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Moins de trading, protéger la formation... les pistes de Puel pour aider le football français

Présent ce samedi en conférence de presse à la veille de la réception du FC Metz, l'entraîneur de Saint-Etienne Claude Puel a livré plusieurs pistes pour permettre au football français de se réinventer. Il estime notamment qu'il faut tout faire pour que les clubs soient en capacité de retenir leurs jeunes joueurs.

L’heure est au soulagement pour le football français. Depuis jeudi soir et la réattribution des droits TV de la fin de saison à Canal+, les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 respirent mieux. Sans pour autant sauter au plafond. Dans un contexte sanitaire et économique très compliqué, avec notamment l’impact du huis clos général imposé et l’absence des recettes de billetterie, ils savent qu’ils vont devoir continuer à se serrer la ceinture dans les prochains mois. Et sans doute apprendre à se réinventer.

Présent ce samedi en conférence de presse à la veille de la réception du FC Metz (15h), l'entraîneur de Saint-Etienne Claude Puel a livré plusieurs pistes pour permettre au foot français de relever la tête et faire face à cette crise. "Il faudra accepter d’avoir des manques, d’avoir une politique plus vertueuse avec des projets différents. Les clubs ne sont pas tirés d’affaire. Il faudra accepter qu’il y ait des déficits pour résorber sur un ou deux ans la politique menée jusque-là. Il faudra ensuite entrer dans une autre réflexion pour notre football, en s’appuyant un peu plus sur notre formation, faire moins de trading, moins compter sur les transferts, ne pas toujours vouloir développer des joueurs avec un certain profil dans le but de les vendre à l’étranger, mais développer des joueurs pour les former et les garder un peu plus", a-t-il détaillé. Pour lui, il faut donc tout faire pour que les clubs soient en capacité de retenir leurs jeunes joueurs, entre autres.

"Il faudrait moins penser au trading"

"Ça demandera des discussions avec l’UNFP. On ne peut pas garder nos jeunes joueurs. A la fin de leurs contrats aspirants, beaucoup écoutent les sirènes (de l’étranger) et veulent partir. A l’étranger, les contrats sont de quatre-cinq ans pour les jeunes, ça permet de les avoir un ou deux ans en professionnel. Il faut des discussions pour avoir des contrats plus longs. Notre formation n’est pas protégée. Il faudrait moins penser au trading, développer des actifs pour l’équipe et pas pour faire de la vente systématiquement. Il faut que tout le monde aille dans le même sens, y compris les médias", a souligné Puel.

Fort de son expérience, l’ancien coach de Monaco, Lille, Lyon, Nice ou encore Leicester ne veut pas accabler la Ligue 1. "On critique beaucoup notre football, mais par rapport aux possibilités financières que peuvent avoir d’autres pays, on développe beaucoup de jeunes joueurs. C’est un football vivant, un laboratoire. On fournit d’excellents joueurs. Mais est-ce qu’on peut jouer dans la même cour que la Premier League, la Serie A, la Bundesliga et la Liga ? Ce n’est pas le cas, à part pour deux-trois équipes comme Paris et Lyon, qui ont un effectif de Ligue des champions", a-t-il insisté. A ses yeux, une prise de conscience collective est nécessaire. Avec des efforts à faire et des méthodes à revoir pour aider le football français à s'en sortir.

RR avec EJ