourg, après un premier succès (1-0) contre une faible équipe de Nantes doit certainement conforter Peter Bosz dans l’idée qu’il est sur la bonne voie, même si l’édifice collectif reste à parfair, sur le plan de la défense notamment, avec huit buts encaissés depuis le début de la saison.

Les Lyonnais ont longtemps gardé leur cage inviolée pour la deuxième fois cette saison mais un but sur penalty consécutif à une main de Malo Gusto a gâché cette perspective. Reste que Lyon a globalement dominé Strasbourg avant d’entamer une semaine test avec les débuts en Ligue Europa jeudi à Ibrox Park contre les Glasgow Rangers, puis le premier choc de la saison en Ligue 1 face au Paris Saint-Germain, dimanche prochain au Parc des Princes. Et si la dernière performance en date ne lève pas tous les doutes sur le potentiel du groupe entraîné par Peter Bosz, l’OL semble avoir lancé pour de bon sa saison.

QM