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Nantes: "J’ai pris conscience de certaines choses", estime Ludovic Blas

Ludovic Blas

Ludovic Blas - AFP

Il aura fallu une prise de conscience récente à Ludovic Blas pour que le FC Nantes commence à découvrir le talentueux footballeur que les dirigeants étaient allés chercher à Guingamp en 2019. Un changement mental, et dans son entourage, qui réveillent les plus belles ambitions du milieu offensif de 23 ans, statistiquement l'un des meilleurs dribbleurs de Ligue 1. 

Ludovic, vous avez inscrit 7 buts et délivré 3 passes décisives en 30 journées de Ligue 1, est-ce un bilan qui vous satisfait ?

Je n’avais jamais fait une saison avec des statistiques comme ça, donc je vais dire que c’est un bon bilan, mais je sais que je peux faire mieux. Il y a plusieurs situations où j’aurais pu donner plus de passes décisives ou marquer. Mais nous vivons aussi une saison collective difficile, donc c’est un peu compliqué.

Y a-t-il eu un déclic chez vous ces dernières semaines ?

Oui, complètement. J’ai pris conscience de certaines choses. J’ai changé beaucoup de choses également. C’est peut-être un peu bête à dire, mais je suis devenu plus professionnel, j’ai enfin compris que c’était un métier, qu’il fallait travailler plus que les autres pour réussir. 

Concrètement, comment cela s’est-il traduit ?

J’arrive plus tôt à l’entraînement, je reste plus longtemps après. J’ai pris un préparateur physique personnel, je prends beaucoup plus soin de mon corps, de mon sommeil… Je me suis mis à travailler sur tout ça. Sur le coup, tu penses que ça ne sert à rien, mais je vois bien que sur le long terme, je me sens bien à l’entraînement et en match.

Vous vous sentez plus fort ?

C’est une prise de conscience. Je sais que j’ai des qualités, mais je ne savais pas comment les exploiter, ou en tout cas, je ne les exploitais pas. 

Que s’est-il passé pour avoir ce déclic ?

J’en ai eu marre d’entendre toujours le même discours depuis mes débuts: "Tu as beaucoup de talent, mais…", "Tu es un bon joueur, mais…". Il y avait toujours un "mais" dans les phrases. Puis je commence à voir des copains avec qui j’ai joué qui sont plus haut aussi, ça fait réfléchir. On se dit: "Qu’est-ce qui a fait qu’ils sont en haut et que pour le moment, je n’y suis pas?" En ce moment, je pense qu’on est en train de voir un Ludovic Blas qu’on n’avait encore jamais vu. Je pense que je suis dans une période où je n’ai jamais été aussi régulier. Il faut que ça continue maintenant.

Vous parlez des discours que vous entendiez, c’est-à-dire que vous étiez sensible aux critiques ?

Oui, des coéquipiers, des entraîneurs, des dirigeants… C’est tout. Je ne regarde pas ce qu’on dit sur moi sinon. J’ai appris à faire abstraction de ça. En revanche, le regard de mes coéquipiers est très important pour moi. Quand je vois que mes coéquipiers ont envie d’être dans mon équipe à l’entraînement, qu’ils ont confiance en moi, ça me donne aussi confiance. J’ai besoin de ça.

Ça vous donne aussi plus de responsabilités, non ? 

Oui, mais j’ai toujours aimé avoir des responsabilités. Les responsabilités, ça me donne de la confiance. Je n’ai jamais perdu le plaisir de jouer au football ces derniers mois, mais j’avais toujours une appréhension avant un match car je voulais absolument voir les gens satisfaits autour de moi.

Cette liberté mentale retrouvée vient-elle aussi de votre nouvel entraîneur, Antoine Kombouaré ?

Peut-être. La personne que j’ai retrouvée à Nantes n’est pas la même que celle que j’ai connue à Guingamp. Il ne veut pas pratiquer le même football non plus. J’étais jeune à Guingamp, et je n’ai pas accepté certaines choses, certaines critiques. Je ne prenais pas les conseils non plus. Désormais, je fais beaucoup plus attention à tout ça, je suis beaucoup plus attentif à ce qu’on peut me dire. C’est souvent le défaut des jeunes joueurs, dont j’ai fait partie. On veut tout, tout de suite et on n’écoute pas trop ce qu’on nous dit.

Propos recueillis par Loïc Tanzi